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Ne crachons pas dans la lagune (1)

mai 9, 2015

JJ Charlesworth écrit un papier pugnace sur la Biennale sur arnet.com. Oui certes, il y a des gens riches qui viennent ici, des commissaires, tout un monde qui tourne autour et vit de l’art et gravite parfois à contre-sens. Certes cela peut sembler hypocrite, à un regard superficiel. À propos, qui paie Charlesworth quand il écrit sur artnet ?

Mais à y regarder de plus près, qui célèbre-t-on vraiment à Venise ? Les artistes. Et les artistes ont travaillé comme des fous, pour réussir leur tour de force.

Je vous reparlerai de mes préférés et vous dirai pourquoi : Joanna Malinowska et Filip Markiewicz, les Polonais de Venise. Mais n’oubliez pas de visiter le Pavillon autrichien d’où je vous écris entourée des chants d’oiseaux dont on pense à première ouïe qu’ils font partie de l’installation de Heimo Zobernig ; et la Russie, l’Uruguay, la France, la Turquie, la Grèce, l’Afrique du Sud… et tous les autres. Sarah Lucas qui emplit le pavillon de la Grande-Bretagne de ses statues peut-être moins chargées d’émotion que d’habitude, mais baignant bienheureuses dans la lumière jaune, et ravies de leurs cigarettes de bronze qu’elles fument par le cul ou le sexe. Et comme dit Sarah Lucas : “Et pour ceux qui eussent préféré mes statues sans les cigarettes ? Eh bien je les ai mises quand même.” Sarah Lucas qui, folle de joie, accueille un millier de personnes à l’une de ces parties fantasmagoriques critiquées par Charlesworth. On célèbre qui à cette party ? Eh bien sachez-le, avant tout, Sarah Lucas elle-même. Et nous tous qui avons la chance d’être là, par osmose.

Capture d’écran 2015-05-09 à 15.17.49

La meilleure réponse à Charlesworth serait peut-être une œuvre de Jean-Daniel Berclaz, l’artiste suisse qui ne produit “que” des vernissages. Célébration après célébration. On espère le voir à Venise, au détour d’un pont.

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En l’attendant, j’ai été ravie d’être invitée à la party de Sarah Lucas (que j’avais invitée à Genève en résidence à Analix Forever en 1993), de son succès, de la puissance de l’art. De pouvoir, grâce à cette party, présenter, par exemple, le livre-portrait de l’artiste Shaun Gladwell (my guest ce soir-là) à Ralph Rugoff, le commissaire de la prochaine biennale de Lyon, et à tant d’autres. PATAFUNCTIONS, s’intitule le livre, une réplique fidèle et philosophiques des Semiotext(e)s du temps des études de Gladwell.

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L’art à Venise ? Patafunction peut-être : “out of place might be most in place”. Honni soit qui mal y pense. Ne crachons pas dans la lagune.

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