Skip to content

Last Last Meal on Death Row

octobre 25, 2011

Une coutume de longue date veut que le condamné à mort américain, le jour ou la veille de son exécution, puisse commander et recevoir un repas particulier.

Lawrence Russell Brewer – pas un enfant de chœur – aura été le dernier condamné à mort texan à bénéficier de cette «grâce». Il aura commandé, à déguster avant sa mise à mort, deux steaks de poulet frit, un triple cheeseburger au bacon, une livre de porc au barbecue, trois fajitas, un bol de gombos frits, une pizza à la viande, une livre de glace et une plaque de chocolat au beurre de cacahuète avec des éclats de cacahuètes. Une fois le repas servi, Lawrence Russell Brewer a préféré ne pas se mettre à table. Il n’avait pas faim, en réalité. On le comprend. La crainte ultime: indigestion dans l’au-delà.

Mais le sénateur John Whitmire, lui, ne fut pas du même avis. Indécent – «extrêmement inconvenant» – de bénéficier d’un tel privilège: commander, puis refuser de manger à l’aube de la nuit. Mettre à mort, non, bien sûr, cela n’est pas indécent. C’est parfaitement «convenant». Et John Whitmire de réclamer qu’il soit «mis fin immédiatement à cette pratique». Pas à la mise à mort malheureusement, non, seulement au «dernier repas».

Brad Livingston, directeur du département de la Justice pénale du Texas, a jugé «fondés» les arguments du sénateur. Désormais, les condamnés à mort, donc, «recevront le même repas que les autres détenus». Justice faite ?

Mais à quand des dizaines et des dizaines de Badinter américains (il en faudra sans aucun doute plus qu’un) qui enfin réclameront enfin à travers les USA, à corps et à cris, qu’il soit «mis fin immédiatement à cette pratique» – la peine de mort, pour les enfants de chœur comme pour les autres ?

En Oregon, les très actifs défenseurs de la réhabilitation – car il en est aussi – quant à eux, se réfèrent à Klonoski and Mendelsohn. «An orientation to punishment is tied to a relatively dim view of man. Men are visualized as possessing a corruptible nature that threatens the stability of society. Rehabilitation is based on the assumption that all men are susceptible to change for the better – that regardless of what has gone before, all persons can eventually be made useful members of society.»

Oui, il est des Badinter aux Etats-Unis aussi.

Publié dans Les Quotidiennes le 24 Octobre 2011

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s