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Syndrome de stress post-traumatique : et si l’on supprimait le trauma ? Utopie encore ?

juin 8, 2017

Juin 2017 est le mois du Syndrome de stress post-traumatique (PTSD, post-traumatic stress disorder), qui a même sa journée désormais : ce sera le 27 juin à tous le moins à Alberta. Le PTSD ? Un problème majeur pour ceux qui ont vécu la guerre – entre autres horreurs. En résumé et en simplifiant, la vision de certains TRAUMATISMES dans lesquels les individus concernés sont directement impliquées peut créer des altérations durables du fonctionnement de la mémoire et un retrait de la vie affective. Le syndrome menace « toute personne exposée ou confrontée ou témoin d’une situation qui a mis sa propre vie ou celle d’autrui en danger grave, qui a créé des blessures graves ou mis sérieusement en péril l’intégrité physique propre ou celle d’autrui et qui a suscité une peur intense, une détresse intense ou un sentiment d’horreur. »

Israel et les États Unis collaborent activement sur le sujet, et les armées et les centres de soins spécialisés réfléchissent à comment le guérir, notamment au vu du taux de suicide très élevé chez les anciens vétérans américains, suicides apparemment secondaires au syndrome en question : une vingtaine de vétérans américains se suicident tous les jours, avec un taux bien plus élevé que celui de la population générale américaine. L’Australie où je me trouve en ce moment est elle aussi très touchée par le syndrome qui affecte près d’un million de ses citoyens.

Thérapies médicamenteuses, thérapies comportementales, thérapies de « détournement » (le sport par exemple) et bientôt, des thérapies voire des approches de prévention qui vont permettre de moduler la mémoire des soldats, de faire en sorte que s’ils vivent des choses épouvantables ils ne s’en souviennent pas comme épouvantables. Je n’ose imaginer où cela pourrait nous conduire : la guerre ? une fête pour tous ! Quoiqu’il en soit, la prévention secondaire des traumas de la guerre occupe bel et bien des armées des thérapeutes de par le monde. Mais d’une manière ou d’une autre, nous continuons d’armer toutes les factions à l’oeuvre au Moyen Orient — puis essayons de guérir les maux de la guerre.

Mais — qui parle de la prévention du trauma même ? De la vraie prévention, de la prévention primaire ? De la prévention des conflits, de la guerre et du désespoir ? Nous sommes nombreux à oeuvrer dans la pénombre, à Genève notamment : pour en savoir plus, lire, entre autres, ici et ici.

Et pourtant, au moment où des dizaines de milliers d’enfants grandissent en pleine guerre, la prévention primaire est plus que jamais un impératif. Pour les enfants concernés bien évidemment, mais aussi pour nous tous. Car ces enfants vont devenir adultes, eux qui ont grandi dans la panique et la haine, et la panique et la haine vont grandir en eux et avec eux, trop souvent jusqu’au pire.

Encore une fois, « Si vis pacem, para pacem ». Si tu veux la paix, prépare la paix : le « Si vis pacem para bellum » des anciens est obsolète au 21ème siècle. Il n’y a pas de plan B à la paix. Le français Barthélémy Prosper Enfantin (un nom prédestiné…), socialiste utopiste, l’affirmait déjà, le 2 avril 1841, dans une lettre au général Saint-Cyr Nugues. Il n’y a pas de plan B à la paix, et l’Europe et le Canada plus que jamais portent sur leurs épaules le poids si lourd et si léger de l’utopie.

Le fiancé de Christine Archibald ne saurait penser autrement.


©Ben Quilty

Toile de Ben Quilty. L’artiste, qui a été, comme Shaun Gladwell, Official Australian War Artist, profondément marqué par cette expérience, a peint de très nombreux tableaux évoquant le PTSD.

Pour en savoir plus, cliquer ici
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