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Galeriste, éditeur, des métiers difficiles ? Des métiers de rêve en vérité !

décembre 2, 2016

Evidemment, cela dépend ce que l’on en fait… Mais allez voir l’exposition du Cabinet d’Arts graphiques et vous aurez envie de devenir, demain, galeriste et éditeur ! Mon modèle aujourd’hui ? Gérald Cramer. Il aurait eu 100 ans cette année. Le libraire genevois, après la Seconde Guerre mondiale, s’impose sur la scène suisse et internationale comme galeriste et éditeur d’estampes et de livres d’artistes.

Rarement une exposition ne m’aura causé autant d’émotions – ni instillé le désir instantané de faire et de publier des livres d’artistes, je pense à Shaun Gladwell, à Abdul Rahman Katanani, Julien Serve, Elena Kovylina, ces artistes aujourd’hui encore ignorés, demain peut-être adulés… comme Miro ! Capitale de la douleur paraît en 1926. C’est un de mes adorés livres de chevets. Il compte plus de 100 poèmes, dont huit sont titrés du nom de célèbres peintres du 20ème siècle – sans évoquer toutefois ni le peintre ni un tableau précis, soulignant de ce fait I’irréductibilité réciproque de la peinture à la poésie –: Joan Miro, Pablo Picasso, Max Ernst, Hans Arp, Georges Braque, Giorgio de Chirico, André Masson, et Paul Klee.

 

JOAN MIRO
Soleil de proie prisonnier de ma tête,
Enlève la colline, enlève la forêt.
Le ciel est plus beau que jamais.

Les libellules des raisins
Lui donnent des formes précises
Que je désigne d’un geste.

Nuages du premier jour,
Nuages insensibles et que rien n’autorise,
Leurs graines brûlent
Dans les feux de paille de mes regards.

À la fin, pour se couvrir d’une aube
Il faudra que le ciel soit aussi pur que la nuit.

e-70-0308

Je connais, par cœur ou presque, en tous cas dans mon cœur, Capitale de la douleur. Mais je ne connaissais pas À toute épreuve. Chapeau bas à Gérald Cramer qui, en 1947, se lance dans un projet parmi les plus ambitieux de sa carrière : éditer les poèmes de Paul Éluard, en demandant à Joan Miró de les accompagner de xylographies. Les pages de la maquette – vraisemblablement réalisée vers 1952 et aujourd’hui conservée à la Bibliothèque de Genève – révèlent la méticulosité dont fait preuve Gérald Cramer dans le travail de concrétisation sous forme de livre.capture-decran-2016-12-02-a-13-26-53

La collaboration entre Gérald Cramer, Paul Éluard, Joan Miró et l’imprimeur Jacques Frélaut donne naissance à chef-d’œuvre absolu de l’édition contemporaine de livre d’artiste. Et moi, je rêve, dans l’exposition. J’écris à Patrick Cramer pour le féliciter – j’aimerais embrasser Gérald  Cramer. Je me dis que le jour où je publierai un livre d’artiste « à toute épreuve » il me fera signe du haut des cieux.

Jusqu’au 29 janvier 2017 puis dès fin mars 2017 à la Fundacio Miro à Barcelone

Pour plus d’informations sur l’exposition : cliquez ici.

et pour l’article d’Etienne Dumont : cliquez ici.

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