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Le tragique surinvestissement sentimental des femmes

septembre 9, 2014

J’eusse préféré ne pas en parler, de Valérie – Valérie comment déjà ? Mais en lisant l’article de Peggy Sastre , je me suis dit que les leçons à tirer étaient trop intéressantes pour ne pas en parler.

Peggy Sastre commence son article en citant l’actrice Anémone qui affirme : “Mes deux premiers besoins sont la solitude et la liberté”, une affirmation dont Peggy Sastre se réjouit avec délices. Pourquoi ? “Parce que, pour une fois, une putain de femme n’avait pas je ne sais quelle notion relative à l’amour, au bonheur familial ou à la réussite conjugale à la bouche quand elle faisait état de ses priorités de vie.”

Oui, et Peggy Sastre a raison aussi, quand elle dit que s’éduquer est plus intéressant qu’une “réussite” amoureuse. Parce que cette idée nous emprisonne, nous empêche, trop souvent, de nous réaliser nous-mêmes, de grandir, de nous approcher de qui nous sommes et voulons être, fondamentalement. Le surinvestissement sentimental (s’il vous plaît notez bien que Peggy Sastre parle de surinvestissement et non d’investissement, et de sentimentalité et non d’amour !) fait partie de ce que j’ai appelé, dans Tout à fait Femme, le GPS : le Grand Plan Social qui nous veut ceci et cela et sentimentales et mères parce que c’est ainsi que nous assurons la survie de l’espèce – trop souvent au détriment de la nôtre.

Notez aussi que nous pouvons sans aucune sentimentalité être à la fois épouses, amantes, mères – ou pas – et être aussi, surtout, et avant tout, nous-mêmes. Car finalement, que fut François dans la vie de Valérie ? Un moment, oui. Alors, pourquoi en faire une tragédie ? Valérie est vivante bien vivante. La tragédie, c’est uniquement ce surinvestissement sentimental que critique Peggy Sastre, celui qui, dans la vie de femmes “normales”, comme dans celle de Valérie, nous conduit trop souvent à nous censurer, à limiter notre existence, à nous diminuer, comme si nous ne pouvions vivre que par procuration. Comme si nous ne pouvions que “souffrir le martyre quand le bouquet de violettes en vient naturellement à faner”. La vie est là pourtant, qui nous attend – qui n’attend que notre réalisation personnelle et individuelles de femmes que nous sommes et qui avons la chance extraordinaire de vivre dans des pays qui nous aiment libres. Alors ne nous enfermons pas nous-mêmes, comme le dit encore Peggy Sastre,  “dans le domestique, le conjugal, le quotidien”, mais vivons, cultivons nos libertés, nos savoirs, nos créations et nos échanges ! Et refusons de nous enfermer nous-mêmes dans cette position ridicule de victimes de l’amour, et d’y enfermer d’une même clé – d’un même cadenas – l’homme que nous faisons semblant de porter aux nues mais qu’en réalité nous diminuons autant que nous-mêmes. À ce propos Peggy Sastre parle non sans raison de cannibalisme…

Et l’amour dans tout cela ? Ah l’amour. L’amour, la vraie révolution. L’amour nous fait sublimer, magnifier l’autre et nous-mêmes. L’amour ? Un acte vital et politique fondamental. Alors, aimons, et au diable le sentimentalisme, l’apitoiement sur nous-mêmes, la dégradation de l’autre et le livre de Valérie !

One Comment leave one →
  1. Brison permalink
    septembre 9, 2014 19:46

    Ah merci Barbara pour ces propos qui sont une piqure de rappel dont j’ai régulièrement besoin pour me rappeler que je ne me fourvoie pas quand je fais des choix qui ne sont pas dans les normes de la société….
    Isabelle

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