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Les Conquérants du Quotidien De Tassos Sofroniou

février 18, 2012

Le scoop mode du jour: CONQUISTADOR est nominé pour THE BEST MENSWEAR LINE 2011.

J’ai rencontré Tassos Sofroniou un dimanche matin glacial de février, à l’aube, dans une Genève déserte, le lendemain de la création de Glory, le spectacle de danse pour lequel il a réalisé les costumes, qui fit salle comble.

Tassos Sofroniou vient d’Izmir et de Chios. Il est né en Allemagne, a grandi au son du rembétiko, dans une famille de musiciens, de jazzmen à la grecque, de chanteurs ; il a été champion de natation ; à douze ans on lui a offert un premier job ; il en a quarante aujourd’hui, vit à Athènes et dans le monde, parle l’anglais à la perfection, a créé sa propre marque de vêtements, Conquistador – plus que des vêtements, un style de vie, que vous trouverez désormais au Bal des Créateurs – et vient donc de signer les costumes du ballet Glory dansé au BFM à Genève sur une musique de Haendel. Cette musique de Haendel qui aura accompagné Sofroniou pendant toute sa création. Les costumes de Tassos Sofroniou et la musique de Haendel? Baroques et glorieux. Comme faisaient les hommes en ce temps-là, s’est demandé Tassos, qui s’en rêve héritier, pour penser qu’ils pouvaient être divins?

Chaque jour est une conquête, chaque instant de chaque jour. Les hommes aujourd’hui doivent être non seulement des hommes, des amants, des pères, des business-men, avoir du succès, ils doivent vivre aussi, explorer, inventer le monde… Chaque jour est un voyage, une nouvelle expérience. En Grèce en ce moment plus qu’ailleurs encore. «Nous sommes les “Conquistador’s“ du quotidien, nous nous levons chaque matin pour conquérir une journée de plus. Nous soulevons le rideau de velours rouge qui nous dissimule la scène du monde pour entrer de plain pied dans notre monde, la rue, la ville, notre scène. Mais pour cela, tout comme les danseurs de Glory, nous avons besoin d’un costume, d’une armure. Mais pas n’importe laquelle… Mon armure est ma veste, mon casque ma capuche. Les vêtements que je crée sont des symboles qui me permettent de reconnaître les autres conquérants, dans la rue, à leur allure, à leur style.»

Tassos Sofroniou s’intéresse à la masculinité – une masculinité qui pour lui, ne va pas sans cet esprit conquérant et rebelle dans lequel il a grandi. Pour lui, le seul fait d’être un homme, d’être celui qu’il veut être – et non pas celui que voulait sa famille ou la société tout entière – est un acte de rébellion. Ses références sont multiples, et viennent aussi bien du design qu’il a étudié à l’université que des costumes traditionnels des moines du 16ème siècle, des cultures tribales et des guerriers grecs éternels. Le coton et le cuir, minimaliste et baroque. Mes habits sont pour tous, sans distinction, ni de race ni d’âge, d’ailleurs il n’y a plus d’âge. Nous allons vers une réalité sans âge. La capuche de protection, pour chacun d’entre nous!»

Publié dans Les Quotidiennes le 17 février 2012

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