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Désespérée mais optimiste

janvier 12, 2015

À Christine Salvadé qui préparait, en décembre, un dossier sur l’optimisme, je répondais que pour être “sérieusement” optimiste il fallait d’abord connaître et reconnaître le désespoir. Être désespéré mais optimiste. Optimiste, utopiste, parce que selon moi, il n’est pas d’autre position tenable. Edgar Morin disait aussi que l’improbable peut sortir de l’inéluctable. Transformer le malheur en création.

De l’optimisme comme discipline, donc. D’un optimisme réservé. Le mien devant et après la manifestation d’hier. Parce que je ne sais pas (encore) exactement ce qu’il nous dit, ce rassemblement. Non à la haine, oui à la liberté, à l’espace de chacun : oui, mais… Oserais-je émettre quelques réserves ? J’aurais souhaité que les criminels soient entendus et jugés. Leur mort s’ajoute aux morts qu’ils ont délibérément causées, elles ne soustrait rien. Bien sûr il fallait agir vite et prévenir d’autres morts et il est parfois impossible de protéger sans tuer. Mais une autre prévention va devoir suivre, tout aussi rapidement : celle de la prise de la mesure du problème, de son analyse, d’une réflexion renouvelée de l’attitude à adopter face aux fondamentalismes et face à la violence, la violence individuelle et la violence d’état. Hier, le rassemblement et le recueillement ; mais aujourd’hui, pour que rassemblement et recueillement donnent la pleine mesure de leur valeur, ils doivent être suivis d’analyses, de visions et d’actions préventives. Dans la droite ligne d’un Ruwen Ogien, héraut de La Liberté d’offenser, et de son éthique minimale : Ne pas nuire aux autres.

Des pistes ? Et si à chaque fois que la liberté et la vie de civils et civiles sont menacées et bafouées, chaque fois qu’il est “nui à autrui”, nous nous rassemblions par millions pour dire non ? Et si nous abolissions la construction et le commerce des armes, ou pour le moins les limitions et les contrôlions drastiquement, dans le droit fil de l’Appel de Genève? Et si la neutralité suisse devenait universelle ? Et si nous parlions d’amour, comme certains osent le faire ? Utopies bien sûr… Mais en y pensant bien, l’improbable peut toujours sortir de l’inéluctable.

À lire aussi : Jean-Pierre Greff : cliquez ici.

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