Aller au contenu principal

Barbara dans le Financial Times ?

février 13, 2020

Mes amis étonnés m’écrivent… « Chère Barbara, vous êtes dans le Financial Times maintenant!? »
oui mais rassurez-vous, j’y suis comme poète !
Poète, comme Greta Bellamacina, Tomorrow’s Woman, Robert Montgomery et New River Press : merci à elle, merci à eux

Pour lire l’article, cliquez ici

unnamed-14

Quand parle le modèle : voir son propre corps à travers l’oeil de l’artiste

février 5, 2020

Guillaume Varone est photographe. Il photographie le corps d’une femme. Une seule femme. Roxane, ma fille. Et elle écrit…

« Les premières années les photos illustraient surtout un jeu de séduction entre nous. Je me sentais alors désirée, désirante et puissante. On devrait tous se faire prendre en photo nu afin de réaliser le pouvoir de notre corps. Au fil du temps, tout comme la pratique de Guillaume, les photos ont évolué. Maintenant, Guillaume et moi travaillons ensemble, car ses photos sont devenues un travail artistique. Aujourd’hui, elles montrent le corps de la femme, sans jugement, tel qu’il est, plein d’amour, dépersonnalisé et en même temps si intime.

De voir mon corps nu de cette façon me permet de l’appréhender différemment. Je ne le juge plus (ou en tout cas moins) selon les standards de la mode ou sociétal mais plutôt selon sa beauté artistique. Du coup, je le trouve magnifique, car à travers l’œil d’un artiste, tout corps humain l’est, qu’il soit grand, petit, enrobé, maigre, masculin, féminin, tendu, mou, jeune, vieux…

Les galeries devraient montrer beaucoup plus de nus de femmes et d’hommes de tout âge et de tout horizon pour nous donner une image du corps autre que celle des magazines et ainsi nous montrer que, quel qu’il soit, le corps est beau et sujet de désir. C’est dans cette optique-là que Guillaume va prochainement exposer aux côtés de Maïa Mazaurette, dans une exposition intitulée « Elle & Lui », à ANALIX FOREVER. Elle, elle dessine des corps d’hommes ; lui, il photographie le corps de la femme.

Rendez-vous pour le vernissage le 11 février 2020 au 10 rue du Gothard, 1225 Chêne-Bourg, Suisse. »

The Polla Sisters – Regarder son corps à travers l’oeil d’un artiste

unnamed-11
© Guillaume Varone, Untitled, 2020

À propos de féminisme, la Banque Piguet-Galland s’amuse !

février 4, 2020

La Banque Piguet-Galland accueillait dimanche, pour son brunch annuel du dimanche de clôture de Art Genève, le tout Genève de l’art. Nous avons pu bénéficier de plusieurs visites passionnantes des collections, d’échanges riches, d’un credo aux valeurs de la feuille de chêne — mais surtout, d’une visite guidée de la salle des coffres, conduite par Olivier Calloud lui-même.

Imaginez être accueilli.e.s par une Geisha ( photographie d’Anoush Abrar), dans une atmosphère rougeoyante et fuchsia, parfumée de « secret » — la signature olfactive de la Banque pour sa salle des coffres. Et convié.e.s de petits boudoirs, où les femmes peuvent s’installer, pour se remettre du rouge à lèvres (ce que je fis) et s’admirer dans des miroirs de Philippe Cramer avant de remettre les bijoux au coffre.

Drôle, élégant, respectueux, raffiné… si j’avais des bijoux, j’irais les mettre au coffre sans attendre !!

Vous reprendrez bien un peu de (nouveau) féminisme ?

février 3, 2020

Le Pan poétique des Muses ré-ouvre ses colonnes au féminisme, et publie, entre autres, ce texte de Barbara : La poésie, une arme sans blessure, une arme du combat féministe. Oui, la poésie est une arme puissante : une arme qui donne – jamais une arme de domination. Elle a été, elle est, elle pourrait être, une arme de combat pour les femmes, une arme du combat des femmes pour exister, une arme aussi féminine que masculine, une arme sans blessures, une possibilité d’un futur féministe, d’un féminisme futur. Ingeborg Bachman écrit, dans une de ses Leçons de Frankfort : « Nous aurions le mot, nous aurions le langage, nous n’aurions pas besoin d’armes. » Nous n’aurions pas besoin d’armes… J’aimerais dire : Nous n’aurons plus besoin d’armes : nous avons la poésie.

La poésie est une résistance qui n’a pas à se dire résistante. Elle parle, au-delà des mots mêmes, au-delà des frontières et des langues. « Ainsi s’effondrent en poésie les frontières entre les nations, et les éléments d’une langue s’entr’appellent avec ceux d’une autre par-dessus la tête de l’espace et du temps, une fraternité s’affirme en toute liberté dans le patrimoine de chacune d’elles et unit tous les idiomes… » écrit le grand poète Mandelstam.

L’art d’écrire constitue aussi une arme et la parole une action. Une action, une arme, « poélitique ». Les femmes, ces grandes liseuses, ces écrivaines souvent secrètes, pourraient dès aujourd’hui jouer un rôle prépondérant dans la création d’un demain non policé, non prostitué, où prédominent la curiosité et la désobéissance et donc la création, et dans lequel la violence est tout entière vécue de manière créative et non destructive, au-delà des langues, des barrières et des frontières. Car les conflits cèdent à la jouissance, à la poésie et à la joie.

La jouissance et la poésie sont toutes deux des activités strictement autotéliques. Elles ne servent à rien d’autre qu’à elles-mêmes. Elles ne confèrent aucune gloire. Elles ne conduisent à aucun gain, aucune dépense, elles sont hors du temps et le temps cède à la jouissance comme il cède à la poésie. Elles sont fraîchement créées à chaque instant de notre vie. Elles sont hors du champ du capitalisme. Elles résistent. Elles sont féministes.

