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Peace and Sex !

mai 10, 2015

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Pendant le Salon du Livre de Genève, la Présidente du Salon, Isabelle Falconnier, a organisé, entre autres mille activités passionnantes, une table ronde sur la liberté d’expression des femmes. Une table ronde qui aurait pu être formidable au vu des participantes (Coline De Senarclens Laurence Deonna, Silvia Ricci-Lempen, Elena Tchijova, Elisabeth Thorens). Pour une raison que je n’ai pas encore élucidée, pourtant, quelque chose n’a pas fonctionné. Préoccuppée, j’ai posé la question au régisseur, plus tard : qu’en avez-vous pensé ? “Ah, il manquait un homme”, m’a-t-il répondu. Est-ce pour cette raison que nous avons donné l’impression d’affirmer notre liberté d’expression “contre” les hommes, comme nous le disait Isabelle Falconnier ?

Je ne sais – mais ce qui m’apparaît de plus en plus comme une évidence, c’est que si nous voulons, ici et aujourd’hui, avec cette liberté formidable dont nous jouissons d’ores et déjà, au quotidien – liberté de faire et de dire comme bon nous semble – si nous voulons assumer la responsabilité de devenir encore plus libres, nous devons également parler sexe. Hétérosexuelles incluses. Dire que le sexe est notre domaine aussi, que nous l’aimons (ou non si nous ne l’aimons pas), et ce que nous en aimons. Il me semble qu’une telle attitude pourrait contribuer à nous sortir enfin de la position de victimes sexuelles de nos hommes-bourreaux-prédateurs.

Et ceci, sans attendre la postménopause, elle qui semblerait nous “libérer” enfin, comme le prétend Julie Holland, le plus sérieusement du monde, photos à l’appui, dans time.com qui plus est. Oui, écoutez bien, sans rire ni pleurer : ce serait la postménopausalité de Hillary Clinton qui en ferait enfin une candidate non seulement crédible, mais finalement “papable”. Oui, car elle a changé de cycle. Hillary Clinton serait donc bonne pour être élue présidente parce qu’elle est hors cycle sexuel. Alleluïa ! Non mais, a-t-on jamais considéré qu’il fallait des taux de testostérone bas pour être un bon président ? Avons-nous besoin d’avoir des taux d’oestrogènes bas pour être une possible présidente ? Et qui nous dit que Hillary Clinton ne prend pas des hormones, et de un, et qu’elle ne déborde pas d’appétits et de désirs sexuels, et de deux ? Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle classification, ce nouveau parallélisme ô combien sournois :  femme hors activité sexuelle – femme capable d’occuper un poste “de pouvoir” ? Je crois rêver…

Et le lendemain, je lis sur le blog de Myriam Hoffmann, comme si elle avait entendu mes questionnements et bouillonnements :

“… Et s’il était dorénavant féministe de s’assumer en talons et mini jupe contre vents et marées, malgré les regards désobligeants, voire les insultes ou le harcèlement dans la rue ? Bref, être sexy peut-il être le moyen d’affirmer haut et fort ses convictions féministes ?  Du côté du féminisme, il y a effectivement du nouveau : le corps ! Après quarante ans d’émancipation fulgurante, il s’agit de remettre le corps au centre de la pensée féministe, aussi bien dans sa dimension procréatrice qu’esthétique – et de manière enfin bienveillante. Simone de Beauvoir dans « Deuxième Sexe » avait déjà dit : « La femme n’est un individu complet, et l’égale du mâle, que si elle est aussi un être humain sexué. Renoncer à sa féminité, c’est renoncer à une part de son humanité. … Si pour les féministes de la deuxième vague, mettre la question du corps des femmes entre parenthèses était une nécessité pour les aider à s’extirper de leur condition domestique et donc maternelle, cela ne saurait plus être. Cela a permis une valorisation de l’existence sociale des femmes, mais quid de la dimension privée de leur existence ?  …Il est temps de reconnaître que la liberté conquise par les femmes existe au-delà de la sphère sociale, mais bel et bien dans la sphère corporelle et intime : leur vie privée.  Comment vivre en toute liberté dans sa vie amoureuse et familiale, comment jouir du droit d’occuper bon nombre de fonctions professionnelles et sociales tout en étant aliénées de son image et de son corps ! On ne peut plus penser, en 2015, que le souci qu’ont les femmes de leur apparence est une soumission aux diktats masculins et commerciaux. »

Voilà qui me rassérène – et tant pis si la Tribune de Genève compare mon décolleté au Salon du Livre à celui somptueux d’Angela Merkel dans la robe non moins somptueuse qu’elle mit pour aller à l’Opéra d’Oslo – non, pas tant pis ! TANT MIEUX !

PS : Peace and Sex est aussi le titre de la prochaine session de VIDEO FOREVER, le jeudi 25 juin au 22 Visconti, Paris 6è, dès 19h.

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