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(Auto)portrait de l’artiste en jeune femme : tout reprendre à zéro

janvier 31, 2019

Rachel Labastie, « Des Forces », Editions Macula, Espaces Editeur Artgenève, 30 janvier – 2 février.

Barbara Polla insiste sur un aspect essentiel de l’oeuvre de Rachel Labastie : l’artiste « comme James Joyce se concentre sur son monde intérieur. Un monde intérieur riche d’expériences et de questionnements que l’on devine violents ». Et d’ajouter « elle ne nous révèle pas les « choses » qui lui sont « arrivées » mais nous parle de leur perception. » La créatrice les évoque en sculptant en ce qui élargit contextualisation et psyché. Si bien qu’il n’existe plus de frontière entre le monde réel et expérieur voire entre le monde conscient et inconscient (personnel et collectif).

Une telle traversée ramène aux temps primitifs. Avec différents matériaux et reliques vernaculaires Rachel Labastie crée un monde en perte d’orientation pour une raison majeure : il jouxte des abîmes. La puissance «machinique» est mise en branle pour piéger le regard à travers d’étranges cérémonies minimalistes. De la civilisation humaine et ses croyances il ne reste que des morceaux d’humains et des « ruines ». Mais tout demeure vivants. D’où l’enchantement des images. Le minéral reprend son importance dans la magnificence que l’artiste organise telle un princesse potentielle d’un hypothétique nouvel âge. Elle organise un matérialisme métaphysique selon une féerie en charpie et par un retour entre autres à l’argile, le verre ou le bronze.

L’œuvre est hypnotique et jouissive dans les fusions proposées. Les apparences se déforment sous la puissance d’une poésie première. Elle permet d’écraser ce que l’artiste intitule «l’Apparence des choses». Demeurent les vestiges propres à conserver une mémoire culturelle et une narration paradoxalement peu éloignée d’une récit autobiographie mais dégagé des inepties de l’autofiction. Surgissent une réflexion sur les liens familiaux et sociaux, un rêve d’unité et de fraternité à travers des archétypes et symboles d’un inconscient collectif que l’artiste transforme afin que nos comportements et notre civilisation subissent une même modification.

Jean-Paul Gavard-Perret

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