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VIDEO mon amour FOREVER : une fenêtre sur le monde

avril 9, 2020

Vous savez tous que la video est l’une des formes d’art que j’aime le plus.

Alors quelle joie quand Fatma Kilani me propose de jumeler VIDEO FOREVER avec le formidable festival de films et de vidéos qu’elle a organisé à Gabes et qui est devenu Gabes online vu les circonstances. Grâce à Fatma Kilani, grâce au Gabes Cinema Fen, s’ouvre pour moi, pour nous, une nouvelle fenêtre sur le monde

Merci Fatma Kilani ! Et retrouvez toutes les vidéos sur VIDEO FOREVER
 
Randa Maddah, Video still, Light Horizon, 2012 (légende) 
Gabes Cinéma Fen en ligne, mode d’emploi :

• Pour accéder à la page Art vidéo du festival, cliquer sur ce lien
• Créer un compte en cliquant sur Connexion (en haut à droite), simple, rapide et gratuit !
• Une fois sur la page d’accueil d’El Kazma, découvrez la vidéo présentation générale de Paul Ardenne, ainsi que les 12 vidéos faisant partie de la sélection El Kazma 2020
• N’hésitez pas à cliquer sur Bande Annonce pour découvrir la présentation que fait Paul Ardenne de chaque artiste/vidéo
• Les vidéos sont accessibles jusqu’au 11 avril 2020

Tous les détails des artistes et des films, c’est ici

SHARING PERAMA, partager l’espoir

avril 8, 2020

ART IS A FREEDOM. Je pense à Perama. À l’oeuvre d’art que nous y avons déjà installée, dans l’espace public, grâce à Robert Montgomery. À la deuxième partie de son oeuvre qui attend d’être installée, dès après la fin du confinement. THE BEGINNING OF HOPE. Cela nous semble plus urgent que jamais… Merci à tous ceux qui contribuent, en pleine crise, à faire en sorte que cette utopie devienne réalité. Merci en particulier, aujourd’hui même, à Saji Khoury et à Ada Polla, à Ronald Asmar et à Romain Jordan.
 
Perama
 
ART IS A FREEDOM et Robert Montgomery écrit : « Perama me semble un lieu de liberté, un lieu où tu vas et tu viens de la mer, un lieu construit à échelle humain. Je ressens aussi à Perama comme une mémoire ancestrale — les grues me rappellent celles du port de ma ville natale, Glasgow, et mon grand-père, un ouvrier du métal. La géographie de Perama, la manière dont la ville embrasse la montagne et la baie évoque les amphithéâtre grecs d’autrefois. »

Merci aussi à Point Contemporain, à Valérie Toubas et à Daniel Guionnet, qui sont eux aussi amoureux de Perama, et relaient aujourd’hui LE DÉBUT DE L’ESPOIR.

Et mon message d’aujourd’hui, en grec, pour vous :
 
Barbara Polla
 

Le cercle des poètes apparu.e.s

avril 3, 2020

Fondation Thalie
 
La nuit de l’Equinoxe, la Fondation Thalie devait accueillir ma 9ème Nuit de la Poésie. Coronavirus, confinement, la Nuit est remise à d’autres solstices. Mais qu’à cela ne tienne : Nathalie Guiot, poète elle aussi, décide qu’on n’allait pas se laisser dépoétiser pour si peu. Et depuis lors, tous les jeudis soir, elle organise, avec son équipe et le concours de Pascale Barret, des soirées poétiques sur Zoom. Nous lisons nos textes, ceux de poètes, d’écrivains que nous aimons, nous écoutons les autres, nous faisons connaissance, nous applaudissons, nous consolons celles et ceux qui sont malades, nous devenons un groupe. Rien de plus beau qu’un groupe de poètes. Nous sommes Le cercle des poètes apparu.e.s. J’avais écrit un « haiku » pour nous, avant même que nous n’existions, au printemps dernier…
 

Le cercle des poètes apparues
Le pic vers au bord de la rivière
Aube de printemps

 
Et non contente d’organiser ces soirées, Nathalie Guiot envisage de publier nos textes, plus tard. En attendant, le Pan poétique des Muses publie d’ores et déjà les textes qui m’ont été confiés par les poètes du cercle. Dont Nathalie Guiot elle-même, car La vie est comme le sable

L’Equinoxe c’est désormais tous les jeudis, ici.
Et à retrouver sur le Pan poétique des Muses.
 
