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Rachel Labastie, une ardente monographie

novembre 16, 2018

Une monographie si ardente qu’elle en est presqu’épuisée chez l’éditeur (La Muette)— du jamais vu… — peut-être parce qu’elle contient, entre autres, entre les oeuvres de l’artiste, quelques textes, dont un « autoportrait » que j’écrivis avec joie, inspirée par Joyce…


(AUTO)PORTRAIT DE L’ARTISTE EN JEUNE FEMME

Dans son Portrait de l’artiste en jeune homme, James Joyce narre le processus de maturation d’un jeune homme qui n’est autre que lui-même, se concentrant sur la réalité psychique du monde intérieur de celui qu’il nomme Dedalus. La plupart des artistes d’aujourd’hui ont une approche inverse : ils nous montrent de manière critique la réalité du monde qui nous entoure, ce monde que nous avons largement contribué à modeler, et ils cherchent, par leurs œuvres, à amender ce monde, à le compléter, à le transformer, à nous le faire rêver autre.

Rachel Labastie, elle, se distingue par son approche « Joycienne » : comme James Joyce, elle se concentre sur son monde intérieur. Un monde intérieur riche d’expériences et de questionnements que l’on devine violents, même si l’autoportrait de Labastie ne relève pas de la narration : elle ne nous révèle pas les « choses » qui lui sont « arrivées » mais nous parle de leur perception. De l’apparence des choses (titre d’une série d’œuvres qu’elle organise en chapitres) pourrait bien être le titre de son autoportrait. Un autoportrait qui, tel un « livre » aux multiples chapitres, procède par groupes de « choses ». Des choses que Labastie évoque en les sculptant, mêlant dans son travail diégèse et mimesis. Comme Joyce encore, partant du monde intérieur, l’artiste rejoint celui extérieur, un monde plus vaste, plus violent encore, riche d’une infinité de possibles. Labastie ne nous parle donc pas des choses qui lui sont arrivées, mais de celles qui sont arrivées jusqu’à elle, traversant le passé depuis la nuit des temps, depuis les débuts de l’humanité, depuis la découverte du feu et des foyers, créés en cours de route.

… L’œuvre de Rachel Labastie, artiste de l’irrépressible violence, de l’échouement, de l’emprisonnement physique et mental, in fine ? Un voyage, une tentative de voyage, vers la liberté. Une transformation. Comme toute œuvre d’art. Transformer cette violence, cet échouement, cet emprisonnement qui l’habitent, en formes de beauté. En utilisant les choses – les tessons séculaires, les outils, les mots, le chant des Yeniches nomades, la roue, le corps et la terre – et en allant au-delà de leur apparence, Rachel Labastie incarne les replis profonds de son monde intérieur, jusqu’à contraindre la matière de prendre les formes par elle désirées tout en jouissant intensément des résistances productives que la matière, justement, lui oppose. À l’orée de la maturité créative, Labastie embrasse l’exil, le voyage, le retour, la mémoire, l’attachement, la perte et l’appel à reprendre la route. Et nous offre ses Réceptacles (2018), sa dernière création, peut être la plus mystérieuse. Des sortes de troncs en céramique, mais tordus, volontairement déformés, vivants de ce fait même et qui contiennent, comme un trésor oublié, un joyau, une poignée de verre brisé, la rosée du matin, quelques gouttes de pluie, la poésie d’une nature évanescente mais qui nous revient, entre les mains de la sculptrice, comme une offrande.

