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Les artistes et ma vie, je suis Rachel Labastie

avril 10, 2021

Chères et chers, qui me suivez et me lisez ici, vous avez remarqué, cette série commencée par hasard prend beaucoup de place dans ma vie. Les artistes sont mes camarades de chemin, mes inspirations, mes ami.e.s. En parallèle j’écris, avec un artiste, L’Art est une fête, qui sera publié par Ivan Slatkine à la fin de l’été, une histoire, des histoires, de trente ans de vie avec les artistes. Toute ma vie, en fait, avec les artistes : je suis née d’une artiste et j’ai grandi dans le jardin pendant que ma mère peignait, à l’ombre de sa palette et dans ses autoportraits dans lesquels elle m’incluait. Là où elle est, elle sait qu’en vivant avec les artistes, je continue de vivre avec elle.

Cette semaine, JE SUIS Rachel Labastie, artiste de la matière, sensualité et poésie. La matière est poésie pour Rachel Labastie. La matière se transforme, en porcelaine, en camées, en céramique. Venez voir « Matriochkas ». L’exposition est juste en dessous de l’ancien atelier de peinture de AMI — AMI, ma mère.

Printemps fragile, printemps irrévocable

mars 28, 2021

Et les rois de Robert Montgomery fertilisent nos jardins, et les jonquilles et les jacinthes…
Analix Forever, une galerie d’art avec jardin.
Avec poissons, chats, oiseaux et renard.
Et oeuvres d’art.
Ouverte le dimanche sauf exceptions.
Une galerie d’art avec piano, tous les jours sauf exceptions.
Avec café, bulles et chocolat. Sans exception !

La poésie n’est pas une solution

mars 27, 2021

Alors je suis Frank Smith. Mais qui est Frank Smith ? 

Selon Julien Serve, « Frank Smith est un poète-mécanicien, un chirurgien du langage. Il démonte méthodiquement les représentations du monde, les dissèque pour mieux les reconstruire. L’écart poétique produit nous oblige à voir et nous permet enfin de saisir le monde. Frank Smith nous dévoile le monde. »

JE SUIS moi et les autres

mars 23, 2021

Robert Montgomery is a poet, a painter, a sculptor, a dreamer, a worker, a pacifist, a lover, a father, and an ecologist. He also edits poetry, together with Greta Bellamacina. A dream team. New River Press’ latest publication is POETRY AGAINST HOMELESSNESS and I AM Robert Montgomery.

MATRIOCHKAS

mars 15, 2021

Comme toujours, les artistes, les femmes, l’art m’inspirent. La liberté, et la contrainte, du travail artistique. MATRIOCHKAS, cette exposition est magnifique. Deux femmes, Rachel Labastie et Laure Tixier, se rencontrent et échangent, leurs pensées, leurs oeuvres, entre elles, avec nous, avec vous. Venez voir.

Et lisez Women Today, La Lettre des femmes — ma tribune du 14 mars.

Matriochkas… Poupées russes ? Pas seulement. Ma vision est aussi celle de toutes les femmes que nous portons en nous, chacune de nous, les femmes de notre passé, nos aïeules, leurs vies, leurs enfermements, qui nous enferment à notre tour, dans tout ce qu’elles ont vécu avant nous. Et paradoxalement, ce sont aussi tous les possibles en nous, toutes nos identités, tout ce que nous pouvons devenir. Vues ainsi, les Matriochkas sont un oxymoron, entre emprisonnement et possibles.