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La pandémie sur L’Intervalle

avril 2, 2020

L’excellent Fabien Ribery a décidé d’ouvrir son blog à ses amis. Il écrit : « Pour y voir clair, pour ne pas être seuls à réfléchir, pour être ensemble, et pour ne surtout pas en rajouter dans les commentaires oiseux, j’ai proposé à quelques amis de choix d’intervenir dans L’Intervalle à propos de la pandémie virale que nous vivons actuellement, et des mesures exceptionnelles que nous supportons quant aux privations de nos libertés individuelles. Je publierai donc, au fur et à mesure de leur arrivée, peut-être, ces textes que j’imagine comme des contrepoisons, ou des clairières autorisant encore l’indemne. »

Honneur que de faire partie des amis de Ribery.

Alors, j’ai écrit, pour Fabien. Le corps confiné.

De combien de corps mon corps a-t-il besoin ? De combien d’espace ? Dans la bicoque où mon corps est confiné j’ai mille et un livres, mille et une nuits, mille et un cours d’eau, mille et une chansons je peux réfléchir à perte de nuit, penser à perte de sens, créer à perte de mots… mon corps a un matelas, une chaise, une table haute pour écrire debout, un tapis pour s’étendre, une baignoire pour flotter. Je n’ai pas peur d’être seule, j’ai toujours aimé être seule, avec mes rêves, être seule pour rêver sans que la réalité de l’autre ne déséquilibre l’esthétique fragile de mon monde intérieur, me regarder dans le miroir jusqu’à ce que je me plaise sans l’interférence du regard de l’autre. Mais je lis dans les livres de philosophie, de psychologie, de morale, que l’humain se réalise dans le contact avec l’Autre. Le monde entier entonne le couplet de l’autre. « Si je dois vivre une vie bonne, ce sera une vie bonne vécue avec les autres, une vie qui ne serait pas une vie sans ces autres. » Ainsi écrit même la grande Judith Butler. Ce doit être vrai alors… Et pourtant. Ô merveille que la solitude de ma baignoire. Je n’avais pas de jumeau, dans l’utérus de ma mère. Certes, j’aime l’autre, les autres, tous les autres, ceux là-bas, dans la ville, de l’autre côté de la ville, de l’autre côté de l’autoroute, dans leurs maisons, ils sont loin des yeux loin du cœur je les aime mais je préfère ne pas les voir ni les entendre ils disent toujours les mêmes choses ils disent tous la même chose ils répètent les mêmes mots… De quel espace mental mon corps a-t-il besoin ? Autrefois, il y a très longtemps, il y avait dans les villes, les villages, le long des routes, ce qu’on appelait des cafés. Des espaces partagés où je pouvais aller, et dans un coin du « café », voir sans regarder, entendre sans écouter, aimer sans engager. Le café, espace mental sans limite. Avec tous ces corps, à admirer, à sentir. Cette chaleur de corps. Ces voix de corps. Ces bruits de corps. Ces pensées, de corps. {…}

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Jhafis Quintero_Hommage à Papillon_2019

Jhafis Quintero, Hommage à Papillon, 2019

En tête des lectures de la Lettre des Femmes

avril 1, 2020

Michael John Dolan, rédacteur de Women Today / Sarasvati France, m’a fait l’honneur de m’inviter à écrire une Tribune pour la Lettre des Femmes, sur le Nouveau Féminisme, le thème de mon dernier livre chez Odile Jacob (Le Nouveau Féminismes, Combats et rêves de l’ère post-Weinstein, 2019). Double honneur : ma Tribune fut lue. Vive l’inclusion !

Le Nouveau Féminisme ?

