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Power to the Puppen! Sara la féministe et ses drôles de Matriochkas

mai 21, 2013

Sara Conti, née en Belgique en 1971, se consacre depuis les années 1990 au dessin sur papier destiné à l’affichage en espace public. Street artiste, donc. Son thème ? La femme, encore la femme, toujours la femme et, plus précisément, la Matriochka russe. « La matriochka, je l’utilise comme un instrument pour m’exprimer. Je trouve que c’est un puissant symbole de féminité. Mes matriochka sont sexuées. Je dis toujours que ce sont les Vénus de Willendorf du XXIe siècle. Je suis une femme, j’utilise donc un personnage féminin pour m’exprimer. C’est comme un personnage de comics. Je fais avec ce que je suis. »

« Je sais rarement où je colle à l’avance. Donc j’improvise », dit encore Sara Conti. « Si un mur privé un bistrot m’intéresse, j’en parle. Parfois on me dit non, souvent c’est oui. Les gens sont étonnés que je fasse du collage sauvage, très grand, réalisé en plein jour afin de photographier le résultat. Dans les grandes villes, les policiers sont plutôt tolérants. »

Les Matriochkas de Sara Conti ? Des figures de rue, des filles d’un genre inusité – comme elle encore – qui sont faites pour modifier le paysage urbain. D’ailleurs, bien des sites choisis par l’artiste sont pauvres, déclassés, ruinés (dans les environs de Roubaix ce n’est pas trop difficile à trouver). Ses oeuvres éphémères se signalent souvent par l’appropriation de noms d’ordinaire lié à la masculinité : Messiah, Pirata, Princesses évêques…Cette pratique d’inversion est courante dans l’art “féministe” mais Sara Conti en use quant à elle de manière décontractée, gaie, légère, jamais schématique, toujours efficace. Elle fait avec ce qu’elle est. Elle est une femme libre. Elle travaille avec des femmes libres. Elle les remercie officiellement à chaque fois. Pour le travail montré ici, « J’ai été aidée par Caroline Lerouge pour la pose et les photos du making of et par Alice Chiabai pour les découpes. » Elle s’amuse. On peut être féministe et en rire. Et ses « Puppe » comme elle appelle aussi ses Matriochkas, peuvent être des toute sorte, mais elles sont toujours rondes, colorées, femmes, folkloriques, drôles. Il n’empêche, son prochain livre s’intitulera : Power to the Puppen !

http://www.saraconti.com

Publié dans Les Quotidiennes le 21 mai 2013

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