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Save the date, Une terrible beauté est née !

septembre 5, 2011

La 11ème Biennale de Lyon ouvre bientôt ses portes, sur quatre lieux dans notre belle voisine : La Sucrière, la Fondation Bullukian, le Musée d’art contemporain de Lyon et l’Usine T.A.S.E. Réservez d’ores et déjà vos week-ends – ou mieux encore, venez pour l’ouverture, entre le 14 et le 18 septembre !

Classiquement une “biennale d’auteur”, cette 11ème version est conçue par la commissaire argentine indépendante Victoria Noorthoorn, et se caractérise par la présence de nombreux artistes d’Amérique latine ainsi que d’Afrique.

Victoria Noorthoorn parle de son projet d’une manière très amoureuse : «j’ai choisi de faire ce que font les artistes – d’avancer à l’aveugle, dans le noir, sans savoir si celui-ci s’éclaircira ou non au cours de ma progression, pas à pas et d’œuvre en œuvre, de me laisser influencer par mes obsessions, mes intuitions et mes frayeurs, et d’être guidée par les indices et les provocations que les artistes conviés ont semé sur ma route – sur notre route. J’ai voyagé et fait en sorte que cette exposition parle tout à la fois de l’incertitude du présent et de son proche avenir, de la condition de l’artiste et de l’absolue nécessité de l’art, tout en restant ouverte au doute, à la contradiction et à la perplexité, au changement et au mouvement.»

Tout autant que Noorthoorn a suivi les artistes, nous suivrons dès lors la commissaire dans son éloge de l’imagination. «L’imagination est le support de la connaissance. L’imagination permet au rationnel et à l’irrationnel de cohabiter. L’imagination permet à l’individu de prendre des risques et de construire des utopies alternatives. L’imagination est la première des émancipations».

Une terrible beauté est née, titre Victoria Noorthoorn. Bien sûr, la beauté n’est pas née d’hier, ni d’aujourd’hui, ni à la Biennale de Lyon, mais la volonté de reparler ce sujet intemporel nous en dit long sur sa magie toujours renouvelée et les questions qu’elle ne cesse de nous poser. Le beau est le commencement du terrible. La vraie beauté n’adoucit pas le réel, elle en souligne au contraire la brutalité par sa seule existence. Mais la fonction de l’art, si tant est que fonction il a, n’est pas d’adoucir le monde. Le contraire de la violence n’est pas la douceur, comme le disait si bien Hannah Arendt, mais la pensée. Et si l’art a une fonction pour nous qui le regardons, c’est bien de nous faire penser. Penser les yeux ouverts dans le noir…

En parallèle à la Biennale, une excellente initiative de la famille Houg, dont la galerie est située juste à côté de la Sucrière : Docks Art Fair. Créer une foire en parallèle à l’ouverture d’une Biennale garantit, l’espace de quelques jour, l’abolition, ou tout au moins l’atténuation, des barrières entre art “institutionnel” et art “commercial”, entre publics avertis et publics amateurs. Et que vive le mélange des genres ! C’est ainsi d’ailleurs que dès l’automne, Patricia Houg reprend la direction de la Sucrière. Mais en attendant, elle gère Docks Art Fair, une petite merveille sous tente au bord de l’eau, une raison de plus de venir à Lyon en septembre.

Une terrible beauté est née !

Publié dans Les Quotidiennes le 22 Août 2011

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