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HABITAT SOCIAL : PEUT MIEUX FAIRE – VEUT MIEUX FAIRE – ET Y TRAVAILLE

juin 12, 2013

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Dans le cadre de la Première semaine nationale française des HLM, Pas-de-Calais habitat, bailleur social et opérateur urbain, organise au Louvre –Lens un colloque sur la thématique « Habitat & Post-Modernité ». La question posée semble simple : comment construire l’habitat social de demain ? Mais elle est en réalité d’une complexité profonde.

«A l’occasion de la semaine nationale des HLM, il est de notre devoir d’innover aussi dans la réflexion. Le monde évolue – à nous de faire évoluer aussi l’habitat social et de trouver des solutions pour le “Mieux Vivre Ensemble“ de nos locataires, aujourd’hui et demain» dira Michel Vancaille, Président de Pas-de-Calais Habitat. Il affirme aussi qu’ « il n’est pas interdit de réfléchir » ce qui me rappelle immédiatement l’exergue du livre Architecture émotionnelle, Matière à penser (Paul Ardenne et Barbara Polla, Ed La Muette, 2011), signée de Laurent Geninasca : « Le seul luxe nécessaire est le temps de la réflexion. »

En ouverture de ce colloque, Hervé Le Bras, démographe et historien, a présenté de multiples cartes de France, superposant d’une manière surprenante la démographie, les concentrations urbaines, les types d’organisation sociale, d’habitat, et les votes nationalistes et le taux de suicides, suggérant, sans le dire vraiment, que plus les liens familiaux sont forts plus les gens sont heureux et moins ils se suicident. De l’eau au moulin d’un habitat social participatif et familial ? Je n’en suis pas certaine : on sait qu’en Suisse, le taux de suicide chez les adolescents est l’un des plus élevés du monde alors que l’attachement à la famille et la qualité de vie sont exceptionnelles dans notre pays – devrions–nous alors conclure qu’une qualité de vie élevée favorise le suicide ? Difficile en réalité, toujours, d’utiliser ce genre de données sur le soi-disant « bonheur » des gens pour décider de quelles politiques mettre en place.

Émilie Coutant, sociologue, a exposé les réalités et les besoins des nouvelles familles, se fondant à la fois sur ses connaissances et sur son expérience personnelle. « Les façons de “faire famille“ se diversifient et se multiplient, elles se font et se défont, se conjuguant alors au pluriel » : un argument de plus pour favoriser la diversité. Autant de types de familles, autant de types de logements nécessaires, sociaux ou non… mais l’offre ne répond toujours pas à l’ensemble des demandes. Michel Vancaille raconte cette anecdote que nul n’est près d’oublier, sur les questions que posent les familles recomposées : « La semaine passée, en commission d’attribution de logements, nous avons examiné cette demande : un père de trois enfants, en ménage avec une femme avec quatre enfants et le couple avait décidé de mettre en route le huitième. Mais nous n’avons pas de solution ! Le T8, je ne l’ai pas encore. » « Quels seront les ajustements nécessaires, alors, pour habiter ensemble demain ? », questionne Émilie Coutant – habiter le plus confortablement possible – et le moins cher possible. En sachant que la contrainte économique ne devrait jamais être une excuse pour faire « laid » mais toujours une contrainte de réflexion et de créativité !

Deux éminents architectes ont abordé les questions plus concrètes de l’espace public, des « lieux communs », de la mixité : malheureusement il nous a manqué une vision bousculante, vraiment innovante et réaliste à la fois – une Vision en somme, de l’architecture concrète de l’Habitat social de demain.

Fut bousculante, en revanche, la critique de Paul Ardenne, que les lecteurs de ce blog connaissent bien ! Ecoutons-le :

« Si je me garderai bien de dire ce qu’il conviendrait de faire, si je suis très conscient, aussi, que rien n’est simple (l’économie d’échelle, la standardisation pèsent ici de tout leur poids matériel, jamais à négliger et d’ailleurs jamais négligé), j’avoue regretter le manque d’audace des commanditaires, au premier chef les municipalités. L’appel d’offres, dans ce cas, profite aux « gros » de la profession, ceux qui livrent à bon compte du produit standard. C’est regrettable. Impossible d’espérer d’un tel système une plus-value symbolique accrue pour le logement social, celle qui reposerait, notoirement, sur le principe de la diversité revendiquée : tel habitat social n’est pas soluble dans celui-ci et inversement, en fonction des lieux, des contextes locaux, de la demande locale. Peut-être est-ce rêver que de demander à l’habitat social d’être le lieu d’un « partage du sensible », le lieu d’une sensation esthétique collective majeure. À l’impossible, assurément, nul n’est tenu. Mais il n’empêche : du point de vue symbolique, le logement social peut toujours faire mieux. »

Ce mieux, Christian Mayeur, organisateur et modérateur du colloque, « le manager à l’écoute de l’artiste », créateur d’Entrepart (http://www.entrepart.com), y travaille activement, de concert avec Pas-de-Calais Habitat. Il nous a enchantés par la clarté de sa parole, la qualité de l’organisation, la tenue de la réunion dans la salle de conférences bondée du Louvre Lens. Il nous a parlé de la réalité des choses plutôt que de la prétention des contextes, de l’entre deux. Sur son site il nous dit que Art & Management (et modestie et écoute) = Innovation !

Nous attendons donc la suite avec la plus grande impatience. Mieux !

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Barbara Polla
Le 12 juin 2013

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