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La Cause Littéraire

janvier 16, 2017
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Binau, by raymundo

Barbara Polla propose à travers l’œuvre de Dimitris Dimitriadis une apologie d’un gai savoir. La figure du phallus y est moins totem que source de vie et initiatrice de toutes les créations et plus précisément autour d’une scène : la Grèce qui n’est plus seulement antique. L’érection est envisagée ici comme le contraire de la dépression. Elle est un état intérieur général de création. Les Grecs l’ont prouvé jadis et, écrit Dimitriadis, « ils y parviendront encore, j’en suis persuadé, dans la situation actuelle ».

Comme l’être, toute société abattue se relève et s’érige par l’engagement dans la pensée, la culture, la politique et l’art. Et Dimitriadis de préciser encore : « Tout acte créateur est par conséquent fondamentalement politique ». Mais pas seulement : pour preuve l’écologie architecturale. Le « construire haut » n’a rien d’une aberration écologique : elle est le seul espoir d’un développement durable. Manhattan est un modèle en termes de surface et d’énergie consommée. Et plus généralement, tout art est érection d’un point de vue non pas « créateur » mais « instaurateur » de ce qui érige, de ce qui s’érige.

Et Barbara Polla de parachever le livre d’un chant qui porte l’érection à un absolu. Dans la Grèce, l’auteure écrit :

« je bande comme un pays je vis comme un pays

je joie comme un pays ».

L’érection est donc une nécessité car, écrit encore l’auteure, « le corps d’un humain qui proteste devient un objet politique et sensuel, un objet qui bouge, tremble, désire, transpire, crie, aime, souffre, se fatigue, s’excite ». L’érection demeure le besoin ou, mieux, la nécessité de créer qui fait choisir la vie dans son désordre comme dans son ordre et fait opter pour la liberté contre l’aliénation : « L’érection ? Une nécessité. La vie n’a pas d’autre choix ». Elle reste la vérité indicible du monde que rappelle Dimitris Dimitriadis, « Homo erectus », poète, prosateur, auteur dramatique, essayiste, traducteur, et « alchimiste », sa distillation d’écriture dépasse les limites de la littérature en posant des questions là où il n’y a pas de réponses et où tout échappe. D’une certaine manière, l’érection évite la chute. Elle fait de la chair un corps d’air étayé de strates dont le bord n’a pas de « lignes ». Elles font corps avec lui en un mouvement de conquête. L’érection tisse de la sorte une relation inédite entre l’être, l’art et toute création humaine. Sous leur diversité de formes, surgit une unité de motif plus que figurative que l’érection remet en question.

Jean-Paul Gavard-Perret

Lire l’article, ici.

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