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« Toutes les révolutions sont culturelles » Entretien avec Roza El Hassan

octobre 10, 2013


© Roza El-Hassan, Human, 2002

J’ai rencontré Roza El Hassan ce dimanche 29 septembre, dans le cabinet médical de Marie-Christine Gailloud-Matthieu, à Lausanne. Mon amie Marie-Christine organise depuis des années des expositions dans son cabinet. Mais cette exposition-ci, « Syrian Voices », a une dimension supplémentaire à toutes les précédentes, y compris les magnifiques « Des seins à dessein ». Oui, une dimension supplémentaire : car même si tout art est politique, cette exposition-ci l’est éminemment.

Présenter « Syrian Voices » à Lausanne est un engagement fort de la part de cette chirurgienne qui n’arrête pas de prôner les valeurs de la beauté, de l’art et de l’amour conjugués. Ainsi, l’artiste et curatrice Roza El Hassan (qui collabore étroitement avec Shadi Al Shhadeh) habite chez Marie-Christine Gailloud-Matthieu, quelques étages plus haut, en vraie nomade ; dans sa chambre, une valise grand ouverte. Et pendant que Marie-Christine travaille avec l’encadreur, Roza fume dans le jardin devant le cabinet et me raconte. Son enfance d’abord, en Europe, entre un père syrien et une mère hongroise. Et le désir de Syrie, depuis toujours, comme un rêve ; toute la vie se concentre dans cette idée, une sorte de préparation au retour. « Quand tu grandis ainsi, ton pays devient comme un but, il est ancré dans ton âme. »


© Hana Alukla, Autum Summer 2012- 2013

« Syrian Voices » existe depuis 2012 – un moment d’optimisme où le printemps syrien s’imaginait en printemps arabe. http://syrianyouthvoice.blogspot.fr nous dit, entre autres, I am a lover not a fighter but I will fight for what I love.

Le projet de Roza, lui, est plus spécifiquement centré sur l’art et les artistes – les artistes qui sont, slon les termes de Pascal Quignard, des « meutriers de la mort ». Grâce au blog http://syrianvoicesmediationandart.wordpress.com, Roza travaille avec désormais en réseau avec 250 artistes de son pays, essayant constamment de les aider à créer, à survivre et à faire survivre l’âme de son pays. « Je suis convaincue que l’art est un médiateur, un instrument important du changement et que l’art peut contribuer à ce changement de régime dont nous avons absolument besoin. Chaque révolution est une révolution culturelle, il est impossible de séparer les révolutions des révolutions culturelles. Regardez la révolution française, ou 1968…»

Et quand je demande à Roza comment elle conçoit sa mission, elle me répond : « Ma mission ? Faire prendre conscience des problèmes syriens et aider les artistes qui sont en Syrie. Les aider concrètement, y compris financièrement. Ils sont les meilleurs médiateurs du multiculturalisme qui est l’une des caractéristiques de la Syrie. Faire prendre conscience du fait qu’il y a en Syrie actuellement 200.000 détenus non criminels, et que les réfugiés sont au nombre de sept millions. Les gens veulent plus de justice sociale et plus de démocratie. Le futur ? Survivre d’abord… »

Ecoutez Roza El Hassan ce soir en conférence au Palais de Rumine.

Vernissage de l’exposition dont elle est co-commissaire :

http://www.chirurgieplastique.ch/expositions/

 

Publié dans Les Quotidiennes le 2 octobre 2013

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