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Barbara Polla: des Bains à Paris

avril 14, 2011

Par Nicolas Poinsot,

« Figure respectée de l’art contemporain à Genève, Barbara Polla veut voir ailleurs. Depuis Analix, dans le quartier des Bains, son regard se porte maintenant sur Paris et ses innombrables lieux d’exposition. D’ailleurs sa galerie, son temple, son lieu de vie, est en ce moment même confié aux travaux pour résurrection. Une transition qui va permettre à la galeriste d’assouvir son désir de renouveau. Entretien. Votre galerie est actuellement en travaux et vous annoncez une transition importante dans votre parcours de dénicheuse d’artistes. L’aventure commencée avec Analix en est donc à un nouveau tournant ? Oui, mais rien de vraiment étonnant, mon curriculum montre que j’aime changer ! L’art contemporain est devenu mon implication majeure aux côtés de l’écriture, et j’avais un désir très fort de travailler de manière différente, de réinventer mon activité de galeriste. Nous avons Analix dans son format actuel depuis 2004. Cette très belle «boîte» nous a permis de monter nombre de projets passionnants à un rythme soutenu. Mais avec le temps je me suis rendue compte que je souhaitais désormais procéder autrement. Qu’avez-vous désiré changer ? Auparavant nous étions obligés de générer les projets en fonction de l’espace d’Analix. Le lieu imposait ses contraintes, un challenge intéressant, mais qui à long terme finissait par brider certaines initiatives. C’est cela que j’ai voulu changer. Désormais nous définirons d’abord le projet, puis celui-ci indiquera naturellement quel lieu pourra au mieux le mettre en valeur. Parallèlement, Analix demeurera le QG, le siège de l’administration. Ce nouveau fonctionnement n’est pas entièrement dénué de contraintes, puisqu’il nous faudra trouver l’endroit le plus adéquat, mais il offre malgré tout beaucoup de liberté en matière de géographie et de timing. Nous serons en quelque sorte une galerie nomade ! Quels lieux envisagez-vous pour accueillir vos futures expositions ? En principe ce pourrait être n’importe où, Genève, Milan ou Helsinki, pourquoi pas ? Mais pour l’instant je vais me concentrer sur Paris. J’aime cette ville, j’y ai un certain nombre de contacts. Paris c’est le rapport entre les mots et les images. Aussi, bien sûr, parce que le paysage de l’art contemporain y est devenu passionnant. Sans oublier le fait, non négligeable, qu’aujourd’hui Paris-Genève c’est presque comme prendre le bus. Mon deuxième projet dans la capitale sera une grande exposition consacrée aux vidéos d’Ali Kazma. Cela se déroulera en juillet prochain dans l’Espace topographique de l’Art, un espace industriel du Marais, un espace très grand, très confidentiel, parfaitement adapté à l’univers de cet artiste. Le premier projet quant à lui est en cours, une exposition d’architecture, dans la foulée du succès du Premier Colloque international d’Architecture émotionnelle que nous avions organisé en janvier à Genève. La galerie Analix va-t-elle continuer à présenter des œuvres ? Non seulement elle continuera à le faire, mais elle le fera doublement. Car elle sera bientôt scindée en deux volumes indépendants. Le premier consistera en une seule et unique pièce donnant sur la rue de Hesse, toujours appelé Analix. Nous y appliquerons le concept une expo/un artiste/une pièce, un véritable défi pour certains artistes habitués à être prolifiques. Ce qui reste de l’ancienne galerie aura par contre un nouveau locataire en la personne de Christophe Durand, notamment connu des Genevois pour ses incroyables soirées caritatives organisées au profit des enfants de Calcutta. C’est également lui le créateur du magazine ICON, une référence de qualité dans la presse suisse, aujourd’hui en veille. Christophe Durand s’installe donc aux commandes de ce grand espace intitulé «Le bal des créateurs», un espace dans lequel Analix continuera aussi de proposer certaines expositions, notamment pour les Nuits des Bains. Une question me brûle les lèvres. À un âge (que je garde secret…) où beaucoup songent logiquement à la retraite, vous décidez de vous impliquer dans un aussi vaste projet. Où trouvez-vous toute cette énergie ? Dans le désir et la joie de vivre ! D’ailleurs je vous avoue que la notion de retraite n’a pas de sens pour moi. Je veux poursuivre mon engagement pour l’art, toujours tenter de mieux comprendre la création humaine et son rôle. En dépit des années mon envie d’entreprendre est même plus intense que jamais, en particulier depuis l’accident dont j’ai été victime en 2009 place de la Concorde. En me faisant renverser par cette voiture, pendant un instant, j’ai réellement cru que tout était terminé. Mais j’ai eu beaucoup de chance. Comme je le dis en introduction de mon blog, «je voudrais pas crever avant d’avoir écrit»…

Dans le cadre du séminaire de Patrizia Lombardo Rythmes et émotion au cinéma », organisé par le Département de langue et de littérature françaises modernes de l’Université de Genève, Barbara Polla donnera une conférence intitulée A propos de Jacques Coulais: «Les artistes sont meurtriers de la mort» (Pascal Quignard). Mercredi 13 avril 2011 à 12h15, Salle B105, Uni-Bastions, Genève. »

Publié dans Les Quotidiennes le 13 Avril 2011

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