Mais trop souvent, les chaînes que nous nous imposons, que nous faisons peser sur nos épaules et celles des autres, de celles, de ceux qui nous entourent, de près ou de loin, sur nos poignets, nos chevilles, nos enfants, sont infinies. L’inventivité humaine semble sans limite quand il s’agit d’enfermements. Car c’est bien nous qui inventons, dessinons, construisons les prisons et toutes les structures d’enfermement physique, toutes les structures d’enfermement mental, enfermements d’âme et de cœur. Nous sommes toutes et tous des premières, des premiers de classe en enfermement – et quand nous ne le sommes pas, le plus souvent nous regardons et nous laissons faire. Trop d’énergie dépensée à fermer, limiter, protéger. Pas assez d’énergie investie à faire, à créer, à partir. Comparons un instant le soin maniaque que nous mettons à emprisonner – en prison cette fois ci : toutes les étapes d’une entrée en enfermement, toutes les précautions prises, tous les déshabillages, les désindividualisations, les assignements – oui, comparons-les à l’ouverture, à la sortie de prison. On ouvre la porte et ciao. Et la porte de la prison se referme derrière nous, en grinçant. Partir, c’est toujours vers le vide, vers l’inconnu. Personne ne nous attend. Pas d’accueil en liberté. Comme l’écrit Yannick Haenel dans son magnifique ouvrage intitulé Le Procès (janvier 2015) (avec François Boucq, publication janvier 2021) : « La liberté fait mal, mais elle est le seul bonheur. » Le bonheur tel qu’on peut le concevoir : un chemin, une discipline. Et oui, cela fait mal. Cela fait mal de partir. Cela fait peur. C’est dangereux – et souvent mortel. Mais c’est le seul chemin, à défaut du seul bonheur.

© Rachel Labastie

Nous hésitons. Nous entendons en nous la voix lointaine de l’une de nos Matriochkas, parmi d’autres, qui nous souffle à l’oreille : « Reste, reste au chaud et confortable dans ta prison, elle est bien tout de même, tu as ce qu’il te faut, tu n’as pas l’amour certes mais ce n’est pas grave, tu ne vis pas comme tu veux, tu ne fais pas ce que tu voudrais faire, mais tu es à l’abri. » Nos responsabilités de femmes libres, ici et aujourd’hui, ou à tout le moins presqu’aussi libres que libre peut être, sont énormes. Il s’agit de montrer aux millions de femmes dont les entraves sont plus lourdes que les nôtres que si la liberté fait mal, elle seule nous dessine des lendemains désirables. La responsabilité d’être libres ? C’est aussi faire en sorte que toutes les femmes, tous les hommes, tous les autres autour de nous et loin de nous puissent à tout le moins penser la liberté. Sans oublier combien il est difficile de trouver un équilibre entre sécurité, protection et liberté.

Car pour vivre la liberté – pour ne pas considérer que le seul chemin possible est le retour en prison – il faut d’abord penser la liberté. C’est la raison pour laquelle, ces dix dernières années, je consacre tant de mes expositions à l’enfermement, du confinement que nous vivons jusqu’à la prison ferme. Pour penser la liberté, il faut considérer l’enfermement. Les artistes le savent mieux que quiconque, eux qui sont considérés comme des êtres par nature plus libres que les autres, alors que si souvent ils choisissent l’enfermement de la création. Un autre oxymoron… Souligné par les artistes de Matriochkas : Laure Tixier et Rachel Labastie, françaises toutes deux, toutes deux inspirées par des « matriochkas » historiques, les femmes « reléguées » en Guyane au siècle dernier, oubliées, disparues dans des fosses communes ; Jean Genet à Mettray ; la colonie pénitentiaire pour jeunes garçons de Belle-Île-en-Mer. Toutes deux s’étonnent de vivre avec bonheur certains moments de vie reclus qu’elles s’imposent – et qui représentent en même temps l’espace de liberté dont elles ont besoin pour créer. Pour créer de lourdes et fragiles entraves en porcelaine, pour Rachel Labastie ; pour créer un délicat herbier en aquarelle rappelant les fleurs de Mettray et les plantes de Belle-Île-en-Mer, pour Laure Tixier.

Toujours revenir à Simone de Beauvoir. « Les femmes se forgent à elles-mêmes les chaines dont les hommes ne souhaitent pas les charger. » Certains hommes à tous le moins. Certains seulement, car si nous avons nos Matriochkas, ils ont leurs Patriochkas, des entraves différentes, mais aussi lourdes à porter que les nôtres. Retour à l’oxymoron. Nos Matriochkas sont aussi nos possibles. Nos noues rêvées. Celles qui nous disent : « Pars ! » Car il se peut, écrivait Jean Genet, « il se peut qu’on s’évade en passant par le toit. » Par le haut.

