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Barbara on Raw and Radical, podcast de Mauren Brodbeck

janvier 12, 2020

The podcast  (also Spotify, Google Podcasts, Anchor, Breaker, Overcasts)

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The Story

Dr. Barbara Polla, a medical doctor, researcher, politician, mother, writer, poet, and gallery owner, joins us today to talk about how her career has evolved, her opinions on feminism, and how women can step into their power.

Early on in her career, she attained a medical degree with a specialization in inner nedicine, pneumology and immunoallergology, following that up with a number of research positions, including the Harvard Medical School and the French Institute of Health and Medical Research in Paris. In 1991, Dr. Polla started her own gallery to represent contemporary artists, often collaborating with other gallery owners to bring fresh, unconventional art shows to the public. She also taught on the relationship between art and fashion at the Institut Français de la Mode in Paris and the HEAD (Haute Ecole d’art et de Design) in Geneva.

The progression of a multifaceted career: She attributes her ability to manage such a diverse number of careers to her energy and passion for discovering new things.

“I think what drives me is the desire,” she says. “I think that, rather than jumping from one career to another, it’s actually like reading a book … I never quit what I was doing … because I was bored with it, but just because the next page seemed more exciting, more desirable.”

Nevertheless, there were many intense years where she was filled multiple roles at the same time. “In the forties, that was I think the most intense and most difficult time. There was nothing in my career that I could say—okay, let’s postpone this for five years,” she says.

Promoting feminism through writing and art : always an advocate for women’s rights and freedom through her medical and political work, Dr. Polla explores the same topics in a number of her publications, including Femmes hors normes, meaning women out of the frame, or women out of the norm. “By ‘out of norm’ I don’t mean actually exceptional woman,” she says. “I mean women who have the courage at [a] certain point to take a step outside of the box, to go out of the box that society … wants to put us in.”

What she hopes to promote is a sense of self-confidence and the ability to truly look at and listen to themselves and what they desire.

“This is not something you can do just once in your life,” she says. “It’s like an everyday discipline to really look at yourself, to listen to yourself, to go into yourself and to try to understand ‘Who am I?’ and ‘What do I really want?’ and try every day to do something that brings you closer to yourself.”

She references the viral image taken of Leshia Evans, during the 2016 protests in Baton Rouge, as an example of the power every woman can access and unleash. “We all can be her,” she says. “We can be Leshia Evans … if we are standing in our fragility and as humans in our dignity and in our full power… we are, we exist, we are beautiful, and we change the world.”

Lien sur le site internet

Femmes et hommes, désir et représentation : à propos de l’exposition de Maïa Mazaurette

janvier 8, 2020

Epiphanie

janvier 5, 2020

L’épiphanie est d’or et d’encens
Elle est venue de ceux que l’on n’attendait pas
Des rois des pays du levant
Elle est étonnement

L’épiphanie est tremblante
Comme les ailes des papillons
Elle est les plumes du ventre des oiseaux
Elle est hésitation

L’épiphanie est brodée
Sur un tissu ancien
Sur une peau inconnue
Une cartographie du lendemain

L’épiphanie est orchésographie
Je danse au petit matin
Carmagnole déboulée
Pour le chanoine de Langres

L’épiphanie est d’or et d’encens
Elle est parfum de beauté
Elle est le sexe de l’homme
Et le début du monde

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…PLUTÔT DEVENIR !

janvier 2, 2020

Barbara Polla, 69 ans, est de ces femmes qui vous donnent envie de vieillir. Médecin, galeriste, essayiste, elle a élevé quatre filles, aujourd’hui adultes. Son existence a été riche et l’est toujours. Barbara continue d’écrire de la poésie érotique, d’exposer des photographes audacieux et de publier des essais inspirants. Dans Femmes hors normes (Odile Jacob), elle écrit : « Rester jeune n’est pas seulement un impératif irréaliste, c’est aussi un impératif imbécile. Pourquoi vouloir “rester ” quelque chose ? Devenir est plus intéressant. » À condition, ajoute-t-elle, de décider de « faire mentir définitivement l’adage qui veut que vieillir soit une défaite de soi, pour en faire une construction », de décider de « nous définir autrement que par la seule case « âgée ». J’ai plus de 60 ans. Je suis écrivain, je suis vivante, je voyage, je traverse la France à pied, je découvre le monde, je suis riche de toutes mes expériences et j’en accumule de nouvelles, je partage, j’enseigne, j’aime et … » À vous de compléter. Que vous soyez « d’âge mûr, entre deux âges, âgée, très âgée », énumère Barbara Polla, votre bonheur nécessite que vous deveniez des résistantes, que vous vous mettiez hors normes. « Refusons de nous laisser dire notre âge par le capitalisme de consommation ! » encourage-t-elle.

