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Art et Paix : une Forêt d’oliviers

février 3, 2016

LE SENS DE LA PEINE est une exposition consacrée aux liens entre art et prison, la prison étant comprise ici dans un sens large qui déborde des murs de pierre et de béton pour inclure les murs de chair de nos corps et ceux invisibles que recèlent nos cerveaux. On trouve ainsi dans l’exposition des œuvres qui représentent des architectures et des emprisonnements, mais on y trouve aussi des tentatives d’évasion et des prises de liberté. Le Cercle de la Vie côtoie une Interrogation room, des Menottes de pieds nous dirigent vers le Bâtiment C de la Maison d’arrêt des Hauts de Seine, les vidéos de Jhafis Quintero, Ten Years in Jail, se terminent par une Métamorphose.

L’une de ces œuvres nous parle, au-delà de prison ou de liberté, de la paix. Et cela, même si l’artiste qui l’a réalisée est né et vit dans un camp, cette forme tentaculaire de prison moderne conçue, en principe, comme lieu de transition mais qui n’en devient pas moins, dans la réalité, très souvent définitive. Cette œuvre, c’est la Forêt d’oliviers d’Abdul Rahman Katanani.  Un oxymoron entre les troncs d’olivier, symbole de paix, et le fil de fer barbelé qui, dans la lumière, semble une pluie d’étoiles. C’est avec une grande émotion que j’ai vu hier cette œuvre désormais terminée, illuminée dans la vitrine qui donne sur la place Nelson Mandela. Je me suis souvenue, quand j’ai découvert pour la première fois un arbre d’Abdul Rahman Katanani, à Beyrouth, dans la galerie de Saleh Barakat, où m’avait conduite mon amie Zaza Jabre. Huit mois plus tard, grâce à Zaza, à Saleh, à la Ville de Nanterre, mais surtout à ce grand artiste qu’est Abdul Rahman Katanani, notre rêve d’une Forêt d’oliviers est réalité.

Hier soir, une enfant s’est arrêtée longuement, devant la vitrine, à regarder.

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De quoi rêvait-elle en regardant la Forêt d’oliviers ?

 

Vernissage de l’exposition le Sens de la Peine, Vendredi 5 février de 18h à 21h

@La Terrasse : espace d’art de Nanterre. Face au 4 boulevard de Pesaro – 92000 Nanterre

 

JOYEUX ANNIVERSAIRE SANDRINE

février 2, 2016
L’exposition LE SENS DE LA PEINE est presque prête. Le montage en est une expérience d’exception notamment grâce à Sandrine Moreau, dont c’est l’anniversaire aujourd’hui. Vernissage vendredi. Joyeux anniversaire Sandrine, et merci à toi et à ton équipe pour cette collaboration magnifique et pour le très bel accueil offert aux artistes.  Merci à la Ville de Nanterre pour son soutien et à toutes les institutions, y compris la Maison d’arrêt des Hauts de Seine qui a ouvert ses portes à Nicolas Daubanes. L’artiste a ainsi pu, d’une certaine manière, intégrer les murs de la prison dans le mur même de la salle d’exposition. Comme l’écrit Martin Page dans L’apiculture selon Samuel Beckett : L’art est lui aussi un crime, mais un crime contre la réalité.

Je suis tombée amoureuse de Nanterre, de l’esplanade de la Terrasse avec d’un côté l’Arche de la Défense, si grande qu’elle semble à portée de main, et de l’autre, en contrebas, la Maison d’arrêt des Hauts de Seine. De ce lieu à la fois dur et utopique, structuré et à la dérive, selon les quartiers. Mais le sens de l’utopie est là, au passé comme au présent, et s’il est un sens à la peine, ici à Nanterre c’est celui de l’utopie réaliste. Un oxymoron.Pour ton anniversaire, Sandrine, Maro Michalakakos est arrivée ce matin d’Athènes, avec son Hélène de velours pourpre dans ses bras. L’échafaudage est là pour l’accueillir, demain le Hélène remplacera dans le puits de lumière nous laissant sidérés par la « Violente beauté »  qui souvent emprisonne les femmes et leur image. Pour ton anniversaire, Sandrine, vive notre liberté de femmes d’ici et d’aujourd’hui.

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Et aussi, chère Sandrine, une chanson de Booba. Je rêve qu’il te la chante bientôt en personne, à Nanterre. LE SENS DE LA PEINE, pour lui qui connut bien la Maison d’arrêt des Hauts de Seine, ce fut d’en sortir en chantant.

MOVE ON !

février 1, 2016

Rencontre avec Barbara Polla venue présenter Shaun Gladwell et mounir fatmi deux artistes de sa galerie Analix Forever (Genève) à la Fabric de la Fondation Salomon à l’occasion des seize jours d’exposition, d’événements , de performances que l’association imagespassages consacrait à la Fabrique de l’homme moderne.

