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Racisme: aussi longtemps que quelqu’un dira «Tu n’es pas d’ici»

septembre 28, 2012

Aussi longtemps que quelqu’un dira « Tu n’es pas d’ici », il semblera pertinent de continuer à explorer le terrain du racisme. C’est ce que dit et fait Kara Walker, artiste afroaméricaine de 43 ans, qui expose en ce moment au Printemps de Septembre à Toulouse.

Selon Philippe Coubetergues, qui commentait en 2007 la première exposition monographique de Kara Walker en Europe, c’est à travers l’exploration de la relation ambiguë, cruelle et souvent érotique « entre le maître et l’esclave et grâce aux mille rebondissements des aventures de la «négresse émancipée» (une âme libre dans un corps d’esclave, son alter ego en quelque sorte), que l’artiste dénonce toutes les discriminations raciales et autres ségrégations qui prévalent encore de nos jours.»

Passé esclavagiste

Le travail de Kara Walker nous interroge sur l’héritage encombrant de notre passé esclavagiste, qui n’est peut-être pas si passé qu’il en a l’air. «Dès qu’on commence à raconter l’histoire du racisme, on revit l’histoire, on crée un monstre qui nous dévore. … Il y a dans ce que je fais une absurdité, un excès, un hiatus énorme entre les sources et mes reconstructions fantaisistes.» Kara Walker interroge, elle ne milite pas. Elle montre. Certes, son art est éminemment politique, éminemment historique, mais il l’est probablement d’autant plus qu’il n’est pas militant. Kara Walker, sans nous dire ce qu’il faut penser, nous donne à penser. A voir aussi : à Toulouse, une installation-vidéo projetée en transparence sur un écran entouré de hautes silhouettes d’arbres en bois peint noir qui semblent pleurer comme d’immenses corbeaux éplorés. L’animation vidéo, entre ombres chinoises et marionnettes, décrit l’enterrement d’une femme noire, qui ensuite ressort de son cercueil pour s’accoupler avec un maître esclavagiste blanc. Un moment d’amour forcé bientôt interrompu par un jeune esclave unijambiste …

Absurdité ? Si seulement… L’artiste fait son travail. A nous de faire le nôtre, et de faire en sorte que personne ne dise plus, jamais : « Tu n’es pas d’ici ». Nous sommes tous d’ici.

Publié dans Les Quotidiennes le 28 septembre 2012

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