 
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Le Nouveau Féminisme, c’est tous les féminismes

 
En 2018, dans le flux et le reflux du mouvement #Metoo, il nous a semblé important, à Odile Jacob – excellente éditrice de tant de femmes essayistes –, et à moi-même, de proposer un livre qui fasse le tour de la question. Notre titre de travail était Les Nouveaux Féminismes. Mais à la lecture du manuscrit, Odile Jacob s’exclame : « Mais non, Barbara, pas Les Nouveaux Féminismes : c’est Le Nouveau Féminisme, ce foisonnement qui contient, au tournant des années 2020, les mouvements féministes universaliste et différentialiste, intersectionnel et pro-sexe, pop, afro, éco et tous les autres. »

Chaque féminisme en effet se fonde sur un contexte, un vécu, une histoire et sur l’Histoire, sur des traditions et des réalités géo-socio-politiques, juridiques, économiques spécifiques, diversifiées et complexes, et aucun féminisme n’est à rejeter au titre qu’il serait radical, marginal, obsolète ou exagéré : le Nouveau Féminisme, c’est la cohabitation de tous les courants existants et à venir, dans un geste résolument inclusif. {…}

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Longtemps, la maladie n’a pas eu de nom

mars 27, 2020

Longtemps, la maladie n’a pas eu de nom. Au début, elle était confinée à Skid Row. On voyait parfois des boiteux, d’abord quelques-uns, puis de plus en plus nombreux. Mais aujourd’hui, elle s’étend de plus en plus, dans tout le sud de Los Angeles, elle est omniprésente dans les quartiers de Crompton et de Watts. La pacification des rues par l’isolement définitif a échoué. Tout le monde le sait, mais personne n’en parle. Elle gagne chaque jour du terrain, la perte de substance est presque immédiate. Les orteils d’abord, puis la plante du pied, le talon, l’astragale… les boiteux ne peuvent même plus marcher. Il semble bien que cet étrange syndrome n’atteigne pas les femmes. Il se propagerait par transmission sexuelle – de quelque sexe qu’il s’agisse – mais aussi par tout autre contact muqueux.

Sous la jetée de Santa Monica, qui sépare les deux côtés de la plage, entre Pacific Park et l’Ash Grove Night Club, entre les immenses pieux noirs et gluants qui soutiennent la jetée, des êtres inquiétants s’incrustent dans le sable, dans l’humidité à peine éclairée par quelques taches de lumière qui percent la jetée. Ils ont tous leurs pieds amputés. La maladie ne semble toucher que les hommes de couleur. Mais ce n’est pas certain. N’embrassez pas un homme qui boite, ne buvez pas dans son verre, ne cherchez pas à regarder derrière le rideau de chair. On raconte que la jetée de Santa Monica est devenu un laboratoire expérimental, comme Skid Row. On parle de la radioactivité, du tremblement de terre, de la comète, des hispaniques. Mais personne ne parle des animaux.

Et pourtant, certaines souris – ou peut-être des rats – transgéniques probablement – nous grignotent la plante des pieds lorsque nous n’y prêtons pas garde, ils sont sous nos lits, sous les tapis des hôtels, sous la terre, partout. Sur la plage, de l’autre côté. Mais on n’en parle pas. Il faudrait probablement les disséquer soigneusement, et rechercher le micro-organisme élusif qui semble causer la maladie – car au mieux de nos connaissances, les maladies transmissibles le sont par l’intermédiaire du vivant, par l’intermédiaire d’un autre vivant. Et d’ailleurs, souris et femmes, nous partageons le même organe voméronasal, subtil organe de l’olfaction, élicitant un éventail de comportements innés, stéréotypés, reproducteurs, sociaux… peut-être ce que je perçois, lorsque je marche au-dessus des bouches d’égout ?

Tous les jours désormais, les radios locales en appellent à de nouvelles vocations féminines. L’UCLA a d’ailleurs ouvert une nouvelle chaire, prétendument d’anatomie comparée et réparatrice des membres inférieurs, exclusivement réservée aux femmes. Et l’on peut lire parfois d’étranges annonces dans le Los Angeles Times, appelant en particulier les habitants hispaniques de Crompton et de Watts à remettre tout rongeur suspect aux autorités aéroportuaires qui sont désormais elles aussi exclusivement féminines. Et seules les femmes cherchent la cause et les traitements, en silence, jour et nuit, dans les cliniques discrètes, de plus en plus nombreuses, le long de Sepulveda Boulevard. Il ne faut pas prendre de risque. Et l’on raconte que dans certaines cliniques, les plafonds des salles de soins sont en verre, pour que les visiteurs proches puissent assister aux recherches. Eyes do more then see. On raconte aussi que pour arrêter la gangrène, il faut suspendre les malades de façon à ce que leurs membres inférieurs ne touchent rien, jamais… mais ce ne sont probablement que des choses que l’on raconte. Sous le manteau seulement, car publiquement, on n’en parle pas. Les satellites se taisent, les relais habituels sont muets, même la toile est imperméables aux informations, et l’Europe lointaine encore plongée dans l’obscurité et dans l’ignorance. Aucun vol n’a été annulé, les navires spatiaux et maritimes poursuivent leurs routes, les rongeurs dansent dans les cales et la bleure avance, tout doucement.

