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Le Musée de la Chasse et de la Nature, destination festive

décembre 28, 2011


Si vous allez à Paris pendant les vacances de fin d’année, ne manquez pas de visiter ce bijou intrigant qu’est le Musée de la Chasse et de la Nature. Fondé par François et Jacqueline Sommer, qui furent à la fois d’actifs mécènes, d’intrépides chasseurs et d’ardents défenseurs de la faune sauvage, le musée a trouvé sa place dans L’Hôtel de Guénégaud, rue des Archives, au cœur du Marais.
Un musée qui nous parle de chasse bien sûr, mais aussi de la présence mystérieuse de l’animal sauvage, des traces qu’il laisse sur ses territoires et dans nos vies – je pense aux traces de sangliers photographiées en pleine ville de Genève par Jean Revillard, du parc Bertrand jusqu’aux bords de l’Arve -; il nous parle d’Eros et Thanatos, de religion, de sacré: Saint-Eustache ne vit-il pas apparaître la tête nimbée du Christ entre les bois d’un cerf qu’il poursuivait à la chasse? Le loup ne dévore-t-il pas les agneaux (le Christ)? Le cerf n’est-il pas devenu le plus noble des animaux et le loup, le plus ignoble?
Un musée qui nous parle d’art aussi, d’art de la chasse certes, de taxidermie, d’histoire, mais aussi d’art contemporain, car son directeur, Claude d’Anthenaise, mélange ces deux formes avec malice parfois, avec euphorie souvent, avec le plus grand raffinement toujours. Deux exemples ? La Voiture aux Oiseaux de Vincent Dubourg – dans le Salon des Oiseaux – ou encore les Blackpatterns de Fabrice Langlade, insectes de résine de synthèse qui semblent générés par le velours des tentures du Salon de Compagnie. Et jusqu’au 22 janvier 2012, Françoise Petrovitch investit l’ensemble de ce musée singulier et tient nos sens en alerte: qu’est-ce qui est « d’époque » (d’une autre époque donc) et qu’est-ce qui est de la nôtre (de la main de Françoise Petrovitch)?
Destination festive donc, que ce musée, ludique, sensuelle, troublante. Un musée qui nous parle de la vie, de la mort, comme tous les musées en fait… et qui m’évoque la chanson de Francesco De Gregori, Buffalo Bill: Ora ti voglio dire: cè chi uccide per rubare, e cè chi uccide per amore, il cacciatore uccide sempre per giocare. «Il y a ceux qui tuent pour voler, ceux qui tuent par amour, le chasseur, lui, tue toujours pour jouer.»
Vincent Dubourg, La Voiture aux oiseaux, 2007. © DR

 

Publié dans Les Quotidiennes le 27 Décembre 2011

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