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Ouvre tes yeux sur l’absurde

juillet 30, 2014

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Marie-Elisabeth de La Fresnaye à propos de Charles Ray : la trilogie sexe-jouet-machine et Tout à Fait Homme

juillet 29, 2014

L’homme ce grand enfant aime jouer, comme nous le rappelle l’écrivain et galeriste Barbara Polla dans son dernier livre (Tout à fait Homme, éditions Odile Jacob), et crée des jouets, puis des machines à l’image de leur sexe : "homme ludens". C’est exactement ce que traduit l’oeuvre "The New Beetle" (qui précède d’ailleurs Tractor). Un petit garçon nu assis mime le geste de déplacer sur le sol une voiture VW New Beetle (la coccinelle littéralement). Totalement perdu dans son jeu il fait abstraction du reste, à commencer par le spectateur qui, même s’il se penche et se met à son niveau, ne croisera pas son regard, comme c’est souvent le cas.

Pour lire l’article original en entier, cliquez ici

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Recherche “protectrice” ? Médecine sexiste !

juillet 24, 2014

La médecine est sexiste, titre le Parisien. Mediscoop se délecte. La grande presse réalise enfin que sauf cibles exclusivement féminines (ovaires, ménopause, grossesse), le sexe féminin est sous-représenté dans les études de laboratoire comme dans les études cliniques. Et qu’il en résulte des inconvénients pour les femmes, qui se retrouvent avec des médicaments moins bien adaptés, moins bien étudiés et moins efficaces que les hommes. Inconvénients qu’il y a lieu de corriger au plus vite !

En réalité, ce type d’inconvénients sont connus depuis longtemps, mais volontairement dissimulés par certains doctrinaires qui préfèrent systématiquement la protection de la femme plutôt que son autonomie, et qui refusent de regarder certaines réalités jusqu’à ce que les effets secondaires d’une telle attitude se révèlenet enfin au grand jour.

Dans Tout à fait Femme, j’abordais déjà cette question :

Sournoise protection

Combien de fois n’aurons-nous pas entendu, ces dernières décennies, que « Les femmes doivent être protégées. » Un sentiment, une assertion, pleine de bonnes intentions, qui nous rassure, nous réconforte. Mais la protection – même si elle est parfois essentielle, inévitable, à certains moments du chemin entre la barbarie de la lapidation et la liberté dont nous bénéficions désormais – est peut-être aujourd’hui la plus sournoise des barrières contre l’autonomie.

Et pourtant, dans cet Occident libre, malgré l’Histoire qui nous a précédées et libérées, nous sommes encore loin d’oser affirmer notre autonomie avec l’indispensable constance dont elle a pourtant besoin. La société ne nous pousse guère dans ce sens, ni le GPS (le Grand Plan Social). Tous deux préfèrent, en général, nous savoir protégées plutôt qu’autonomes : les femmes protégées semblent plus « convenables », plus faciles à gérer socialement parlant. La protection comporte moins de risques que l’autonomie. L’autonomie suppose constamment le changement ; la protection stabilise. C’est ainsi que les lois de protection pullulent, dans l’Hexagone comme ailleurs, le plus souvent inefficaces d’ailleurs.

Car la protection n’est bonne que pour celles – et ceux – qui en ont besoin. Pour les autres, elle pèse lourd, très lourd, et se paie très cher dès qu’il est possible de s’en passer. Personnellement, j’estime que le plus souvent, nous pouvons désormais, ici et maintenant, nous passer de protection. Alors n’hésitons pas un instant de plus à refuser systématiquement toute proposition, toute position de protection : cette position-là n’est pour nous que repli.

Deux exemples parmi les mille autres des dangers très réels de la dite protection réglementaire ou légale, et de sa perversité potentielle.

Le premier exemple, réglementaire, paradigmatique s’il en est : la protection des femmes contre les possibles effets secondaires de la recherche médicale. Sous prétexte de protéger les femmes, les femmes enceintes en particulier, contre les risques potentiels de médicaments à l’étude, nous n’avons le plus souvent que très peu de données, voire dans certains cas aucune donnée sur les effets de certains médicaments sur les femmes. La volonté de protection contre les risques de la recherche met finalement à risque les femmes qui devront un jour bénéficier de traitements qui n’auront été expérimentés que sur des hommes. Les données obtenues chez les uns sont-elles concluantes pour les autres ? Rien n’est moins sûr.

Les études récentes reprises entre autres par Science et Vie et par le Parisien prouvent désormais le contraire.

Alors, autonomie – ou protection ? Dans notre situation actuelle de femmes occidentales, l’autonomie est bien souvent la meilleure des protections.