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©Shaun Gladwell

Barbara Polla, vous écrivez, entre autres sur l’homme, la femme, l’art, le travail, le voyage, vous êtes médecin, vous avez fait de la politique…vous êtes hyperactive, vous avez plusieurs vies ?
Je suis très curieuse. Toutes les choses que j’ai eu la chance de pouvoir faire m’ont passionnée. La première, la médecine dans le cadre académique, puis je suis devenue directeur de recherche à l’Inserm, d’abord parce que j’aime beaucoup la France et la culture française. Même si je suis résidente en Suisse, j’ai un pied-à-terre à Paris. Pendant toute une première partie de ma vie j’ai travaillé à Paris parce qu’en Suisse nous n’avons pas l’équivalent de cette merveilleuse institution qu’est l’Inserm. Quand je suis arrivée, je ne connaissais personne ; j’ai présenté mon projet et j’ai été nommée directeur de recherche, ce qui a encore augmenté mon amour pour la France. Mais mon moteur est ma curiosité. Elle n’est jamais assouvie. On ne finit jamais quelque chose, ce n’est pas possible. Chaque fois que j’ai eu l’impression d’avoir fait le tour de mes possibilités dans un domaine, eh bien, ça a été un peu comme de tourner une page dans un livre. Quoique… je dis que j’ai été chercheur, mais je reste médecin, il y a quelque chose dans l’âme qui demeure. J’ai été élue pendant douze ans, aujourd’hui je dirais que je fais de la politique avec l’art. Je m’occupe beaucoup du thème art et prison. Ma prochaine exposition est à Nanterre, de début février jusqu’à fin mai, à La Terrasse, l’espace d’art de Nanterre. Son titre est « Le sens de la peine ». Mon engagement est pour la liberté et je trouve que l’instrument artistique fonctionne mieux entre mes mains que l’instrument politique.

Lire l’interview de Move-On Magazine, ici.

Art & Prison, suite à Nanterre, Cité de l’utopie

janvier 27, 2016

Capture d’écran 2016-01-27 à 15.55.39Pour en savoir plus sur l’exposition : cliquez ici et ici

For the english version, click here and to learn more about the show: click here & here

UNCANNY ENERGY

janvier 25, 2016
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©Dana Hoey

Uncanny. Etrange, troublant. Unheimlich. Hors cadre.

« Uncanny Energy » : l’énergie créatrice. Une énergie inattendue, qui se manifeste de manière insolite, là où on ne l’attend pas, tel un territoire que l’on découvre en cours d’exploration, alors qu’il existe depuis toujours.

L’énergie qui nous intéresse plus particulièrement est l’énergie créative des femmes. Une énergie qui, lorsqu’elle se manifeste en dehors des espaces stéréotypés où elle reste souvent confinée, comprend cet élément d’inattendu. Une énergie créative et créatrice, qui se révèle telle une nécessité incontournable et qui, en se révélant, nous interpelle par ce qu’elle nous montre et nous dit du monde et par son existence même.

Cette énergie « électrique », dynamique, esthétique, est, selon Freud, comme toute énergie, avant tout un équivalent ou une expression des pulsions sexuelles. « Uncanny Energy » contient certes cette énergie là, mais la déborde et la dépasse. Elle est ancrée dans le corps, transcende les genres et leurs stéréotypes, révèle une puissance érotique « beyond gender ». Ce qui nous intéresse dans cette énergie créative est davantage son résultat, sa manifestation artistique que son origine. Voir ce qu’elle génère plus que de comprendre d’où elle vient : du sexe, du corps, du cosmos. « Uncanny Energy » : c’est quand le processus même de la création devient indispensable. Parce que créer, c’est « s’injecter une dose de vie » (Sara Conti).

Un nouveau blog dédié est on line : uncannyenergy.wordpress.com

Hommage à Leila Alaoui

janvier 19, 2016

Leila Alaoui est morte hier soir.

Son travail vit pour elle, témoin de beauté, d’engagement, de respect.

Que le soleil qu’elle était continue d’illuminer le monde.

Nos larmes se joignent à celles de sa famille et de qui partageait sa vie.

Leila Alaoui blessée à Ouagadougou. Incroyablement courageuse.

janvier 18, 2016

Leila Alaoui, photographe talentueuse tôt repérée par Jean-Luc Monterosso, le directeur de la Maison Européenne de la Photographie à Paris, personnalité solaire et téméraire, franco-marocaine humaniste engagée envers ceux qu’elle rencontre, qu’elle écoute, photographie et filme, a été sollicitée par Amnesty International pour aller photographier des femmes au Burkina Faso. Elle est partie sans hésiter. Le premier cliché qu’elle m’a envoyé est rayonnant, comme l’artiste elle-même.

En février, Leila Alaoui sera en résidence à Genève, au CAIRN à Meyrin, pour s’imprégner du vécu de femmes migrantes dans la Cité de Calvin, puis à la Biennale de Marrakech, puis à nouveau à Genève pour le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH) dont elle fait l’affiche. Puis à Beauvais, dans le Festival de Photographie des Photaumnales, intitulé cette année “Love Stories”.

Leila nous avons besoin de toi, d’artistes et de femmes comme toi. Toi qui nous montres le monde tel qu’il est, ses splendeurs et ses misères, de Paris à Ouagadougou, du Maroc au Liban, le monde d’ici, le monde d’ailleurs.

Nous t’attendons tous, avec impatience, nous t’aimons Leila !

Capture d’écran 2016-01-18 à 15.09.25© Leila Alaoui

Pour en savoir plus sur ce qui s’est passé : lire ici

Pour en savoir plus sur le travail de Leila, lire les récents articles dans L’Œil de la Photographie, ici et ici.

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