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Motopoétique : art et motos au féminin

février 20, 2014

Quand l’art des unes transfigure les autres

A l’occasion de l’exposition «Motopoétique» bientôt à Lyon, revue des liens entre femmes et motos, du point de vue des artistes femmes de l’exposition.


«Itinéraire gravé» de Maro Michalakakos.
Bild: Revekka Kostantopoulou et Fanis Vlastaras

La plupart des hommes aiment, entre autres, les motos et les femmes. Alors, logiquement, on leur sert en général les unes avec les autres. Double transport. Non pas tant dans l’art que dans les calendriers d’arrière-boutiques motardes et, avec largesse aussi, dans la mode. Que de femmes sublimes représentées sur des motos qui ne le sont pas moins, pour vendre une botte, un string, une veste à même la peau.

C’est une vraie première : une exposition qui nous parle spécifiquement des liens entre art contemporain et motos. Dans «Motopoétique», plusieurs artistes femmes transfigurent les machines par des artifices classiquement «féminins» tels que vêtements, bijoux et tissus.

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Tia Calli Borlase, l’amante des chevaux qu’elle dessine à la perfection, qu’elle monte et avec lesquels elle «performe» son art, les habille volontiers de caparaçons d’époque, historiques, multicolores, moyenâgeux et contemporains tout à la fois. Pour «Motopoétique», ce sont les motos qui deviennent ses chevaux, non pour qu’elle les monte mais pour les habiller de caparaçons d’équidés, avec des formes et des matériaux adaptés au monde du «moto-art»: le cuir est prédominant.

Myriam Mechita, même si elle n’est pas motarde, est fascinée par l’évocation de la liberté que la moto lui conte, «par la vitesse et ce sentiment de pouvoir tout traverser». Myriam Mechita, elle aussi, habille une moto. Elle l’habille de perles, avec l’idée que la moto traverse tout et soulève la poussière, une poussière qui devient perles, «une traîne de survie, dit l’artiste, qui retient, qui encombre mais qui crée un lien». «La moto est cet élément libre qu’on ne retient pas, dit encore l’artiste, sorte de métaphore de la vie qui file à toute allure et dont je ne puis freiner la vitesse que par des perles, sorte de chapelet de beauté.»

L’artiste grecque Maro Michalakakos, plutôt que d’habiller les motos, revêt le Musée d’Art Contemporain de Lyon de plus de cinquante mètres de velours rouge où elle a griffé, au cutter, à la main, les traces des pneus des motos qui seraient passées ici. Conductrice émérite (d’automobiles plus que de motos cependant), l’artiste est très attachée au puissant sentiment d’autonomie que lui apporte la conduite «automobile» (en grec, auto-conduite).

Il est intéressant de souligner à cet égard que l’autonomie est l’une des valeurs phares de l’Association Toutes en moto, également relayée ici à Genève: «Toutes en Moto accompagne la femme dans sa conquête d’autonomie et de liberté pour « conduire sa vie ». Les motardes, libres, heureuses et solidaires.» Oui, la moto est et reste un moyen particulièrement attirant pour s’insérer dans un monde de liberté. Car comme le chantait, en 1968, le symbole de féminité qu’était alors Brigitte Bardot, «Je n’ai besoin de personne en Harley-Davidson».

Article publié dans Les Quotidiennes le 17 février 2014

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