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Votre Chroniqueuse vous écrit du Paraguay !

octobre 21, 2011

A Asuncion, le soleil brille et on entend les oiseaux chanter, c’est devenu rarissime dans les capitales du monde. Une ville étonnante, qui semble avoir été désertée il y a quelques décennies, un pays d’Amérique du Sud que personne ne semble visiter, un espace immense – une superficie presque aussi grande que celle de la France, pour moins d’habitants qu’il n’y en a en Suisse –, une économie essentiellement agricole, un endroit oublié du monde.

A quelques pas de ce qui semble être le seul hôtel international, le fleuve – le Rio Paraguay – et les favelas, juste en contrebas d’une artère principale déserte. Depuis les fenêtres de l’hôtel, on voit quelques immeubles abandonnés, brûlés, témoins d’un autre temps, mais restés debout comme des vieillards en déréliction, solides encore, pour nous dire, semble-t-il, que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Mais c’est bien ici que se tient en ce moment même le Congrès de l’Association internationale des critiques d’art, l’AICA, une ONG fondée à l’Unesco lors de deux congrès internationaux de critiques d’art en 1948 et 1949 et réunissant plus de 4200 membres de par le monde, «des critiques d’art ayant pour activité professionnelle la critique sous tous ses aspects, nécessairement, mais non exclusivement, par l’écriture.» La fonction de l’AICA est de promouvoir la compréhension et l’appréciation critique des arts visuels, dans la diversité de leurs histoires et de leurs manifestations. Ses membres s’intéressent en priorité aux arts modernes et contemporains de toutes les cultures. Avec pour thème, pour ce congrès: «L’art et de la critique en temps de crise».

Le Congrès se concentrera sur l’état actuel de l’art au niveau local (pas seulement local du Paraguay… existe-t-il seulement?) et international, et posera, entre autres, la question suivante: « Quels sont le rôle et la responsabilité du critique face à la société dans laquelle il vit et travaille? » Ces questions, concernant la crise de l’art (qui elle n’existe pas en fait, bien au contraire, l’art contemporain n’a jamais été aussi productif), renvoient de manière évidente, surtout dans cet environnement, à la question de la crise financière mondiale. Qui finance l’art contemporain? Pourquoi, comment, avec quels effets collatéraux?

Car le problème essentiel semble bien être finalement cette tension entre la création et son financement – plus que la question même de l’existence, ou non, de financement. Car quoiqu’il arrive, les artistes créent. Mais comment leurs créations s’intègrent-elles dans la société, dans des mondes aussi différents que Genève, Paris avec ses foires – et un pays comme le Paraguay ? Réponses – partielles évidemment – dans quelques jours.

Publié dans Les Quotidiennes le 18 Octobre 2011

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