Extrait de Etreinte, Barbara Polla, Editions de l’Aire, 2003.

Confiné

Coronavirus and the path to social justice

mars 24, 2020
Washington

© Ada Polla, Washington DC, March 22nd, 2020

Will one day nature, to correct human injustices, invent a virus which, by some mechanism yet to be discovered, will spare the migrants and the homeless, those to whom one cannot say, except in the Land called Absurdia, “stay at home, in your house, to protect yourself and others”?

Will one day human misfortunes stop accumulating on those who are most in trouble – I am thinking of those, for example, who are currently experiencing the horrors of war, to which we sometimes compare our confinement?

I am self-confined, in ideal conditions though. My tyrannical daughters, forbid me to go out or see anybody and, for once, I obey. They leave food outside my door and let me work in peace. I see the blue sky through the window, there is very interesting research and work to do, on my desk, that only awaits my full availability, I am alone in an adequate space, I get on well with myself and nobody annoys me. I don’t really believe in the effectiveness of confinement measures but I apply them scrupulously. Switzerland being the country of common sense and realism, confinement is essentially based on civic responsibility. Of course it isn’t perfect, but the imperfection of individual responsibility is still better than the imperfections of authoritarianism and police combined.

The Swiss healthcare system is organized and ready for the worst: hospitals, caretakers, respirators, even the military and their equipment. My daughter, a surgeon in a cantonal hospital, confirms this to me. No one wants to experience the Italian decimation, nor to implement the painful selections of the French Grand East. The future will tell us if an efficient health system can prevent these extremes. Now, what will happen to the United States, especially for those who do not have social security coverage? How many of them are there, actually?

The coronavirus is no exception to the rule that argues that it is better to be young, beautiful, wealthy and healthy (and a woman, for once), than old, poor, isolated and sick. It only highlights the unstoppable reality: if we have some means, space, a solid psyche, we will easily resist. If there are five of us living in a poorly soundproof 40 m2 apartment with no natural space, with poor health, diabetes, and age over 70s, no savings nor support, then it gets more complicated. An understatement.

The fundamental questions that coronavirus addresses to us are not so much whether confinement is better than screening or vice versa, whether chloroquine is, or not, the miracle drug, or which government will best protect its economy, no, these are questions for experts, to which time will probably give us the best answers. The two fundamental questions posed to us by coronavirus are that of death, and that of inequality.

In France, in normal times (reference 2018), 12,000 people die per week. Not from coronavirus, no. They die from death. Because death is always there, a faithful companion of our lives. As a doctor, I have spent a lot of time with it: it is a constant co-presence to our life-saving efforts. Today, I am 69 years old, and there is not one day that I do not think of it and thank I don’t know whom for this life I love so much – just for being alive. I believe it would be healthy to think more about death, not only to rebel when it strikes one of ours, but to contemplate that each life, each day of life, each alive being, are wonders. A deeper awareness of the fragility of our human condition would help us I think and pave the way towards a better appreciation of the extreme vulnerability of all of us – though some more than others.

Indeed, while we are all going to die, in the meantime, the inequality with respect to the difficulties we have to face and the beauties of life we may enjoy is immense. And this is what again the coronavirus tells us, above any other message. Ah, it’s boring, isn’t it, to be confronted again by the coronavirus with the same reality as always. We may prefer to listen to the battles of experts, the inter- and intra-governmental criticisms, abundantly relayed by the media: they don’t concern us directly. We may prefer to dream about of the future: may be the coronavirus will change the world and introduce a humanist, eco-responsible and fair economy. The path to the realization of these kinds of dreams is however paved with a multitude of tiny stones named, among others: work, concentration, modesty, discipline, creativity, realism, responsibility – and love.