© Laure Tixier

Ces quelques fleurs…

mars 8, 2021

J’aimerais une Journée des Femmes qui soit une célébration, un armistice, pleine de reconnaissance des libertés acquises, consciente des responsabilités et des devoirs qui sont les nôtres, de reprendre le flambeau dès le lendemain, pour toutes les femmes du monde, pour que plus jamais aucune Amanda Gorman ne soit importunée par un « agent de sécurité » mais protégée si nécessaire, pour que nos filles grandissent en liberté, aux côtés de garçons puis d’hommes libérés eux aussi de leurs carcans de stéréotypes de force et de pouvoir. Demain : des femmes et des hommes libres et puissant.e.s. En amour et ensemble. 

Je suis

février 26, 2021

Je suis deux femmes, deux artistes, deux féministes, deux boxeuses, deux photographes que j’admire.
Elles ont exposé ensemble à Analix Forever en 2020.
L’exposition s’intitulait « La puissance et la grâce »
Je suis Mimiko Türkkan. 
Je suis Dana Hoey.

Maïa Mazaurette, le verbe et la verve

février 18, 2021

Oui oui, je sais, ce n’est pas exactement le titre du nouveau livre de Maïa Mazaurette, La Vulve, la Verge & le Vibro (La Martinière, 2021). Mais le sous titre nous rappelle bien qu’au début était le verbe : Les mots du sexe selon Maïa. Et l’introduction à ce délicieux abécédaire que je vais m’empresser d’offrir à la ronde est irréfutable : ON NE RÉSOUT AUCUN PROBLÈME PAR L’IGNORANCE. Or les problèmes liés au sexe sont infinis. Alors, pour les aborder et éventuellement les résoudre, Maïa Mazaurette nous suggère la connaissance.

Celle ci s’acquiert de deux manières : par la pratique, et par l’étude. Maïa Mazaurette nous laisse toute latitude de pratiquer et d’expérimenter ce qui nous tente. En revanche, elle nous prend par la main pour nous emmener à l’école du sexe. Une école documentée – l’auteure connaît ses classiques, d’Orient comme d’Occident, et les renouvelle constamment – une école de la découverte, souvent drôle, légère comme l’est le sexe au meilleur de lui-même, jamais superficielle, jamais vulgaire. Notre « maîtresse »  appelle un chat un chat, une chatte une chatte, et quand on met les mots justes sur les choses on n’est jamais vulgaire. Et en délimitant de manière parfaite le fantasme de la réalité on oserait, même en ces temps funestes, parler de fauxceste – pour des temps moins funestes.

Oui, nous pouvons toutes et tous apprendre à parler de sexe. Nous pouvons toutes et tous apprendre à écouter parler de sexe. À tout âge, en tout genre, en tout lieu. Au cours des « dîners en ville » si tant est que cette pratique va reprendre. Parler de sexe, comme le suggère Maïa, comme on parlerait de carbonara. Tu mets de la crème, toi ? La verve de Maïa Mazaurette n’a pas de fin. Elle se réplique, se reproduit, se répond, s’amplifie. Jusqu’à la lettre Z. Z pour zone : la zone, c’est le foutoir. C’est l’endroit où se répand… la verve enchanteresse de Maïa Mazaurette.

© Michael Hull

Mon grand soir

février 5, 2021

Merci à Mélanie Croubalian, Claire Mudry (spécialement pour les abricots Luizet) et à Eric Grosjean, formidable trio ! — ainsi qu’à Dyane Dufault, Stéphane Goël, Simon Matthey-Doret, Arthur Hnatek (à bientôt à la galerie j’espère !), Jean-Marc Richard, Bonnie Tyler for The best is to come et à Jeff pour le premier jet de son beau poème.

Mimiko et moi, moi est Mimiko

février 4, 2021

Ses photographies sont le miroir de notre monde : de nos désirs et de nos peurs.