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WHENEVER AN ANGEL, La poésie sans fin

octobre 1, 2018

Il est dans la vie des moments tellement riches, tellement pleins, qu’on a juste le temps de les vivre, sans avoir le temps de les écrire… et pourtant, les écrire, c’est les savourer doublement. Heureusement, parfois, un rendez-vous s’annule, une plage d’attente se prolonge, ouvrant ainsi la porte au temps de l’écriture. Alors j’essaie d’embrasser les semaines écoulées, de les prendre dans mes bras, de re-garder tous les moments vécus qui ont laissé leur empreinte dans ma mémoire, dans mon corps, dans mes yeux, d’une semaine à l’autre.

Je revois le vernissage de Robert Montgomery et le retour de l’ange, WHENEVER YOU SEE THE SUN REFLECTED IN THE WINDOW OF A BUILDING IT IS AN ANGEL. Magnifique Robert Montgomery qui passe sa vie avec son appareil photographique en bandoulière, pour photographier tous les anges qui passent – et qui inspire mon amie Isabelle à en faire de même : deux anges dans le ciel de Paris. Comme l’écrivait Jean-Paul Gavard-Perret à propos de l’artiste : grâce à ces partages, Robert Montgomery poursuit « ses conversations inconscientes collectives ». Ses anges veillent sur nous. « L’art, ciment d’humanité. »

© Isabelle Viot-Coster

Je revois Beyrouth, ville à aucune autre pareille, ni occidentale ni orientale, ni chrétienne ni musulmane, ni riche ni pauvre, ou plutôt tout cela à la fois, occidentale, orientale, multi-religieuse, polyglotte, les épaules de ses montagnes baignant dans la Méditerranée, la ville et la vie se développant en couches, plurielles, cohabitant envers et contre tout, siècle après siècle. Beyrouth est l’un de ces lieux qui me donnent envie de vivre 150 ans, pour voir, ne serait-ce que voir, ce qu’elle va devenir… pour voir les enfants sourds danser, comme dans Sitt Marie Rose d’Etel Adnan, mais de joie pure.

Beyrouth avant l’aube, de ma chambre d’hôtel

« De chaque fenêtre de ce que nous appelons cette ville apparaît comme un immense jeu de cubes aux couleurs mangées par le soleil. Il faut se réveiller de très bon matin, vraiment au petit jour, pour que la lumière qui vient de derrière le Mont Sannine transfigure ce paysage… »

Je revois le Musée d’Histoire de la Médecine et tout le sadisme qu’il recèle, le sadisme joyeux et bénéfactant de la médecine et de la chirurgie. L’histoire du sang, de la transfusion, la beauté de ce rouge profond que l’on retrouve dans les vidéos des artistes montrées ce jeudi 27 septembre dans ce musée magique (pour en savoir plus, ici), comme le rouge sang profond des dahlias sur ma table de travail… « Je veux dire à jamais à jamais que la mer est belle, et bien plus, depuis que du sang lavé par la pluie avare s’ouvre dans cette mer des chemins rougeoyants, et ce n’est qu’en elle, dans son bleu immémorial, que celui des uns et des autres arrive enfin à se mêler » (Etel Adnan encore).

© Alix Delmas

Et Jodorowsky, Alejandro Jodorowsky et sa folie douce, ses couleurs intenses, sa joie profonde, ses découvertes de chaque instant de vie, La poésie sans fin. « La poésie qui m’accompagnera comme un papillon incandescent. Les poètes n’ont pas à se justifier, la poésie est un acte, elle est un geste, le geste de celui qui renonce à la peur. » Ainsi parle Jodorowsky : « Les années m’ont changé, à la fois physiquement et spirituellement. Mais l’enfant que je fus demeure en moi, lumineux et inaltéré, il scrute le monde à travers mes yeux moribonds d’adulte. L’art doit être de la joie créative… L’être humain est comme une boîte à bijoux, chacun contenant la merveilleuse éternité. Et l’âme est une fleur nocturne qui ne s’ouvre qu’une seule fois dans une vie. »

© Alejandro Jodorowsky qui, enfant, s’adresse ici à la poésie elle-même

Je revois tout cela et passe allégrement d’une semaine à l’autre : la semaine prochaine Perama, mon projet grec, ma vie parallèle qui court en même temps que tout le reste depuis presqu’un an et demi maintenant, et pour plusieurs années à venir. Vous voulez en savoir davantage ? Oh, ce sera avec plaisir… le site web SHARING PERAMA est pour bientôt !

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