Psychologies Magazine, Laurence Lemoine

Pour lire l’article entièrement : cliquez ici

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La fenêtre la plus grande, la nuit, l’amour

décembre 24, 2019

Un jour, j’aimerais, pour Noël, une Nuit de la Poésie. Mes Nuits de la Poésie sont mes Noëls. Merci à tous les lecteurs, pour leurs cadeaux. Lors de la dernière Nuit, l’amour a eu une place prépondérante. L’amour et la Grèce et le désir et Mantinée, grâce à deux de mes écrivains préférés, deux de mes amis les plus proches dans l’écriture, Dimitris Dimitriadis et Paul Ardenne. La Nuit était dédiée à Dimitris Dimitriadis et Michel Volkovitch, son traducteur, a lu des fragments de son Annonce faite à Cassandre, qu’il a publiée au Miel des Anges, sa maison d’édition de poètes grecs :

L’homme qui désire est la connaissance
La naissance du désir voilà la connaissance
Il n’y a pas de connaissance au-delà
La connaissance de l’homme qui désire est toute la connaissance
Car le désir de l’homme est sacré
Et ce qui est sacré est désir
Et ce qui est désir est sacré
L’homme est tout entier sacré quand il désire
Il n’est rien de plus sacré rien de plus qu’un homme qui désire

L’artiste Esmeralda Kostopoulos a lu des fragments de l’Homériade du même Dimitriadis, en français et en grec :

…μόνο περιμένοντας
μόνο ελπίζοντας
αυτός είναι ο έρωτας
c’est ça l’amour
attendre
et ne pas posséder
espérer
et ne pas obtenir
désirer
et attendre
désirer
et ne pas espérer
désirer
et ne pas attendre
désirer
et espérer
en attendant
désirer et désirer
sans attendre
sans espérer
espérant toujours
et attendant sans cesse

Έρωτας

Et Paul Ardenne a lu un extrait d’un de ses livres en cours d’écriture, Amour Atlantique :

Au commencement était l’amour.
Mantinée parle.
Elle regarde en direction de l’océan, devant elle. Tous ont fait cercle sur la plage, en une ligne de circonférence imparfaite – combien sont-ils.elles ? Une dizaine, peut-être plus. Le vent travaille au corps les vagues de l’Atlantique, il fouette aussi leurs visages, tournés comme celui de Mantinée vers l’océan. Tous écoutent Mantinée et le vent qui attaque les vagues, les roule comme des tacos et les fait écumer, baveuses, mélangeant comme en un soda majeur, avec l’air, leurs particules d’eau :

Au commencement était l’amour, dit Mantinée.
Non, plutôt : au commencement est l’amour.
Je corrige. Au commencement est l’amour.
… un commencement continu, un commencement perpétuel, voyez-vous.
… Je veux être prise dans la vague de l’affection majuscule, ensevelie, dorlotée ou brutalisée, peu importe du moment que je suis au cœur de la vague de l’amour, prisonnière, engloutie, prise dans un maëlstrom d’amour comme un chalutier dans des creux de treize mètres sinon quoi, sinon quel intérêt à ma vie, dits-moi Sœurs et Frères de la Côte ?

Si je veux l’océan, si je veux les vagues, si je veux le vent venu de la mer c’est parce que l’amour est ainsi fait. L’amour est l’océan. L’amour est un vent chargé d’atomes humides. L’amour est une réalité dynamique, en mouvement, un fluide. Je ne puis m’empêcher de le voir comme une nappe de matière qui avance sans cesse, l’amour.

Au commencement était l’amour ? Non, non. Je me suis égarée. Le fond de ma pensée c’est : au commencement était le mouvement qui nie tout commencement et l’amour est ce mouvement qui n’a jamais commencé et qui jamais n’en finira.

 

 

Et moi, l’amour ? Ah c’est toute une histoire – une histoire de grue et de grutier… c’est Moi la Grue, un livre (en français) et Love Story, un poème (en anglais)

She is a crane
She loves her man
Her man is a crane man
He is her man

She is a dancer
A dancer in the night
Dancing proud and alone
Waiting for her man

Love is forever we all know that
Love until death the end of the feast
She loves the weights to work to turn
And crane men love the metal flesh

Crane men love dreams
And here she is
A dream machine
Flying in the sky

Beautiful and dreamy
She dances all day
And when he’s with another
She dances in the night

