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Le phallus, roi de Venise, perle de la Biennale

juin 26, 2013


Sarah Lucas Patrick More, 2013 cast bronze 73.5 x 53 x 80 cm Installation view Venice Biennale The Encyclopedic Palace © The Artist, courtesy Sadie Coles HQ, London Photo: Sebastiano Pellion di Persano

Quand vous irez à Venise, ne manquez pas les sublimes phallus de bronze de Sarah Lucas, aux Giardini, dans le grand pavillon blanc – cherchez-les bien, ils sont dans le jardinet du pavillon, sur la gauche. Divins, lumineux, discrets et puissants à la fois, les bronzes sont là, comme des habitants secrets du jardin des jardins, reflétant dans leur matière veloutée à la fois le ciel et la verdure.

Formée au Goldsmith College, Sarah Lucas fait partie de ce groupe désormais célèbre des « Young British Artists ». Toute jeune, elle s’était appropriée d’emblée un langage plastique très personnel, cru et ironique par rapport aux représentations de genre, tel l’emblématique Two fried eggs and a kebab, alias seins et sexe. Après un long chemin pavé des plus grands succès et des phallus les plus étonnants, la voici à la Biennale, avec ces corps rutilants, enlaçant la beauté de leur propres phallus, une déclaration d’amour sans équivoque au corps, à la beauté, à la force, à la douceur aussi. Regardez les images …

Les phallus d’avant ces bronzes ? A Genève, en 1993, Sarah Lucas créa déjà, dans le cadre de ce qui fut la première résidence d’artistes de la galerie Analix Forever (« From Army to Armany », avec Tracey Emin), de nombreux phallus, dont un, fait de coquilles d’œufs maintenues par du fil de fer, d’une fragilité extrême, d’une beauté en regard. Vingt ans plus tard, l’artiste me confie créer des pénis chaque fois qu’elle ne sait que faire, « because I don’t have one », avec, au début de sa carrière, des canettes de bières ou des cigarettes – puis lorsqu’elle quitte Londres pour s’installer à la campagne, des matériaux à la fois plus naturels et plus nobles.

L’exposition « Penetralia » (Galerie Sadie Coles, Londres, 2008) consacrera le thème du sexe masculin. «Penetralia» fait référence aux parties les plus intimes d’un bâtiment, en particulier le sanctuaire d’un temple mais aussi aux parties les plus secrètes du corps ou de l’âme. « The Penetralia work started with a plaster cast of my boyfriend’s penis and developed from there. It was during the early days of our love affair. » Dérivé de ces recherches, The King, triptyque de trois photographies noir-blanc de phallus en plâtre réalisés à partir de la technique de l’empreinte, en l’occurrence donc, du sexe de son compagnon, donnera son titre à une nouvelle exposition à Genève : « The King » encore. Représentation anthropomorphique et divine, portrait, sceptre, totem, The King est un triptyque quasi religieux. Sarah Lucas n’hésite d’ailleurs pas à dire à propos de ce roi qu’est le phallus : « For a small figure they represent a lot. I like them from all perspectives. I think the religious one often gets overlooked. That is, the divine spark. »

The divine spark est à Venise, grâce à Sarah Lucas.

A retrouver en Grèce, bientôt. Stay tuned…

Publié dans Les Quotidiennes le 26 juin 2013

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