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Catherine Ternynck, auteure de L’Homme de sable recommande la lecture de Tout à fait femme à ses filles

août 23, 2012

Catherine Ternynck, auteure de L’Homme de sable recommande la lecture de Tout à fait femme à ses filles.

2 commentaires leave one →
  1. Lanceleau permalink
    août 25, 2012 02:39

    Ne devons-nous pas écrire !
    « Je NE voudrais pas crever avant d’avoir écrit… »

    • webmaster permalink
      août 26, 2012 11:27

      En réponse à Lanceleau – ce poème de Boris Vian qui m’a inspirée – puisque l’adresse mail lacet@orange.fr ne semble pas exister…
      Peut-être me lirez vous encore – aimez-vous Boris Vian ?

      Je voudrais pas crever
      Avant d’avoir connu
      Les chiens noirs du Mexique
      Qui dorment sans rêver
      Les singes à cul nu
      Dévoreurs de tropiques
      Les araignées d’argent
      Au nid truffé de bulles

      Je voudrais pas crever
      Sans savoir si la lune
      Sous son faux air de thune
      A un coté pointu
      Si le soleil est froid
      Si les quatre saisons
      Ne sont vraiment que quatre
      Sans avoir essayé
      De porter une robe
      Sur les grands boulevards
      Sans avoir regardé
      Dans un regard d’égout
      Sans avoir mis mon zobe
      Dans des coinstots bizarres

      Je voudrais pas finir
      Sans connaître la lèpre
      Ou les sept maladies
      Qu’on attrape là-bas
      Le bon ni le mauvais
      Ne me feraient de peine
      Si si si je savais
      Que j’en aurai l’étrenne
      Et il y a z aussi
      Tout ce que je connais
      Tout ce que j’apprécie
      Que je sais qui me plaît
      Le fond vert de la mer
      Où valsent les brins d’algues
      Sur le sable ondulé
      L’herbe grillée de juin
      La terre qui craquelle
      L’odeur des conifères
      Et les baisers de celle
      Que ceci que cela
      La belle que voilà
      Mon Ourson, l’Ursula

      Je voudrais pas crever
      Avant d’avoir usé
      Sa bouche avec ma bouche
      Son corps avec mes mains
      Le reste avec mes yeux
      J’en dis pas plus faut bien
      Rester révérencieux

      Je voudrais pas mourir
      Sans qu’on ait inventé
      Les roses éternelles
      La journée de deux heures
      La mer à la montagne
      La montagne à la mer
      La fin de la douleur
      Les journaux en couleur
      Tous les enfants contents
      Et tant de trucs encore
      Qui dorment dans les crânes
      Des géniaux ingénieurs
      Des jardiniers joviaux
      Des soucieux socialistes
      Des urbains urbanistes
      Et des pensifs penseurs
      Tant de choses à voir
      A voir et à z-entendre
      Tant de temps à attendre
      A chercher dans le noir

      Et moi je vois la fin
      Qui grouille et qui s’amène
      Avec sa gueule moche
      Et qui m’ouvre ses bras
      De grenouille bancroche

      Je voudrais pas crever
      Non monsieur non madame
      Avant d’avoir tâté
      Le goût qui me tourmente
      Le goût qu’est le plus fort
      Je voudrais pas crever
      Avant d’avoir goûté
      La saveur de la mort…

      Boris Vian

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