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Hommage à Ruwen Ogien, par Peggy Sastre

mai 16, 2017

Il avait été mon «coup de foudre» à l’heure où je commençais à faire couiner les planchers secs de la Sorbonne : si ce qu’on m’enseignait me donnait l’impression d’un musée en ruines, croulant sous des strates et des strates de poussière fossilisée, lire Ruwen Ogien m’offrait un marteau pour en abattre les dernières cloisons, les dernières idoles, et me désignait toutes les fenêtres qu’il restait encore à ouvrir. 

En août, Ruwen Ogien aurait été mon ami depuis dix ans. Cinq ans plus tôt, grâce à son Penser la pornographie, il m’ôtait l’envie d’arrêter mes études de philosophie que je voyais comme un marigot de connaissances aussi arrogantes que caduques, et où j’avais le sentiment de perdre mon temps et de manquer d’oxygène.

Ruwen Ogien est mort le 4 mai, vers 13h, d’un cancer du pancréas diagnostiqué au printemps 2013. S’il y a bien quelque chose qu’il m’a appris –ou, plutôt, qu’il m’a permis de développer–, c’est cela: croire que l’on peut philosopher face à la mort, qu’il serait possible de l’apprivoiser, d’acquérir une sagesse pour s’y résigner, l’accepter et docilement gravir toutes les gentilles petites «étapes du deuil», toutes ces histoires à dormir debout sur le «sens» que l’on peut trouver dans la maladie, la souffrance, l’agonie, la finitude et la déchéance qui nous mène tout droit dans le trou : eh bien, voyez-vous, c’est un magnifique tas de merde. Oh, bien sûr, Ruwen ne l’aurait pas dit comme ça. Parce qu’il était beaucoup plus poli que moi, et parce qu’il ne manquait pas une occasion d’exploiter la faculté pédagogique proprement extraordinaire dont il était doté. Dans la moindre miette de pensée, la plus insignifiante scorie de certitude, la graine de savoir la plus mal fagotée, il réussissait à faire germer des baobabs d’intelligence.

Pour lire l’article de Peggy Sastre en entier : cliquez ici.

 

J’ai eu quant à moi la chance de rencontrer Ruwen Ogien en 2011 et de passer une longue soirée avec lui, pour un entretien pour le magazine CRASH. Et de le lire, aussi, bien sûr… ah l’odeur des croissants chauds…

Ruwen Ogien, le philosophe médiatique malgré lui de la liberté d’offenser et de l’éthique minimale, prépare un livre sur les Indésirables. Au moment même d’un rendez-vous longuement négocié pour parler libertés, Ruwen Ogien me téléphone : « Je ne crois pas que nous pourrons faire cet entretien ». Mais pourquoi ? « Parce que je suis en sang : j’étais dans mes pensées philosophiques et je me suis fracassé dans la vitre d’un café. » En effet. Le visage ensanglanté, le corps fragile, livide, choqué. Je l’accompagne à l’hôpital. Bien sûr, il n’a pas de papiers. L’homme libre se déplace sans papiers. L’indésirable aussi. Aux urgences, le soir, l’homme blessé est rarement désirable. En attendant qu’il le devienne peut-être, nous parlons. De liberté certes, mais aussi de domination, de persécution, de poésie. De chiens qui aboient. De philosophie en un mot.

Pour lire l’entretien : cliquez ici.

They’re coming

mai 12, 2017

They‘re coming ? Qui ça ? Mes quatre filles. Elles me font penser à la célèbre photo de Helmut Newton. Souvent vous me demandez : comment vont-elles ? Je crois qu’elles se portent à merveille. Qu’en pensez-vous ?


Toutes les quatre ensemble, elles ont un projet. Pour en savoir plus, et qui sait — pour les aider et vous faire plaisir — c’est ici.

Ada développe la gamme de soins pour la peau Alchimie Forever aux Etats-Unis et ailleurs : en Suisse, en France, au Mexique, au Vietnam… Et elle écrit régulièrement sur Huffington Post et sur son blog!

