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Istanbul, le paradis perdu de Paolo Colombo ?

avril 4, 2011

Celui qui fut si longtemps Directeur du centre d’Art contemporain à Genève présente en ce moment, à Istanbul Modern, en collaboration avec le commissaire turc Levent Çalıkoğlu, une très belle exposition de vidéos sous le titre de Paradise Lost. Pas de catastrophisme mais une grande nostalgie dans cette exposition où l’on retrouve entre autres notre Pipilotti Rist et d’autres grands de la vidéo comme Bill Viola, Doug Aitken, ou encore le turc Ali Kazma.

Il est vrai que Istanbul est aux antipodes de la catastrophe, en plein développement démographique et économique, alors que plus personne ne sait vraiment compter combien vivent d’âmes ici : quinze millions ? Dix-huit ? A perte de vue sous le soleil printanier, les immeubles se construisent, haut, très haut, et si la Turquie entrait dans l’Europe aujourd’hui, Istanbul ne serait pas seulement la plus grande ville d’Europe mais elle apporterait aussi la plus haute tour du continent, en attendant celle qui va bientôt se construire à Londres…

Mais revenons au images qui bougent devant nous – la vidéo est aujourd’hui probablement la forme d’art la plus en écho avec le temps – un temps qu’elle requiert de nous aussi, un temps d’attention long – elle qui parle toujours, d’une manière ou d’une autre, de nos fantômes, d’images qui existent déjà, de nos angoisses, de nos rêves et du monde.

Arrêtez-vous longuement devant DesertMed, projet collaboratif de six artistes parmi lesquels Armin Linke et Amedeo Martegani, un passionné du livre d’art, qui auront exploré et documenté pas moins de deux cents îles méditerranéennes, labellisées désormais comme «agricultural island», «prison island», «private island», «religious island», sans oublier bien sûr «ecological island» car si le catastrophisme n’est pas de mise, le paradis perdu de Paolo Colombo est aussi celui-là – sans oublier que la pire des menaces écologiques, celle dont personne ne semble vouloir parler même pas les écologistes, est militaire.

A cet égard, une autre vidéo à voir et à revoir dans Paradise Lost est Juggernaut de Emre Hüner. Une poignée d’hommes portant tous les signes extérieurs du pouvoir jouent avec des armes dans une sorte de huis clos qui nous amène à confronter le futur que nous nous sommes rêvés à celui que nous nous construisons.

Le paradis semble loin encore… mais peut-être à portée de main, ou en tous cas de rêve, sur la Corne d’Or.

Publié dans Les Quotidiennes le 31 Mars 2011

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