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Le retour des Salons parisiens : le modèle du 31 Raspail

mars 29, 2011

Catherine Soetemondt, personnalité parisienne chaleureuse, activiste culturelle pleine d’humour, a décidé que le passé avait du bon, et que l’inspiration pouvait venir des salons du 18ème pour revisiter et faire vivre la culture au quotidien, à sa manière. C’est chez elle, au 31 Raspail, qu’elle invite presque à la bonne franquette le spécialiste de l’art gastronomique ou de la gastronomie artistique, je ne sais plus, Emmanuel Giraud, ancien pensionnaire de la Villa Medicis où il a récemment recréé le banquet de Trimalcion dans les jardins de la Villa, en conversation avec des personnalités phares de la vie culturelle parisienne, d’Arlette Farge à Bruno Mantovani, et prochainement, rien moins que Ruwen Ogien, le chantre de l’éthique minimale.

L’éthique minimale ? Celle de l’évitement du mal causé à l’autre. Point final. Débarrassons nous des soi-disant valeurs morales positives et laissons à chacun le loisir de les définit pour lui-même. Et que la bien pensance cesse donc de s’encombrer des crimes sans victimes, des vices privés qui servent si bien les vertus publiques, comme nous l’enseigne …, des pratiques de vie quelles qu’elle soient, notamment sexuelles avec partenaires consentants, aussi étranges soient-elles, l’offense sans réelle blessure, toutes ces pratiques aussi inoffensives que salutaires, voire “life-saving” qu’elle dépense tant d’énergie à chasser, pourchasser et pourfendre pour sa seule satisfaction égotiste. Peut-être que ce soir-là, au 31 Raspail, le dîner sera anthropophage – le cannibalisme sans victime, quel délice ce serait. Mais il reste à inventer… Ah que je rêve que les chefs les plus étoilés se penchent sur cette question épineuse, avec Ruwen Ogien comme mirliton…

Parler et manger, manger et parler – et boire bien sûr -, voilà l’essence même du Salon. Se pénétrer du raffinement de la pensée d’aucuns, se délecter d’inventions artistico-culinaires, offenser la morale sous la protection bienveillante d’un philosophe qui vit la liberté comme il la promeut, avec légèreté, se pourlécher les babines de tous les possibles fantasmés… 31 Raspail. 55 euros le dîner, un cadeau !

Ruwen Ogien, le philosophe de l’éthique minimale © Kristiina Hauhtonen

Publié dans Les Quotidiennes le 28 Mars 2011

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