Barbara Polla

Pour lire l’ensemble du texte, cliquer ici

Célébrer le 12 novembre, célébrer la paix

novembre 12, 2018

©Alex Bamford

En Grande Bretagne, on ne célèbre pas seulement la fin de la Grande Guerre. On célèbre la paix. Et pour célébrer la paix, 100 ans après, le premier jour de la paix retrouvée en Europe — une paix ô combien fragile, mais ne l’est-elle pas toujours… — la Grande Bretagne a sollicité l’artiste écossais Robert MONTGOMERY, le célèbre poète post-situationniste pacifiste, à concevoir et réaliser un poème pour la paix, qui circulera à travers le pays, sur un camion à échasses, de Londres à Bradford, de Dewsbury à Stoke-on-Trent, de Nottingham à Peterborough…

Cette oeuvre lumineuse n’est que le début de ce qui sera réellement un travail de « sculpture sociale », car dans les cités que traversera le poème de Montgomery, des Jeunes Producteurs (Young Producers) vont créer leur propre oeuvre de paix et entamer ainsi une archive nationale des Héros de la Paix.
Pour plus d’information sur ce magnifique projet soutenu par l’Arts Council England et le UK Heritage Lottery Fund ainsi que le Musée pour la Paix de Bradford, cliquer ici et ici.

Robert Montgomery, en parallèle, travaille également sur mon projet SHARING PERAMA, un projet modeste et ambitieux d’ancrage social, de partage et de construction d’un futur plus beau.

Les utopies sont à l’oeuvre.

©Alex Bamford

La vidéo, un art de résistance, aussi

novembre 5, 2018

Filmer, c’est comme manger.
On le fait tous les jours mais c’est différent à chaque fois.
C’est avant tout une nécessité.
Une stratégie politique de visibilité et une stratégie de survie.
Raymundo, 2018

La vidéo est un art complet.

Enrique Ramirez, vidéaste chilien, souvent cité, parle ainsi de la vidéo : « J’ai découvert quelque chose avec la vidéo qui n’existe nulle part ailleurs – je peux travailler avec le son, l’écriture, l’image et l’édition tout à la fois, en mélangeant la fiction avec le documentaire. »

La vidéo est un tout. Elle est un environnement, aussi. Un environnement dans lequel on entre, en immersion, que ce soit dans l’écran ou dans une exposition. Cet environnement, cet art à la fois complet et léger est aussi un nouveau mode d’expression de la philosophie, un nouveau langage. Dans Qui je suis (1980, The Pasolini Estate, édition originale en italien ; Arléa 2015), Pier Paolo Pasolini explique : « Pourquoi suis-je passé de la littérature au cinéma ? … Parce que le cinéma n’est pas seulement une expérience linguistique, mais est, justement en tant que recherche linguistique, une recherche philosophique. » Il en va de même pour la vidéo, qui est devenu un médium idéal lorsqu’il s’agit de rendre visibles des questions politiques, des identités singulières, des réalités oubliées, des passés ignorés. Certains artistes comme Krista Geneviève proposent même la vidéo comme instrument stratégique de résistance aux hégémonies. Car elle permet de produire son propre discours, elle permet de s’attaquer à, et d’intégrer dans le champ de l’art, des sujets jusqu’alors tenus à distance des pratiques artistiques dominantes.

L’écrivain, poète et vidéaste français Frank Smith, qui revisite en 2018 les cinétracts inventés en 1968 par Chris Marker, Jean-Luc Godard, Alain Resnais et d’autres en fait des « vidéotracts » qui témoignent des réalités des années 2010, politiques, écologiques, sociologiques et poétiques. La possibilité de produire son propre discours de manière indépendante, sans grande équipe de tournage, en maintenant un contrôle considérable sur le contenu et la forme, est ainsi l’un des attraits particuliers de la vidéo, dès le milieu des années 60 et jusqu’à ce jour. Aujourd’hui, la vidéo est souvent, comme dans les cinétracts de Frank Smith, un moyen de « corriger » la vision univoque de la réalité que nous offre ce que l’on appelle « les médias », un détournement organique et fructueux. Frank Smith résiste. La poésie résiste. La poésie est mouvement et, dans les vidéos de Frank Smith, tout à la fois elle crée et s’inscrit dans le mouvement et s’oppose au flux ininterrompu de la pensée corrompue. La poésie résiste par son rythme contraire et la vidéo d’art par ses images signifiantes qui intègrent même le non-sens.

