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Il est tous les quatre ans un 29 février

mars 3, 2020

Et il est un pari commun à la poésie et à l’utopie, le pari de donner sens en donnant forme à ce qui n’en avait pas. C’est ce qu’écrit l’inspirante rigoureuse critique poétique lyrique utopique remarquable Annie Le Brun dans Appel d’Air, réflexion sur la poésie, publié en 1988 et réédité par Verdier en 2012. Un livre dont les mots chantaient en moi ce 29 février, alors que j’allais chez l’artiste Laure Tixier, découvrir son atelier.

Si elle doit mener quelque part, la poésie n’a pas d’autre sens que de nous mener vers ces chemins de pluie, vers ce que nous ne savons pas voir : la scandaleuse innocence de ce qui est. La poésie sourd du désir de devenir autre, devenir ruisseau, matin, goutte de pluie elle sourd de l’écoute du vent, de la fenêtre d’une maison jaune ; elle est style – rue du stile – elle traverse les idées comme je traverse la ville ce matin rare, comme on traverse les pays, la poésie est nomade elle est à la lisière des indéracinales forêts de l’imaginaire, dans les sous bois et les sous voies dans les Jardins du Ruisseau de la rue Belliard.

Rue Belliard

Elle est là où « la terre roule sur les paumes de l’aube, dans le sens de l’éblouissement dans lequel l’enfance de l’homme apprend. Et depuis l’enfance nous savons bien que nous sommes ailleurs et sans cesse la poésie, celle qu’on vit et qui parfois s’écrit, nous le rappelle sur le bord d’un instant, à la crête d’une image, à l’orée d’un regard, sur le seuil d’un geste. »

« Je regarde cette femme amoureuse avec ses cascades de bracelets dans la forêt de ses gestes, avec son regard de train qui part pour mieux dénuder ses lèvres au milieu de la foule. Je la regarde marcher sur le temps qu’il fait comme les rivières vont à la mer. L’oubliera-t-elle demain il n’y a que la poésie pour lui donner de ses nouvelles. »

Le 29 février est la date anniversaire de Laure Tixier.
Cela arrive une fois tous les quatre ans.

ATELIER...

One Comment leave one →
  1. mars 3, 2020 08:12

    Bonjour.
    « Voici mon secret : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux », dit le Renard au Petit Prince.
    « L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
    « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
    « C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.
    « Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose.
    « Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir. »
    (Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, extrait)
    Si le visible parle aux sens et s’adresse en première ligne à l’être externe, l’invisible parle à l’âme et la pénètre.
    Cordialement.

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