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Nos drôles de petites culottes, élevées au rang d’icônes

août 13, 2012

Et des grandes. En 2011, notre célèbre Pipilotti Rist nationale avait suspendu par centaines des petites culottes à la Hayward Gallery. Les grandes culottes helvétiques réunies par Pipilotti, suspendues par centaines dans l’espace d’art contemporain de la Southbank à Londres et même en extérieur, l’une des pièces principale de la grande rétrospective consacrée par Ralph Rugoff à l’artiste suisse, flottaient comme un drapeau, comme des étendards, comme une identité nationale intime et dérisoire.

Les petites culottes multiculores

Les petites culottes étaient de retour cet été à la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois. Des culottes espagnoles cette fois-ci, moins ludiques que celles de Pipilotti, plus politiques, ne serait-ce que par le titre de l’exposition, “L’origine du Nouveau Monde”, faisant immédiatement référence à l’Origine du monde de Gustave Courbet, une origine sans culotte, justement. Ici, les culottes ne flottent pas, accumulées dans l’espace comme le linge suisse toujours soigneusement lavé, non, elles ornent des tableaux qui ressemblent à des broderies, des compositions, de couleurs différentes : il y a les culottes couleur chair bien sûr, les noires aussi, les multicolores sont au plafond. Pilar Alabrracin, non moins célèbre que Pipilotti Rist et non moins nationale, mais en Espagne, en a sollicité le don pour cette exposition : “ Je voulais la plus grande diversité possible dans mon choix de matériaux. Il n’y a pas une femme, mais plusieurs femmes. Je voulais des culottes appartenant à des femmes très différentes, d’âges différents, d’origine sociale différente… Au début, ça n’a pas été facile d’en obtenir ; les femmes ne voulaient pas me les remettre. Ce ne sont pas de simples objets mais presque des reliques, personnelles, intimes. Chacune d’entre elle représente une histoire pour sa propriétaire. J’ai demandé à mes amies, mes voisines… Mais au bout d’un moment, je me suis retrouvée avec des sacs de culottes accrochés, chaque jour, à ma porte d’entrée. J’ai dû dire – ‘stop, s’il-vous-plaît, j’en ai assez, j’en ai trop !’. C’était drôle de voir les employées des musées et des galeries avec lesquels j’ai collaboré se réunir, faire le tri parmi leurs sous-vêtements avant de me les donner.” raconte-t-elle à Ariane Kupferman Sutthavong dans une interview récente.

 

Symbole de féminité

La petite culotte, tout un symbole donc, d’intimité, de féminité, de drôlerie aussi, dans notre rapport à l’intimité, une drôlerie que nous n’oublions pas, même si dans le cas de Albarracin elles se veulent aussi une très sérieuse étude de genre. Cachez ce sexe que je ne saurais voir par ce petit triangle de tissu et voilà une nouvelle origine du monde ? Courbet s’en retourne dans sa tombe, les féministes se délectent, et moi j’aimerais bien, déjeuner avec Pipilotti et Pilar, parler culottes et pourquoi pas en recevoir une en cadeau, relique artistique, historique, drôlatique…

Publié dans Les Quotidiennes le 10 août 2012

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