La vidéo est un art pluriel.

Présentée sur tablette, sur moniteur, projetée, en intérieur ou en « vidéo-street art » comme le fait depuis des années Analix Forever à Genève, sur un écran ou en installation multi-écrans, ou encore en réalité virtuelle, l’art vidéo est pluriel dans sa forme, il est un environnement capable de s’adapter aux multiples environnements dans lesquels il es susceptibles d’être invité. L’art vidéo peut être aussi bien un art d’autodidactes, D.I.Y. (do-it-yourself, « fais-le toi-même ») qu’un art minutieusement élaboré, travaillé, codifié, mais toujours singulier : les vidéos d’un Ali Kazma par exemple (Turquie, Biennale de Venise 2013) sont fondamentalement différentes dans leur production et leur « facture » de celles d’une Janet Biggs (USA, Guggenheim Award 2018) ou d’un Shaun Gladwell (Australie, Biennale de Venise 2009). Shaun Galdwell se met en scène lui même, ou des danseurs, des surfers, des performeurs et travaille désormais essentiellement en réalité virtuelle ; Janet Biggs filme dans les régions les plus extrêmes du monde, de l’Arctique aux mines de souffre d’Indonésie ; Ali Kazma travaille, seul, à une « encyclopédie filmique » des activités humaines. L’emprunt, le sampling, les superpositions, la répétition, sont constamment utilisées, notamment par Mounir Fatmi, qui fait écran de tout, de nos ambiguïtés, de nos peurs et nos désirs, de nos solitudes et de nos rêves, de nos mondes et de nos mots.

« Tous les mots du monde ne peuvent parler de solitude
Je veux des mots qui accueillent l’étranger dans son pays d’exil
Je veux des mots qui ressemblent à des mains qui tremblent
Tous les fragments du monde ne formeront pas un seul mot
Si seulement les rêves étaient sous titrés… »

Les vidéos de Mounir Fatmi, d’une certaine manière, sont ce « sous-titrage », cette révélation de ses rêves que l’artiste appelle de ses vœux. La vidéo est aussi un art onirique.

Images mouvantes : engloutissement et émergence.

Les images des vidéos d’art s’inscrivent dans le flux des images qui nous submergent de toutes part, la vidéo d’art, dans ses formes plurielles, possède cette particularité de résister au flux, d’arrêter notre regard, de requérir notre temps. Le temps de voir, de nous immerger plutôt que de nous laisser submerger, de vivre avec l’image en mouvement. La vidéo d’art nous guide vers le futur, vers la réalité virtuelle, vers des mouvances architecturales que nous n’imaginons pas encore, vers des espaces inexplorés. Et alors que l’image mouvante de communication et de publicité tend à nous submerger, la vidéo d’art émerge. Elle émerge du flux à contre-courant. Elle arrête le flux la où elle émerge, laissant couler le reste. Elle est le reflux, le contre-flux créatif de l’image mouvante. Elle flirte constamment avec la réalité virtuelle – la créatrice Tabita Rezaire, elle aussi, avec sa critique constante du post-colonialisme digital, résiste.

© Tabita Rezaire

Andreas Angeldakis, un art-chitecte dont les principales créations sont virtuelles, finaliste du Prix Nam June Paik 2018 (une sorte de Nobel de la vidéo d’art), crée des mondes où les bâtiments eux-mêmes résistent à l’architecture destructive – et se meuvent, retournent dans les campagnes, ou deviennent villes eux-mêmes.

