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Un samedi bleu

juin 23, 2016

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Le puzzle n’est pas un jeu solitaire : chaque geste que fait le poseur de puzzle, le faiseur de puzzle l’a fait avant lui ; chaque pièce qu’il prend et reprend, qu’il examine, qu’il caresse, chaque combinaison qu’il essaye et essaye encore, chaque tâtonnement, chaque intuition, chaque espoir, chaque découragement, ont été décidés, calculés, étudiés par l’autre.
— Georges Perec.

J’aime cet autre-là. Je ne le connais pas, mais je lui parle. Je lui écris. Drôle de pratique que l’écriture. Bleu ? Pour toi, Jacques. Pour le ciel, en haut du puzzle. Pour tes yeux. Pour Polanski. Pour Georg Trakl aussi, parce que L’or des jours est écoulé et que Les teintes brunes et bleues
du soir – parce que ses poèmes sont de cette couleur-là, entre bleu et brun, page après page, musique douce-amère de ses mots.
Le bleu est musique, couleur d’enfance, le ciel et les lacs et tes yeux encore, un rêve de calme qui révèle puis éteint la noirceur de la nuit.
– Extraits de Vingt cinq os + l’astragale

Le bleu de mes yeux s’est éteint dans cette nuit,
L’or rouge de mon coeur.
Ton manteau bleu étreignit celui qui sombre
Ta bouche rouge scella l’enténèbrement de l’ami.
— De nuit, par Georg Trakl

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