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Là où naissent les fantasmes

janvier 31, 2014

Avec ce titre, j’en suis certaine, vous imaginez immédiatement que Barbara va encore vous parler de fantasmes érotiques, forcément sexuels, des fantasmes des hommes en particulier…

Eh bien non ! «Là où naissent les fantasmes», c’est le titre d’une exposition imaginée par une galeriste passionnée par l’immatériel, Odile Ouizeman, à Paris. Odile nous parle de cinéma intérieur, de l’atmosphère enveloppante d’un rêve éveillé. Et nous dit que les œuvres agissent, qu’elles nous ouvrent et mettent en éveil sens, pensées et émotions.

Dans cette exposition de rêves, la galeriste montre, entre autres, le travail de Rachel Labastie, une jeune sculptrice qui cherche et produit des œuvres à la fois séduisantes et violentes qui nous parlent d’aliénation, mais aussi de la douceur du geste.

Les ailes du désir

Sur le sol de la galerie, une paire d’ailes en grès, les ailes d’un ange, les ailes du désir, celles de l’envol, de la liberté… Mais non: les ailes sont à terre, lourdes et fragiles, et nous parlent du poids du corps plus que de légèreté, de notre asservissement à notre condition humaine plus que de celle des anges…

La première exposition de ces ailes était intitulée «De l’apparence des choses», cette apparence qui préoccupe Rachel Labastie au point qu’elle passe ses jours et ses nuits à tenter de se l’approprier, en travaillant la matière pour aller au-delà de l’apparence.

Des haches fragiles

Et dans le mur de la galerie, des haches sont fichées. Les haches, symbole même d’une violence première, forestière, domestique, terrible. Mais les haches de Rachel Labastie sont en céramique… et qui plus est, réalisées dans une terre très particulière, dont tous les céramistes lui ont dit de se méfier, car cette terre se déforme avec la chaleur.

Mais c’est justement pour ce défaut-là que Labastie choisit cette terre car, par voie de conséquence, ses haches sont voilées et nous parlent plus du geste, d’une tentative «empêchée», que de violence. Les choses résistent: le poids des ailes prévient l’envol suggéré par elles, la fragilité des haches contrecarre leur violence inhérente.

Les fantasmes naissent dans l’âme des artistes.

Du 28 janvier au 25 février 2014, «Là où naissent les fantasmes», Galerie Odile Ouizeman, 10-12 rue des Coutures Saint Gervais, 75003 Paris.

Publié dans Les Quotidiennes le 28 janvier 2014

One Comment leave one →
  1. janvier 31, 2014 22:48

    J’aime !!!

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