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La pandémie sur L’Intervalle

avril 2, 2020

L’excellent Fabien Ribery a décidé d’ouvrir son blog à ses amis. Il écrit : « Pour y voir clair, pour ne pas être seuls à réfléchir, pour être ensemble, et pour ne surtout pas en rajouter dans les commentaires oiseux, j’ai proposé à quelques amis de choix d’intervenir dans L’Intervalle à propos de la pandémie virale que nous vivons actuellement, et des mesures exceptionnelles que nous supportons quant aux privations de nos libertés individuelles. Je publierai donc, au fur et à mesure de leur arrivée, peut-être, ces textes que j’imagine comme des contrepoisons, ou des clairières autorisant encore l’indemne. »

Honneur que de faire partie des amis de Ribery.

Alors, j’ai écrit, pour Fabien. Le corps confiné.

De combien de corps mon corps a-t-il besoin ? De combien d’espace ? Dans la bicoque où mon corps est confiné j’ai mille et un livres, mille et une nuits, mille et un cours d’eau, mille et une chansons je peux réfléchir à perte de nuit, penser à perte de sens, créer à perte de mots… mon corps a un matelas, une chaise, une table haute pour écrire debout, un tapis pour s’étendre, une baignoire pour flotter. Je n’ai pas peur d’être seule, j’ai toujours aimé être seule, avec mes rêves, être seule pour rêver sans que la réalité de l’autre ne déséquilibre l’esthétique fragile de mon monde intérieur, me regarder dans le miroir jusqu’à ce que je me plaise sans l’interférence du regard de l’autre. Mais je lis dans les livres de philosophie, de psychologie, de morale, que l’humain se réalise dans le contact avec l’Autre. Le monde entier entonne le couplet de l’autre. « Si je dois vivre une vie bonne, ce sera une vie bonne vécue avec les autres, une vie qui ne serait pas une vie sans ces autres. » Ainsi écrit même la grande Judith Butler. Ce doit être vrai alors… Et pourtant. Ô merveille que la solitude de ma baignoire. Je n’avais pas de jumeau, dans l’utérus de ma mère. Certes, j’aime l’autre, les autres, tous les autres, ceux là-bas, dans la ville, de l’autre côté de la ville, de l’autre côté de l’autoroute, dans leurs maisons, ils sont loin des yeux loin du cœur je les aime mais je préfère ne pas les voir ni les entendre ils disent toujours les mêmes choses ils disent tous la même chose ils répètent les mêmes mots… De quel espace mental mon corps a-t-il besoin ? Autrefois, il y a très longtemps, il y avait dans les villes, les villages, le long des routes, ce qu’on appelait des cafés. Des espaces partagés où je pouvais aller, et dans un coin du « café », voir sans regarder, entendre sans écouter, aimer sans engager. Le café, espace mental sans limite. Avec tous ces corps, à admirer, à sentir. Cette chaleur de corps. Ces voix de corps. Ces bruits de corps. Ces pensées, de corps. {…}

Pour lire l’article en entier, cliquez ici

Jhafis Quintero_Hommage à Papillon_2019

Jhafis Quintero, Hommage à Papillon, 2019

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