Aller au contenu principal

Un principe de liberté la guide

décembre 13, 2018

Dans une époque dévorée par le nihilisme, l’écrivain Jean-Philippe Rossignol (Vie électrique, Juan Fortuna) croit en l’art comme expérience intérieure, et bon hors du rang des meurtiers.

Sa collaboration régulière avec la galerie suisse Analix lui offre aujourd’hui l’occasion de présenter trois artistes aux travaux très différents – les photographes Régis Figarol et Guillaume Varone, le vidéaste Raymundo -, mais pour qui la question du visage comme identité et métamorphose importe particulièrement.

Etant très attentif à la façon dont les écrivains cherchent à explorer d’autres espaces que celui du livre, j’ai souhaité interroger Jean-Philippe Rossignol sur ses choix de commissaire d’exposition et son rapport de nécessité à l’art, pensé comme possibilité d’émancipation et de franchissement des frontières.

Quelle est l’histoire de la galerie genevoise Analix, créée par Barbara Polla, avec laquelle vous collaborez régulièrement ?

Depuis vingt-sept ans que la galerie existe, un principe de liberté la guide. Une liberté préservée face au marché de l’art. Se tenir hors de l’institution, dans les interstices, est-ce possible aujourd’hui sans être marginalisé ? Apparemment oui. En proposant des œuvres singulières, à contre-courant. Le travail d’un artiste suit une expérience intérieure qui suppose d’être attentif au réel, comme dans les vidéos de Janet Biggs ou d’Ali Kazma.

La galerie Analix n’est-elle pas particulièrement attentive aux artistes émergents ?

C’est vrai, dès l’origine avec l’exposition Twenty fragile pieces en 1992. Des œuvres de Maurizio Cattelan, Dominique Gonzalez-Foerster ou encore Ugo Rondinone étaient présentées, bien avant leur renommée internationale. Découvrir des artistes, les suivre et les laisser partir quand ils le veulent. Un rapport de confiance et d’engagement.

Pourquoi appeler DEBUT une dernière exposition ?

Comme une forme de pari. La galerie déménage, quelque chose se créé ailleurs : je trouve cela propice à l’imagination. C’est le contraire de la nostalgie. Dans un temps d’apocalypse sans révélation, le nôtre, les ressources de l’art sont insoupçonnées. Ces ressources créent le mouvement, lié pour moi au commencement.

Aviez-vous carte blanche dans les choix des artistes que vous souhaitiez montrer ? Pourquoi le thème du visage s’est-il imposé à vous ?

Depuis sept ans que nous travaillons ensemble, Barbara Polla et moi dialoguons sur ce que nous voulons faire, avec qui et où. Je pense à la Nuit de la poésie que nous organisons. De 21h à 7h du matin, qui le souhaite vient lire un texte de son choix, dans la langue qu’il veut, devant un auditoire souvent composé d’anonymes, que nous soyons à Athènes, Bruxelles, Paris… C’est la continuité en 2018 de l’agora antique. Mais revenons à DEBUT.

Pour lire la suite de l’article, cliquer ici

Raymundo_Memorama_credit_photo_Claudia_Lederer
Memorama, Raymundo, crédit photo Claudia Lederer

Propos recueilis par Fabien Ribery

Exposition DEBUT, Régis Figarol, Raymundo, Guillaume Varone

Commissariat : Jean-Philippe Rossignol

Galerie Analix (Genève, Suisse), 27 novembre / 31 décembre 2018

Galerie Analix

Publicités
No comments yet

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.