 

« I wake up every morning to bring Alchimie Forever products to more men and women everywhere. I think about improving people’s skin as improving their quality of life. »
Cyrille porte le projet de création de leur concept-store de médecine esthétique. « Au menu: les 4 essentiels pour le visage. Un lieu de beauté et de légèreté, fun et glamour. Le bonheur de prendre soin de soi, sans tabou! » Et elle aime Léo…

Rachel est CEO de Forever Laser. Une CEO nouvelle génération pour sûr. Tout est géré avec coeur, intelligence et élégance et le soutien inconditionnel de ses soeurs et de sa fille Sasha.

Roxane termine ses études de médecine et opère déjà. Ma chair médecine… Ses soeurs l’attendent avec impatience ! Dans l’intervalle, elle collectionne et sert de modèle au photographe Guillaume Varone par ailleurs l’homme de sa vie.

What else ?

Barbara encore on n’en peut plus…

mai 10, 2017

Mais bon c’est en Belgique ! La très tendance Véronique Thyberghien se demande si je ne devrais pas écrire Hommes Hors Normes

 

Une femme hors normes. Brigitte Macron. Vive la France !

mai 8, 2017
J’aime ce pays depuis toujours, et je l’aime aujourd’hui plus encore. Un pays capable d’élire le plus jeune président de l’histoire des démocraties, et qui plus est un président dont l’histoire politique commence quasiment avec son élection, est un pays qui sait rêver et qui fait rêver…
Qui plus est, ce Président dont nous avons tout à découvrir vit avec une femme hors normes une histoire d’amour et de couple hors normes. « Le monde m’est nouveau chaque matin et je ne cesserai d’éclore que pour cesser de vivre » … Colette aurait-elle écrit cette phrase pour Brigitte ? 
 
J’espère que Brigitte lira mon livre. Le chapitre sur l’âge d’or, en particulier. Et j’ai déjà envie de lui dédier le prochain… Bon oui je sais, elle a deux trois autres choses à faire en ce moment… et pourquoi lire Femmes Hors Normes quand on en est une, resplendissante d’autonoRmie ? Ah, juste pour me faire plaisir…
 
Oui, vive la France !

 

Et Femmes Hors Normes à la librairie Mollat

 

Demain à l’Atelier AMI – art & partage – PORTRAITS

mai 5, 2017

Atelier AMI – art & partage – PORTRAITS – samedi 6 mai, vernissage (dès 17h) et récital

Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain vernissage de l’atelier AMI – art & partage, le samedi 6 mai, sur le thème du PORTRAIT. Apéritif dès 17h. Récital de piano à 18h30.

Atelier AMI – art & partage – 6 rue du Gothard à Chêne-Bourg
Au fond de la cour, 1er étage gauche, code à la demande

AMI était, entre autres, une portraitiste et dans cette exposition vous découvrirez des échos étonnants entre ses portraits dessinés, aquarellés ou peints, et ceux de photographes émergents ou confirmés qu’elle a connus et appréciés, ou qu’elle aurait aimé si elle avait eu le temps de les connaître: Régis FIGAROL (France), Dana HOEY (USA), Tuomo MANNINEN (Finlande), Danni ORCI (Angleterre), Marin RAGUZ (Suisse), Matt SAUNDERS (USA), Julien SERVE (France), Guillaume VARONE (Suisse), Ornela VORPSI (Albanie), Jeanine WOOLLARD (Angleterre), ainsi que d’un peintre, Alexandre d’HUY (France).

Julien Serve a réalisé, selon sa « manière », un portrait d’AMI, tout d’abord dessiné avec un nombre de traits équivalent au nombre de jours qu’elle a vécus (33752), puis photographié alors qu’il est encore en train de dessiner, se basant sur la projection d’un autoportrait d’AMI que l’on retrouvera également dans l’exposition. Le portrait d’AMI alors anime la main de l’artiste qui elle-même réanime son image : une chaîne de transmission parfaite, d’AMI à Julien Serve et à nous qui regardons. Un portrait de Jeanne d’Arc, réalisé de manière similaire par Julien Serve, est exposé en permanence au Château du Rivau, en France.

