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Le ravissement des loups

décembre 2, 2011


 Victoria Klotz, Le ravissement des loups, 2011 © l’artiste et CAC des Adhémar

Décembre, le mois de l’Avent? Décembre, le mois des loups!

Ils sont descendus au Château des Adhémar, ce château historique qui domine Montélimar, enfouie sous les couleurs d’une fin d’automne qui semblent vouloir défier décembre. Un château d’autrefois, et d’aujourd’hui aussi: sa nouvelle «châtelaine», Hélène Lallier, responsable du Centre d’art contemporain, inaugurait le samedi 5 novembre à la fois son concept, l’Hybridation, et l’exposition de l’artiste qui s’est naturellement imposée à elle pour cette première exposition: Victoria Klotz.

L’hybridation? Hybridation entre l’historique – le château – et le contemporain – l’art qui y est montré. Hybridation entre art et science, arts plastiques et arts de la scène ; hybridation entre l’aspect statique, permanent du château et le mouvement des œuvres éphémères toujours qui s’y lovent plutôt que de se confronter à lui ; hybridation enfin entre les régions, les publics, les contenus.

Hybridation aussi, dans le cas du travail de Victoria Klotz, entre l’environnement naturel et celui des contes. Le ravissement des loups, titre de son exposition, est d’abord une révolte contre les contes dits de fées. Victoria Klotz refuse d’écouter les mères qui vous incitent à rester dans le droit chemin. Le monde est bien plus beau dans la forêt ! Essentiel, selon Victoria Klotz, de «se laisser séduire par la beauté du monde». Et les loups font partie du monde, et de sa beauté. La dangerosité n’est pas toujours là où l’on croit: il peut être très dangereux d’avoir peur…

Le Ravissement des Loups de Victoria Klotz se veut aller à l’encontre de l’histoire du Petit Chaperon rouge et les contes dits de fées. Finissons-en avec la peur, dit Klotz, prenons la place du loup et vengeons-le du tort que le Petit Chaperon rouge a voulu lui faire, refusons de construire les sociétés humaines sur la peur. Le ravissement, mieux que la peur. Le caramel coloré rouge vermillon, qui sert à faire les pommes d’amour, versé sur le sol entoure les arbres qui semblent y pousser comme le sang du Chaperon rouge et un cerf taxidermisé pleure au fond de la salle…

Le plaisir de la forme, la beauté du lieu désormais «habité» par Victoria Klotz: les meilleures stratégies pour échapper à la peur. Cette peur qui trop souvent restreint notre liberté. Et pendant que l‘artiste présente ses thèses et ses travaux, dans l’immense salle du château, à un public attentif, son énorme chien l’écoute, lui aussi, religieusement, «ravi», à ses pieds. Chien-loup?

Publié dans Les Quotidiennes le 2 décembre 2011

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