Texte à retrouver dans sa forme originale dans
Le Nouveau Féminisme, Combats et rêves de l’ère post-Weinstein
(Odile Jacob, mai 2019)

Kata Oltai, interviewée pour et citée dans le livre, féministe hongroise active, commissaire d’exposition, poète aussi ?

Kata Holtai

Et pour lire Le Pan poétique des Muses :
http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/combat

Eva Magyarosi : admirer en frissonnant de peur la beauté du monde

janvier 31, 2020

J’ai eu l’honneur, hier, d’ouvrir l’exposition d’Eva Magyarosi à l’Institut Hongrois : « Beau comme la rencontre fortuite du réel et du conte de fées ». Il est usuel, dans une présentation d’artiste, de mentionner ses références. Dans le cas d’Eva Magyarosi, la première référence qui m’a semblé et toujours me semble une évidence, à la fois quant à la forme – l’animation – et quand au fond — la poésie parfois amère — est l’oeuvre de Youri Norstein et en particulier son film multi-primé, Le Hérisson dans le Brouillard.
C’est l’histoire d’un petit hérisson et de son ami l’ourson qui ont pour habitude de se réunir chaque soir, de boire du thé avec de la confiture de framboises et de compter les étoiles. Mais un soir, le hérisson, passant à travers bois pour rejoindre son ami, se perd dans le brouillard. Il se trouve plongé dans un monde étrange, un monde de ténèbres bruissant de silence et de murmures. En cours de route, le hérisson tombe dans la rivière, il a peur … (la peur, ce grand présent dans l’œuvre d’Eva Magyarosi) : « La rivière n’a qu’à m’emporter », se dit-il. Et le courant l’emporte doucement. « Je suis tout trempé. Je vais bientôt me noyer » … mais soudain, quelqu’un effleure sa patte arrière.

– Excusez-moi…, demande quelqu’un silencieusement. Qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
– Je suis le petit hérisson, Je suis tombé dans la rivière.
– Alors asseyez-vous sur mon dos, propose silencieusement quelqu’un. Je vais vous porter sur la rive.
Le petit hérisson s’assied sur un dos glissant et étroit et se retrouve sur la rive en un instant.
– Merci ! dit-il à haute voix.
– De rien ! répondit silencieusement quelqu’un que le petit hérisson n’aperçut même pas, et qui s’évanouit dans l’onde.

– Te voilà enfin ! dit l’ourson quand le hérisson arriva ce soir là. Mais où étais-tu passé ?
– J’étais absent bien longtemps, répondit le petit hérisson.
– Quand on disparaît, il faut d’abord prévenir ses amis !
Et ils comptèrent les étoiles, en buvant du thé avec de la confiture de framboises.

Pourquoi parler du hérisson et de confiture de framboises ? Parce qu’Eva Magyarosi, comme Youri Norstein, si elle est une plasticienne accomplie, est avant tout une conteuse. L’œuvre d’Eva Magyarosi est une œuvre narrative. Et l’artiste fait partie de ceux qui, comme Youri Norstein, admirent en frissonnant de peur la beauté du monde.

L’universelle présence de la mort
Dans le monde surréaliste comme dans le « vrai monde » d’Eva Magyarosi, la peur de la mort est présente à chaque instant. L’artiste est mère de trois enfants, bientôt de quatre, et elle sait intimement que donner la vie, c’est aussi, d’une certaine manière, donner la mort. Et la mort – oh discrètement, sans lamento, sans passion morbide – mais oui la mort est là, constamment, avec les étoiles, comme dans le conte de Youri Norstein.

Ainsi, dans ses Dessins invisibles, l’artiste dit…

« Le dernier morceau de la saucisse à laquelle tu as dit amen, je le garde dans le congélateur. Ce morceau que tu as apporté quand tu es venu la dernière fois. Je ne savais pas que ce serait la dernière fois, père. Je ne sais pas quoi faire avec ce morceau de saucisse, vraiment, je ne sais pas.
Père, tu es à ma fenêtre.
Tu es à ma porte, ma porte brûlée.
Dans les verres en haut de l’armoire.
Dans le stylo que tu tenais dans ta main et avec lequel tu faisais des erreurs dans les mots croisés.
Tu es dans la musique.
Dans ton peignoir, dans la poche de ton peignoir, dans tous les sms vides que tu envoyais, dans ce paquet de cigarettes froissé.
Tu me manques, Père.
Partout. »

Et soudain il nous manque, à nous aussi. Et si le monde d’Eva Magyarosi est un monde profondément privé et intime il atteint, par la magie de l’artiste, l’universel.
Eva Magyarosi, dans ses oeuvres, convoque le monde entier et nous tous.

event_magyarosi-eva-beau-comme-la-rencontre-fortuite-du-reel-et-du-conte-des-fees_755_886487

EM 2020
© Eva Magyarosi, 2020

La plus belle, c’est elle, et je l’ai croisée ce matin en traversant la Seine

janvier 22, 2020

2020_22_01_MOI_LA_GRUE

Les grues, une histoire d’amour, par Fabien Ribery

janvier 21, 2020

Fabien Ribery écrit dans l’intervalle : « Moi, la grue est le titre du siècle, un hymne au long bec des engins de chantier, aux grutiers, ces travailleurs du ciel amoureux des seins de leur déesse. […] Dans un petit livre de format carré, tel un ring de boxe, un cube de béton ou une chambre des voluptés conçue comme un théorème parfait, Barbara Polla et le plasticien Julien Serve ont imaginé sous la forme d’un dialogue accompagné de dessins au crayon gris ce que serait une femme-machine devenue oiseau de chantier. »

Pour lire l’article entièrement : cliquez ici