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Ne faites pas pleurer les artistes…

mai 13, 2013

Sarah Roshem ( http://www.sarahroshem.net ) sculpte la cire. On dit d’elle qu’elle est une céroplasticienne. Elle présentait à l’Espace des Blancs Manteaux à Paris, ce vendredi 3 mai, dans l’exposition intitulée Fire Wire, une grande sculpture en cire, intitulée “Légère tension” : deux pièces autonomes, l’une mâle, l’autre femelle, qui s’entretiennent silencieusement. “Leur pesanteur flottante et leur nature maritime commune laissent penser qu’elles sont connectées, sur la même longueur d’onde dans cet équilibre stabilisé et pourtant si fragile” dit Sarah. Cette fragilité se retrouve en l’artiste même, les yeux pleins de larmes au vernissage… Quatre femmes de passage viennent de lui casser sa pièce. Elle les voit faire de l’autre côté de la salle, mais le temps qu’elle la traverse, le mal est fait. L’une d’elle a saisi le Harpon en cire et lui faire subir un va et vient avec un tel élan qu’elle en a cassé la pointe.

Une autre tire le câble de l’autre pièce en cire, la “femelle”, la faisant passer de la position horizontale à la position verticale. Les quatre femmes revenaient de l’exposition Dynamo au Grand Palais dont elles avaient probablement retenu que l’art est désormais un phénomène participatif, une foire d’attraction. Mais comme l’exprime Sara Roshem avec émotion, “Non, l’art n’est pas que cela, il peut être immersif certes, mais il peut aussi inviter par le regard à une réflexion, par le contact délicat, au ressenti. Il ne s’agit pas d’assouvir ses désirs mais de percevoir que la machine désirante peut fonctionner sans tirer les fils ; on peut par le simple pouvoir de la penser, imaginer et simuler dans notre esprit ce scénario que l’on fantasme…”.

Frédéric-Charles Baitinger écrit avec justesse que “peut-être, Sarah Roshem n’a pas seulement voulu nous parler des structures de la subjectivité, mais des rapports qui existent entre le narcissisme et les pulsions agressives que chacun être humain à le devoir de sublimer : d’où la fragilité de la cire. Mais cette opération de « sublimation », cette conversation de l’âme à la tendresse, est le produit d’un équilibre plus global – d’une mise en suspens du corps au profit de l’âme qui l’anime.” 

Alors, oui, de la tendresse bordel !

La Mairie du troisième, quant à elle, suggère que “le public pourra se laisser envahir par la sensation, l’ambiance, le parfum des œuvres.”
(http://www.mairie4.paris.fr/mairie04/jsp/site/Portal.jsp?document_id=2587&portlet_id=119)

Publié dans Les Quotidiennes le 10 mai 2013

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