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La septième option

décembre 6, 2015

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Chelsea sous le soleil, Miami sous la pluie. Je suis restée à New York et visite toutes les galeries de la 24ème rue, systématiquement, l’une après l’autre. Il semble que des mots d’ordre très stricts aient été donnés aux assistants invariablement vêtus de noir depuis des années désormais : 1) ne pas dire bonjour quand quelqu’un entre ; 2) surtout ne pas lever les yeux de l’ordinateur ; 3) avoir l’air très irrité par la surcharge de travail virtuel ; 4) ne pas dire au revoir quand quelqu’un sort.

Je vois quelques très belles œuvres, une sculpture de Man Ray et une de Zeng Fanzhi, des dessins de Caroll Dunham et des sculptures lumineuses d’Alina Szapocznikow. Là où sont exposés Szapocznikow ou Fanzhi, il y aussi des gardiens, eux aussi vêtus de noir comme il se doit, et aussi indifférents à la présence de l’intrus que le sont les « réceptionnistes » – sauf si par intérêt ou par bravade on s’approche un peu trop de l’une des œuvres.

Mais la surprise m’attend de l’autre côté de la rue. Il est écrit sur la porte que la galerie est ouverte ; en effet, plongée dans l’obscurité, on aurait pu en douter. J’entre. Une jeune femme me dit bonjour. Elle porte un chandail taupe. Est-ce en lien avec le fait qu’elle me dise bonjour ? Je regarde l’exposition – il s’agit de photographie – et découvre une sorte d’architecture, d’archéologie, qui semble mélanger les temps, les objets, les émotions, comme dans un conte. J’essaie de comprendre. Un texte étrange sur l’autre paroi me plonge dans plus de perplexité encore. Il parle d’un cavalier dont le cheval a perdu une chaussure, d’un taxidermiste, d’une belle jeune femme qui attendait du voyageur qu’il gratte ses bottes avant d’entrer, d’une dent molaire de Saint Wolfgang de Regensburg… je regarde encore. C’est très beau. Je sors dans la rue perdue dans mes pensées et entre dans la galerie suivante. Couleurs criardes, réceptionnistes vêtus de noir, pas un mot.

Je reviens sur mes pas. Je demande à la jeune femme si elle veut bien me présenter l’exposition. Juliana Lopez m’explique d’abord pourquoi l’exposition s’intitule “a 7th option”. Elle me parle en détail du travail d’Ilit Azoulay qui expose aussi en ce moment au MoMA et je commence à comprendre : la macrophotographie réalisée à partir de multiples photographies, la documentation détaillée de tous les objets qui composent l’ensemble, les différentes options de présentation. Juliana me parle aussi du commissaire, Jonathan Touitou, et m’offre le catalogue. En lisant les descriptions de chacun des objets singuliers photographiés par l’artiste en résidence au Kunst-Werke Institut de Berlin, je comprends l’inspiration du texte du commissaire, qui a composé une narration qui fait face à la macrophotographie : une 8ème option, en quelque sorte… mais aussi rédigé un texte qui discute la question linguistique : comment la structure de la langue module notre perception du temps.

J’apprends aussi qu’Andrea Meislin est historienne de l’art, écrivain, commissaire d’exposition, et qu’elle a travaillé comme “curator of photography” au Israel Museum à Jérusalem. Ceci explique probablement cela…

Thank you Andrea Meislin ! We do not know each other but visiting your gallery was a joy.

The 7th option appeared to be the only one truly inspiring.

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