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Barbara contente

avril 13, 2017

D’être à Rome, cela faisait longtemps… Merci à Chiara (Bertini) pour les fleurs, à Laura (Bertini) pour l’hospitalité, à Enrico (Bertini) pour Paul Klee et à Beatrice (Bertini) pour Djelem Djelem.

Et je ramène de Rome une stagiaire pour le mois de mai, Emanuela, la fille de mon amie de coeur Carla. Elle ne sait pas ce qui l’attend alors elle se réjouit !

Je parle d’elle dans Vingt cinq os plus l’Astragale – ici Carla s’appellait Clara et Emanuela, Emmanuela. Et Paris plus éternelle que Rome mais bientôt nous serons à Genève… et Emanuela habitera pour un mois l’atelier AMI – art & partage. Vive la vie !

« Je retrouve mes fantômes, vivants ou morts ou inventés. Orphée, Dagerman, Balzac, Blanchot, Quignard, ceux que je ne connais pas mais que j’aperçois dans mes journées parfois, un sourire furtif, une silhouette, et puis rien mais non, jamais rien, une âme de fantôme. Mes morts, Clara mon amie romaine à qui sa vie ne plaisait pas et qui est morte sans que l’on sache pourquoi, mon père, mais aussi les vivants, Emmanuela la fille de Clara qui lui ressemble aujourd’hui comme deux gouttes du Tibre, petit fantôme bien vivant, chaud, adolescent, un joli fantôme en devenir. Mes fantômes, essentiels, comme les fantômes des villes. Les villes sans fantômes n’existent pas. Le mystère absolu de l’autre. Clara et la pénombre. Le mystère abso-lu de toi. Paris pleine de fantômes. Ce soir je re-trouve Emmanuela devant la Ville heureuse, dans la tiédeur d’un croissant de lune, nous nous couchons par terre, près de tous ces autres corps couchés là, ma tête sur ses genoux, nous parlons de la vie, piano pianissimo, de la mort de Clara de la Ville heureuse puis nous nous sommes levées et nous avons marché était-ce Emmanuela ou Clara dont je serrais la main si fort qu’elle criait un peu qu’elle riait – et la place écoutait comme un théâtre et Brancusi dans son atelier irradiait de son aura créative et résistante, redonnant aux marchands, aux mendiants, aux errants, aux avaleurs de feu, aux musiciens, aux comédiens, aux sans domicile fixe, à ceux avec domicile trop fixe, aux chiens, aux autres, à Clara elle-même, l’illusion d’être là où il faut être, dans Paris, bien plus éternelle que Rome – d’ailleurs Clara est morte. Présence au monde. Les transis, les désespérés, les colériques, les mesquins, les solitaires, les abîmés, les violents, les déchirés, les solides, les gros, les laids, les malades, les dégradés, les sérieux, les abandonnés, tous écoutent un instant les bruissements du vent sur la place et hument les effluves du bonheur solitaire qui se sait exister. » 

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