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Janet Biggs au Blaffer Museum nous promène à travers des forêts de symboles : Echo of the Unknown

janvier 16, 2015

Quel bonheur d’être à Houston avec Janet Biggs, la commissaire d’exposition Janet Phelps, et les Correspondances de Baudelaire…

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Correspondances                                     ( For English please scroll down )

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857

Depuis toujours, Janet Biggs se promène dans le monde comme Baudelaire en ses temples. Il s’agit pour elle de ressentir, et de donner à voir, dans un mouvement de balancier hors du temps où se mêlent acuité et perfection. Ce balancier du temps hors du temps qui guide sa démarche multiple conduit l’artiste à nous parler d’éternité. Ce n’est pourtant pas tant d’éternité qu’il s’agit, que d’une étrange constance de l’étrangéité, d’un retour de ce « présent éternel » qui tout à la fois échappe à nos mémoires défaillantes et occupe notre esprit à la recherche d’absolu.

L’exposition de Janet Biggs au Blaffer Museum, « Échos de l’Inconnu », nous parle, dit l’artiste, de la maladie d’Alzheimer, de la fuite et de la perte du temps, de réminiscences. Mais « Échos de l’Inconnu », en réalité, nous parle davantage de nous-mêmes et de nos interrogations fondamentales que d’une quelconque maladie, aussi fascinante fût-elle. La maladie d’Alzheimer devient ici un prétexte pour explorer en parallèle des mondes souterrains (les mines de Merkers en Allemagne) et le cerveau humain et pour en comprendre, à défaut de les en extraire, les cristaux et les cristallisations mémorielles. « Échos de l’Inconnu » nous suggère que les mystères de la géophysique font peut-être écho à des mystères plus organiques et plus insondables encore : les mystères de la vie. Des mystères tellement impénétrables que le mieux que l’artiste puisse faire, c’est nous en donner à voir et à entendre le « merveilleux ».

À voir et à entendre : c’est bien là la grâce de la vidéo.

Pour en savoir plus sur l’exposition : cliquer ici.

 

 

Correspondences

Nature is a temple in which living pillars
Sometimes give voice to confused words;
Man passes there through forests of symbols
Which look at him with understanding eyes.

Like prolonged echoes mingling in the distance
In a deep and tenebrous unity,
Vast as the dark of night and as the light of day,
Perfumes, sounds and colors correspond.

There are perfumes as cool as the flesh of children,
Sweet as oboes, green as meadows
– And others are corrupt, and rich, triumphant,

With power to expand into infinity
Like amber and incense, musk, benzoin,
That sing the ecstasy of the soul and senses.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857


Janet Biggs has always explored the world the way Baudelaire did his temples. Her purpose is to feel and then to show, in a pendulum movement, and with a mix of acuity and perfection. Timelessly. This pendulum of time outside time which guides her multifaceted work impels the artist to speak to us of eternity. And yet eternity is not so much the subject here as the strange constancy of strangeness, of a return of that “eternal present” that both escapes our failing memories and occupies our mind in its search for the absolute.

Her exhibition at the Blaffer Museum, “Echo of the Unknown,” speaks to us, says Biggs, of Alzheimer’s disease, of the passing and loss of time, of reminiscence. In fact, though, “Echo of the Unknown” speaks to us more about ourselves and about our fundamental questions than about any illness, however fascinating it may be. Here, illness becomes a pretext for the parallel exploration of subterranean worlds (the Merkers mines in Germany) and the human brain in order to understand – if not to extract – their crystals and memorial crystallizations. “Echo of the Unknown” suggests that the mysteries of geophysics may echo mysteries of a more organic and yet more fathomless nature: the mysteries of life. Mysteries so impenetrable that the most the artist can do is enable us to see and hear their “wondrousness.”

To see and hear: such is the grace of video.

To know more about the show please click here.

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