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Beyrouth mon amour, nomadisme et poésie

décembre 7, 2015
AK-01, 300x210cm, barbed wire, 2015

©Abdul Rahman Katanani

Ces dernières semaines furent étranges. Terribles à cause des morts, à Beyrouth, à Paris, à Bamako, en Californie, mais aussi en Turquie et dans le monde. Belles aussi, à cause de la solidarité, de la résistance, de la résilience, de l’incroyable éditorial du New York Times du 4 décembre  et de mille autres manifestations d’intelligence et de vie.

Nomade en transhumance depuis deux mois, entre Vérone, la Biennale d’art nOmad, Turin, Istanbul, Beyrouth, New York, je retrouve Paris avec bonheur, plus consciente que jamais de la merveille symbolique et réelle de cette ville, de sa jeunesse, de sa liberté et de sa joie. Envers et contre tout. Mais pour la résilience, Beyrouth en est un modèle. J’ai eu la chance d’y être invitée cet été par une femme merveilleuse qui m’a ouvert les portes de la ville et de quelques-uns de ses secrets. Merci Amie… J’ai ainsi commencé à entre-apercevoir comment Beyrouth oublie, Beyrouth se souvient, Beyrouth construit, Beyrouth vit au milieu de ses ruines, Beyrouth cœur battant crée jour et nuit. Dans la foulée, j’ai eu cette chance aussi, grâce à Nabil Canaan, de proposer une exposition à Station Beirut : MEMORY & OBLIVION. C’était pendant Home Works, l’extraordinaire multi événement artistique créé par Christine Tohme et si bien décrit par Paul Preciado dans son article intitulé Beyrouth mon amour.

J’ai eu la chance, encore, de rencontrer des libanais d’exception, à Genève, à Paris, à New York, et même à Beyrouth, mille noms me viennent à l’esprit. Sylvie, Nora, Josiane, Andrée, Joumana, Della, Jean, Robert, Ronald, Saleh, Gregory et les artistes bien sûr : Said Baalbaki, dont je montre pour la première fois à Genève le travail, des sérigraphies noir-blanc magnifiant les ruines de Beyrouth. L’exposition s’intitule « DUO-DUEL, Beyrouth mon amour ». DUO-DUEL, parce que dans ma minuscule galerie j’ai décidé de montrer pour un temps deux artistes à la fois, l’exiguïté du lieu créant forcément une tension, voire un duel, mais également une complicité : en l’occurrence avec Emmanuel Régent qui a lui aussi dessiné les ruines de Beyrouth. Pour en savoir plus, venez à Analix Forever, 2 rue de Hesse, dès le 10 décembre. Chiara Bertini sera heureuse de vous accueillir. La galerie est ouverte jusqu’au 22 décembre, puis dès le 5 janvier.

Beyrouth enfin, jusqu’à New York : l’exposition de Saloua Choucair à la galerie CRG, tout près du New Museum, m’a émerveillée. L’artiste centenaire, montrée pour la première fois aux États-Unis, offre, grâce au commissariat de sa propre fille, artiste elle aussi, une exposition d’une grande fraîcheur et d’autant d’intelligence. Le modernisme dans ce qu’il a de plus léger, l’abstraction structurée, une beauté ludique et une appréhension de l’espace qui m’évoquent une autre grande dame de l’art, la turque Füsun Onur, qui porte ses presque quatre-vingt ans avec grande légèreté..

Car au delà du Liban, qui semble omniprésent dans ma vie en ce moment, et avant lui, chronologiquement parlant pour moi personnellement, il y a la Turquie. Istanbul où je me suis rendue tant de fois ces dernières années. Pour Ali Kazma, bien sûr. Mais aussi pour la famille Buyukkusoglu, avec laquelle je collabore, et qui propose une résidence d’artistes à Bodrum. The Art Department de Casa dell’Arte s’est, de plus, associé à l’exposition que j’ai proposée à Contemporary Istanbul, WE ONLY EXIST WHEN WE CREATE, sur le thème « Art & Prison ». Merci, Gamze, Ahu, merci Sena. Merci aussi à Marc-Olivier Wahler, conseiller artistique de Contemporary Istanbul.

Cette exploration, si modeste fût-elle, par le travail en commun, de pays qui jouent un rôle pivot dans la vie politique qui nous bouscule tous aujourd’hui, cette ouverture, sont d’une immense richesse pour moi. J’espère vous faire partager cette richesse de mon mieux, par mes expositions et en vous écrivant. Un prochain rendez-vous à partager ? À Paris, ou plus précisément à Nanterre, le 5 février 2016, pour une nouvelle exposition sur le thème « Art & Prison » : ce sera à la Terrasse, grâce à Sandrine Moreau, et nous y retrouverons, entre autres, Ali Kazma, Abdulrahman Katanani, qui vit à Beyrouth et qui est invité par la Ville de Nanterre pendant un mois, pour produire une pièce « in situ », et l’artiste grecque Maro Michalakakos.

Maro Michalakakos grâce à qui j’organise, avec Elli Paxinou et Iliana Fokianaki, la 7ème Nuit de la Poésie, après Genève, Bruxelles et Paris. Pour la suite du nomadisme, rendez-vous donc à Athènes, la nuit du 19 au 20 décembre, à State of Concept. Nous prévoyons les Nuits suivantes à Istanbul et Beyrouth. Poésie mon amour.

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