© Andreas Angelidakis

La vidéo d’art pose avec constance et acuité la question de la valeur de l’image – et don de la « qualité » de la vidéo. Les images peuvent être « pauvres » et de grande valeur, quand elles complexifient le monde plutôt que de chercher à la simplifier, quand elles « donnent à penser » ; elles peuvent être hypersophistiquées et termes techniques mais n’apporter rien d’autre au monde que des images qu’il contient déjà. La vidéo d’art, échappe à l’« universel reportage ». Janet Biggs, que l’on pourrait pourtant qualifier de « grand reporter » au vu de ses voyages dans toutes les extrémités du monde, ne produit jamais de « reportage », mais croise des images dans une perspective humaniste – et féministe – visant à nous faire voir l’humain dans sa complexité, sa singularité et son universalité. Et, comme elle le dit elle-même : « parce qu’elle je suis une femme, une américaine blanche de classe moyenne supérieure, et vu où je vais dans le monde, chaque fois que je pointe ma caméra et que je me mets à filmer, c’est un acte politique. »

En savoir plus sur art-critique, ici

Barbara Polla est médecin, galeriste, commissaire d’exposition et écrivain. Elle s’intéresse aux images mouvantes depuis les années 1990, et montre alors les installations vidéo de Mat Collishaw et les premières vidéos de Pipilotti Rist, Vanessa Beecroft, Annika Larsson. Dans les années 2000 elle crée à Genève « Les Nuits des 1001 Vidéos », puis en 2011 VIDEO FOREVER, en collaboration avec Paul Ardenne.

Novembre intemporel

novembre 1, 2018

Le premier novembre est le jour des âmes. Celle de ma mère est dans cette aquarelle qu’elle a peinte et datée du 8 novembre 2009, et à laquelle, une fois n’est pas coutume, elle a donné un titre : HERBST, ZEITLOSEN — Zeitlosen, ce sont les colchiques, mais cela signifie aussi intemporel… L’été indien s’étiole doucement, le soleil hésite sous la pluie, les âmes tremblent et je pense, comme vous tous aujourd’hui, à ceux qui ne sont plus, mais qui sont encore, quelque part, dans une aquarelle, un poème, un souffle, un souvenir, une oeuvre, et qui reviennent, comme le printemps après novembre.

Novembre, Victor Hugo

Quand Novembre de brume inonde le ciel bleu,
Que le bois tourbillonne et qu’il neige des feuilles,
Ô ma muse ! en mon âme alors tu te recueilles,
Comme un enfant transi qui s’approche du feu.

Le feu de novembre, pour moi, ce soir, ce seront 50 feux : ceux de 50 vidéos de mounir fatmi, présentées selon mon rêve sur 50 écrans vidéos, grâce à Barth Johnson. Une oeuvre impressionnante.

Magique : les corps de Vincent Lacoste, la sensualité de Céline Cadaureille

octobre 16, 2018

Vendredi 12 octobre, je vais pour la première fois à la Générale, lieu magique dans le 11ème arrondissement, pour rejoindre l’artiste Céline Cadaureille qui y expose deux sculptures, dans le cadre de la 7ème édition de ZOA festival de danse contemporaine. Ce 12 octobre, magique découverte, c’est Vincent Lacoste, le magicien du Relais qui propose une exposition « de corps tourmentés » : des corps mis à l’écart, séparés des mouvements de la société et du monde. L’Homme au Coin.

Il y a trois fois le mot « magique » dans le paragraphe précédent ? C’est normal… Vincent Lacoste est un magicien. Et Céline Cadaureille une sensuelle sculptrice. Clare-Mary Puyfoulhoux écrit : « Donner forme. Tordre à l’extrême. Aller jusqu’au bout, avant que ça ne s’effondre. Il faudrait, pour appréhender le travail, penser à l’arc qui se tend ou à la chair qui s’affaisse. Il faudrait aussi sentir sous la pulpe de ses doigts l’humidité de la terre, la douceur des plumes et le froid de l’acier. Acceptons ce corps édredon et ces masques qui hurlent… » Dans l’exposition éphémère, deux sculptures en dialogue, Le ventre mou (2016) et En cage (2017), étaient éclairées comme peuvent l’être les corps des danseurs, des sculptures prises sur le vif, suspendues dans leur mouvement. Si vous n’étiez pas là vendredi et que vous en rêvez… je vous accompagne volontiers dans l’atelier de Céline à Saint Etienne.

