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La liberté de l’amour de Guido Brivio

février 1, 2015

Lectures, chez et Grâce à Filippo et Patrizia di Sambuy, à Turin, le mercredi 4 février

_Invito_Libertà dell_'amore

Extraits
Traduction, Barbara Polla

Noi vogliamo vedere infine dentro questa luce, ma non è possibile. Essa ci abbagli indisponendo i nostri occhi. Possiamo solo essere quel bianco, quella luce, e lo desideriamo. Essere lì, avvolti nella sua cecità.

Nous voulons voir à l’intérieur même de cette lumière, mais ce n’est pas possible. Elle nous éblouit, aveuglant notre regard. Nous ne pouvons qu’être cette blancheur, cette lumière, et c’est ce que nous désirons. Être là, prisonniers de cet aveuglement.


Eppure qualcosa in noi vorrebbe ancora vedere. Come Orfeo nelle tenebre dell’Ade vorrebbe vedere Euridice. Per portarla un’altra volta alla luce, strappandola alle tenebre, di nuovo ignaro che il suo volgersi sarebbe ancora fatale. Oppure per mostrare fino a che punto è disposto ad amarla, rendendola finalmente all’invisibile, avvolta dalla sua luce d’ombra.

Et pourtant quelque chose à l’intérieur de nous voudrait encore voir. Comme Orphée voudrait encore voir Eurydice dans les ténèbres de l’Hadès. Pour la conduire une fois de plus à la lumière, l’arracher aux ténèbres, oubliant à nouveau que le fait de se retourner serait encore fatal. Ou peut-être pour nous montrer jusqu’à quel point il est disposé à l’aimer, tout en la restituant finalement à l’invisible, enveloppée de sa lumière d’ombre.


Questo segreto sembra estremamente sensuale. È la sua promessa e insieme il suo pericolo. Noi desideriamo conoscerlo, e per questo forse desideriamo chi lo incarna.

Ce secret est extrêmement sensuel. Il est tout à la fois promesse et danger. Nous désirons percer ce secret, et c’est pour cette raison peut-être, que nous désirons qui l’incarne.

E come il segreto del viaggiatore, che può essere trovato solo in cammino.

C’est comme le secret du voyageur, qui ne peut se révéler qu’en chemin.


Bello – bellus – è un diminutivo di buono. Quando il bene si perde, si perde anche la bellezza. Resta solo il suo simulacro, le sue spoglie mortali. A questa bellezza mortale noi siamo abituati. È lo sguardo di morte, di nulla che promana dallemannequin. Non per colpa loro, ma per colpa dell’abito che indossano, del loro modo di indossare il loro corpo, di esibirlo così, senza nulla.

Beau – bellus – est un diminutif de bon. Quand le bon se perd, le beau se perd avec lui. Il ne reste alors que le simulacre, ses dépouilles mortelles. Nous sommes des habitués de cette beauté mortelle. De ce regard de mort, de néant, qui émane desmannequins. Elles ne sont pas en cause. C’est  l’habit qu’elles endossent, la manière dont elles endossent leur corps, dont elles l’exhibent, sans rien, qui est en cause.

Quando si vuole ottenere qualcosa, in amore, non si ottiene nulla. E la seduzione – che è il contrario dell’amore – vuole sempre ottenere qualcosa. Per questo si riduce a nulla e riduce a nulla chi la indossa. È proprio questa d’altronde la sua riuscita, essere il nulla in cui ciascuno può rispecchiare il proprio volto. Dovremo amaramente scoprire questo, presto o tardi, prima di risvegliarci. O forse senza risvegliarci affatto.

Quand on veut obtenir quelque chose, en amour, on n’obtient rien. Et la séduction – qui est le contraire de l’amour – veut toujours obtenir quelque chose. C’est pour cela qu’elle se réduit à néant qu’elle réduit à néant qui l’endosse. C’est d’ailleurs précisément là son succès, d’être ce néant dans lequel chacun d’entre nous peut mirer son propre visage. Nous devrons découvrir cela, avec amertume, tôt ou tard, avant de nous réveiller. Ou peut-être, en réalité, sans nous réveiller.


Non c’è altro oggetto e non c’è altro soggetto.

Il n’y a pas d’autre objet ni d’autre sujet.


Soltanto la speranza dell’insperabile.

Seul l’espoir de l’inespéré.


In questo specchio ho visto il tuo volto, ed era il mio volto più del mio.

Dans ce miroir j’ai vu ton visage, et ton visage était mon visage plus que le mien.


Ci sembra di essere improvvisamente al sicuro e felici, senza ragione, come se il tempo fosse di cristallo. Siamo felici e non sappiamo perché, e non potrebbe essere altrimenti. La ragione, come sempre, è solo ciò che esiste davanti ai nostri occhi.

Osserviamo per un ultimo istante questo volto. Non esiste alcuna separazione tra il sorriso e gli occhi. È come se gli occhi sorridessero e il sorriso guardasse. C’è una cosa sola che ci ferisce sorridendoci, trasformando il nostro dolore in gioia, o in pace.

Se ho un nome, non darmi un nome. Se ho una voce, non darmi una voce. Ricordati solo del mio gesto.

Libertà dell’amore.

Il nous semble, à l’improviste, être en sécurité, et heureux, sans raison, comme si le temps était de cristal. Nous sommes heureux et nous ne savons pas pourquoi, et il ne pourrait pas en être autrement. La raison, comme toujours, en est seulement ce qui existe là, devant nos yeux.

Nous observons une dernière fois ce visage. Il n’existe aucune séparation entre le sourire et les yeux. C’est comme si les yeux souriaient et si le sourire regardait. Il n’y a qu’une seule chose qui nous blesse tout en nous souriant, et qui transforme notre douleur en joie, ou en paix.

Si j’ai un nom, ne me donne pas un nom. Si j’ai une voix, ne me donne pas de voix. Souviens-toi seulement de mon geste.

La liberté de l’amour.

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