 

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Pensées d’Australie

juillet 22, 2014

Sydney est à l’autre bout du monde. C’est l’hiver, il fait nuit noire à 17h, les vagues de l’océan grondent, en furie, admirables. Shaun Gladwell, l’artiste pour qui je suis ici, m’a amenée à Bondi, et c’est en regardant les vagues que nous parlons de son expérience en tant qu’ “Australia’s Official War Artist” en Afghanistan et au Moyen Orient. Je suis ici, notamment, pour comprendre son travail d’ “Artiste de Guerre”- un sujet brûlant s’il en est.

L’art – un remède quand le sentiment d’absurdité, d’impuissance et de révolte est trop grand, comme en ce moment quand je pense à la guerre, quand je lis les nouvelles qui m’arrivent à chaque instant, comme à vous ? Non, pas un remède, je ne crois pas, mais une manière de considérer les choses sous un autre angle. Quand je ne sais pas comment m’y prendre, pour intégrer la réalité et mes rêves du monde, j’ai besoin de cet autre angle. Lire, notamment, m’aide à retrouver la voie de la réflexion sur le chemin de la révolte.

Lire Victor Hugo. L’homme-Océan. Victor Hugo qui s’est opposé à la peine de mort au prix de et pendant son exil ; Victor Hugo qui affirme que “L’inviolabilité de la vie humaine est le droit des droits". Victor Hugo encore qui écrit que “Les peuples ne doivent jamais désespérer. Aucune société n’est irrémédiable, aucun moyen âge n’est définitif.” Et qui s’exprime ainsi, en septembre 1869, à Lausanne, au Congrès de la Paix :

“La première des servitudes, c’est la frontière. Qui dit frontière, dit ligature. Coupez la ligature, effacez la frontière, ôtez le douanier, ôtez le soldat, en d’autres termes, soyez libres ; la paix suit. Paix désormais profonde. Paix faite une fois pour toutes. Paix inviolable.
État normal du travail, de l’échange, de l’offre et de la demande, de la production et de la consommation, du vaste effort en commun, de l’attraction des industries, du va-et-vient des idées, du flux et reflux humain.

Donc, allons au but, que j’ai appelé quelque part la résorption du soldat dans le citoyen. Le jour où cette reprise de possession aura eu lieu, le jour où le peuple n’aura plus hors de lui l’homme de guerre, ce frère ennemi, le peuple se retrouvera un, entier, aimant, et la civilisation se nommera Harmonie, et aura en elle, pour créer, d’un côté la richesse et de l’autre la lumière, cette force, le Travail, et cette âme, la Paix.”

 

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Barbara en Australie, conférence sur Shaun Gladwell

juillet 21, 2014

Thank you Gene Sherman ! Pour plus d’information, cliquez ici.

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La Suisse existe

juillet 16, 2014

Elle existe, en Suisse et dans le monde. 
Les femmes suisses existent, en littérature, dans l’humanitaire, ailleurs.
Et entre autres, au Château de Penthes à Genève, où il faut aller voir, en ce moment, l’exposition du photographe suisse Peter Knapp.
Et à lire : Suissesse dans la monde, de Maria Sibylla Merian à Elisabeth Decrey-Warner. Par Bénédict de Tscharner et Laurence Deonna.

Pour en savoir plus, cliquez ici

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Jean-Philippe Rossignol reçoit la bourse Cioran

juillet 14, 2014

Lundi dernier, le 7 juillet au Centre national du livre à Paris, Jean-Philippe Rossignol a reçu la bourse Cioran 2014pour son projet d’essai sur l’écrivain italien Elio Vittorini.

Remettre Vittorini en lumière, le faire connaître et aimer en France, le suivre à la trace, le retrouver en Sicile où Jean-Philippe Rossignol s’est d’ores et déjà rendu à plusieurs reprises dernièrement, converser avec l’auteur de Conversation en Sicile, savourer sa langue et nous la faire goûter… Ce sera, peut-être, une ballade entre hommes, entre écrivains – ce sera, certainement, un bonheur de lire et de découvrir ce qui sera probablement le troisième livre de Jean-Philippe Rossignol, après Vie électrique (à propos duquel Matthieu Gosztola a comparé Jean-Philippe Rossignol à Anaïs Nin) et un deuxième roman dont nous saurons bientôt le titre…

Jean-Philippe Rossignol et Elio Vittorini : Uomini. Je pense à Uomini e no, le livre de Vittorini qui nous rappelle qu’il y a, en l’homme, l’humain et son absence, l’humain et son contraire. Les hommes et les autres est à la fois un roman engagé et un texte expérimental et poétique, qui pose la question de l’humaine inhumanité mais aussi et surtout celle, incertaine, de l’engagement littéraire.

Celui de Jean-Philippe Rossignol est sans faille, dans la vie de tous les jours et des nuits aussi. J’ai la chance de le connaître – et je suis impatiente, de découvrir “son” Elio Vittorini et de vous le faire connaître, aussi…

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