Quant à moi, je rêve désormais d’aller au Relais. Le Relais ? Mais c’est quoi ? Un lieu de création… Le spectacle vivant a besoin de lieux de création. Les compagnies accèdent peu à des outils de travail qui soient autres que des lieux de diffusion ou des lieux de location… au service des artistes… Le Relais se situe dans cet intermédiaire, en développant des résidences, c’est-à-dire des séjours de moyenne durée (deux semaines en général), pendant lesquels les artistes sont assurés de pouvoir réaliser un travail de qualité en profitant de la tranquillité d’un environnement rural… et des habitants… La curiosité des habitants aidant, des ouvertures au public sont organisées, dans un esprit de convivialité, de façon à partager les fruits du travail des artistes. Pensé comme un espace de répétition propice à la création, le Relais s’est vite ouvert à l’environnement humain dans lequel il se situe … ouvert à la jeunesse et aux autres publics… des résidences continuent à se développer en danse contemporaine, théâtre, musique, vidéo. Diverses actions auprès des foyers, des collèges, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, sont proposées, sous forme de stages, ateliers ou week-ends. Tout cela dans un esprit d’ouverture et de responsabilité partagée. Mais c’est où ? Facile : 1355 Route de la Voie Romaine, 76590 Le Catelier.

Magique je vous dis.

Fabrice Melquiot, Cafard Motel et France Culture

octobre 12, 2018

Dans le cadre de mon exposition « LA PRISON EXPOSÉE, Champ-Dollon à Penthes, nous avons la joie d’accueillir Cafard Motel de Fabrice Melquiot. Une oeuvre inspirée de la prison.

MANIFESTE
Nous voulons défendre
Un théâtre de création
Qui mette au cœur 

Des poètes et des comédiens

Des danseurs, des circassiens

Des musiciens, des plasticiens

Des metteurs en scène, des chorégraphes
Des collectifs d’animation et d’invention
Parce qu’un théâtre d’aujourd’hui est

Un théâtre ouvert à tous les arts

Un lieu d’alliance
Alliance, ici, entre art et prison.

Fabrice Melquiot est l’un de ces hommes, rares, qui conjugue au présent parfait (oui, ce temps-là existe parfois) une formidable et passionnante production littéraire et théâtrale et une attention constante aux autres, une attention qui rend la vie autour de lui plus riche, plus belle, plus créative. Il y a dix ans déjà, en 2008, il reçoit le prix du jeune Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre. France Culture présente en ce mois d’octobre un Cycle Fabrice Melquiot en trois épisodes : dimanche 14 octobre, 21 octobre et 28 octobre de 21h à 23h. Genève a la grande chance de le voir diriger le Théâtre Am Stram Gram, car Fabrice Melquiot sait aussi parler aux enfants :
Ce que le théâtre dit à l’enfant :
– Tu n’es pas seul.
– Parfois, tu te sens seul, mais tu n’es pas seul.
– Tu n’es pas simple.
– Le monde non plus n’est pas simple.
– Il est complexe.
– Tu es complexe.
– C’est une chance, saisis-la.
– Evidemment, tu rencontreras parfois des problèmes.
– Tu en as déjà rencontré.
– Tu as une boîte à trésors, que tu remplis chaque jour soigneusement, et dans cette boîte, parmi les trésors, on trouve aussi des problèmes.
– Tout le monde a des problèmes.
– C’est comme ça, c’est la vie.

Pour lire la totalité de ce beau message, cliquer ici

Pour réserver sa place au CAFARD MOTEL : david@penthes.ch ou barbara.s.polla@gmail.com

La vidéo, un art de résistance

octobre 5, 2018