Tuomo Manninen, le premier artiste en résidence dans l’atelier AMI – art & partage grâce à une bourse de l’Association suisse des Amis de la Finlande, exposera certains de ses célèbres portraits de groupe qui, il y a quelques années déjà, avaient emporté l’adhésion immédiate d’Harald Szeemann et la participation de l’artiste au Plateau of Humankind à la 49ème Biennale de Venise en 2001.

Danni Orci a produit ses portraits spécifiquement pour cette exposition. « Que serait pour vous la liberté ? » a-t-elle demandé à ses modèles. « Je serais invisible et je bougerais très vite et lentement à la fois », répondit l’une d’entre elles. L’artiste a reproduit ces désirs. Le résultat est hanté : la liberté invisible. En écho, un autoportrait de l’artiste, dont le visage semble comme recouvert d’écorce, puissant, naturel, végétal, incarné. AMI a elle aussi pratiqué l’autoportrait et, comme la jeune artiste, préférait s’exprimer en images plutôt qu’en mots : la liberté de créer, la subtilité de l’image.

Régis Figarol, lui, présente des portraits de certains des artistes exposés à l’Atelier AMI – art & partage : Colin Cyvoct, Alexandre d’Huy, Dana Hoey, Julien Serve… La phrase du célèbre photographe américain Ansel Adams « Tu ne prends pas une photographie, tu la crées » s’applique particulièrement bien aux portraits réalisés par Régis Figarol.

Pour en savoir plus, cliquer ici.

La vie bien vivante de Belly le ventre

mai 4, 2017

Belly le Ventre est un livre terrible, un livre épouvantable, et un livre magnifique.

La noirceur de la vision du monde qu’il dépeint n’a d’égal que la noirceur de l’humour qui le traverse. La justesse et la drôlerie de l’allégorie politique et de la représentation de la démocratie (les Unitaires) et le dégoût qu’inspire à certains la volonté d’unité démocratique, jusqu’au massacre ; l’allégorie aussi transformant les castes en « organes », la hiérarchie puissante qui règne dans le monde de Belly le Ventre ainsi que la présence constante de la tentation dictatoriale font de ce roman une épopée inouïe et une prouesse littéraire.

Pour lire la suite, cliquer ici.

Lectures ce soir, avec Julien Serve.

Pour plus d’informations, cliquer ici.

Mon plus beau souvenir du Salon du Livre 2017

mai 3, 2017
Quel bonheur que ce Salon, les milliers d’enfants, de jeunes, qui viennent pour les livres… Un très beau débat avec Manon Schick aussi, une femme hors normes, qui vient d’écrire un bel hommage à d’autres femmes hors normes et combien courageuses… Merci Pascal Schouwey pour l’excellente médiation !, merci Isabelle Falconnier, merci le Salon du Livre !

Qui n’est plus vraiment celui de la presse, et la coupable – la presse donc – de se délecter de quelques 5000 visiteurs en moins – au lieu d’être bonne perdante et de féliciter le Salon que malgré son absence physique (celle de la presse) et l’absence de promotion (par la presse), le Salon du Livre ait accueilli près de 90.000 visiteurs pour cette saison 2017. La presse ne saurait (dé)faire le Livre…

Mon plus beau souvenir de ce Salon donc ? Sans aucun doute celui ci dessous. Lundi premier mai je reçois au courrier mon propre livre, Femmes Hors Normes – acheté au Salon par Olivier – avec cette lettre. Merci Olivier, quel beau cadeau – pour ta maman comme pour moi ! J’ai collé ta lettre dans mon agenda, elle m’accompagne désormais.

Le coeur en joie !