Merry Xmas, love and dance…

Fenêtre ouverte : L’Hospitalité selon Anne Dufourmantelle

décembre 23, 2019

Anne Dufourmantelle, philosophe, psychanalyste et écrivain, auteur de La Puissance de la Douceur, est trop tôt disparue, en juillet 2017, pour sauver la vie d’un enfant des courants qui l’emmenaient. Son très beau texte sur L’Hospitalité avait accompagné notre dernière Nuit de la Poésie. « Il ne peut y avoir de valeur donnée à l’universel sans un devoir d’attention et de mémoire constant envers le singulier, c’est-à-dire envers ce qui fait trébucher le concept, l’idéal, le juste et le beau du côté de la fragilité, de « l’humain trop humain », de ce qui n’est ni défendable ni même, parfois, représentable. »

Pour Anne Dufourmantelle, la psychanalyse est un mouvement d’hospitalité inconditionnelle, elle est « la possibilité d’accueillir l’inespéré », la possibilité, la capacité même de transformer en créativité le passé trop souvent érigé en fatalité, à le transformer en acquiescement de la vie … « Traduire les dits du passé en acte de vie est une forme de combat. Un combat qui n’a de sens pour moi que s’il nous sauve du passé et des pères. S’il nous arrache à la tradition et fait de nous un survivant dans notre langue et notre culture. La psychanalyse est un art de la transformation, et cette transformation doit prendre la valeur d’une connaissance nouvelle. Elle est une pratique d’appropriation qui fabrique de l’inédit. Je parle à cet autre, l’analyste, pour métamorphoser l’héritage qu’on prétendait m’avoir réservé. Le chemin d’une psychanalyse est d’abord la nécessité de rupture intime ; c’est accepter le sentiment d’être un orphelin en toute langue. En ce sens, oui, c’est une sorte de pacte de survivance. Ne pas creuser sa dette ni laisser l’oubli s’immiscer mais au contraire, quitter les ruines ou sortir des silences. C’est ne jamais se satisfaire de ce qu’on répète. »
Être psychanalyste, pour Anne Dufourmantelle, c’est donc faire acte d’hospitalité.

L’auteur élargit ensuite le concept d’hospitalité du médecin, de l’analyste, à l’hospitalité sociale et politique : « Penser les règles de l’hospitalité aujourd’hui ce n’est pas se représenter l’invitation à une vie merveilleuse, tout au plus un refuge précaire, ou le portail armé électroniquement d’une douane ou d’un refus de passer le seuil. Seuil d’une civilisation que les demandeurs d’asile paieront au prix fort. » Se questionner sur les conditions de l’hospitalité, dit-elle, n’a jamais été aussi important. L’hospitalité est une histoire de seuil. Le seuil délimite un dedans et un dehors, il offre à penser le franchissement, mais aussi l’agression, l’invitation, l’échange, tout ce qui peut avoir lieu autour de cette frontière.
Moi qui depuis longtemps cherche le mot français qui pourrait signifier « care » dans notre langue, mieux que même le « soin » de Cynthia Fleury, je pense l’avoir trouvé désormais : hospitalité. Hospitalité signifiant attention, une attention portée à l’autre tel qu’il est, et non pas tel que l’on voudrait qu’il soit. Accueillir l’autre en soi, dans la pénombre. Hospitalité signifiant, alors, la reconnaissance entière de l’autre et le lieu même de la pensée.

Pour lire le texte d’Anne Dufourmantelle : L’Hospitalité, une valeur universelle ?, in ERES | « Insistance » 2012/2 n° 8 | pages 57 à 62 : cliquer ici

« Tu m’as appris à dire oui, à plonger la tête dans l’invisible, à célébrer la vie » : Pour lire l’hommage que lui avait écrit sa fille Clara : cliquer ici

La fenêtre du quatrième week-end de l’Avent : consolation

décembre 21, 2019

J’ai longtemps hésité, pour cette fenêtre du quatrième week-end de l’Avent. Je pensais à ceux qui ne sont plus, mais qui toujours sont encore, je pensais à la consolation, au mystère, à la générosité…

Le mystère et la générosité se cachent dans cette image. Fondation Jan Michalski, à Montricher dans le Jura, un soir de brouillard, en décembre… si vous ne connaissez pas, allez découvrir. Un lieu émouvant, en mémoire à quelqu’un qui n’est plus et qui grâce à la générosité de la Fondation reste si présent. Un lieu d’écriture et de littérature, d’échange et de travail, de frugalité et de beauté, de silence et de concentration.

21:12:2019_Fondation Jan Michalski

Le besoin de consolation, pour Stig Dagerman, étoile filante de la littérature suédoise, et pour tant d’autres, aura semblé impossible à rassasier. Et pourtant… Stig Dagerman lui-même d’ailleurs imaginait, dans ce poème du 23 février 1954, une consolation d’un jour :

Un jour par an on devrait faire semblant
que la mort aille s’inscrire au chômage,
que nul ne puisse plus perdre son courage,
que personne ne soit tué pour quelques francs.

Les catastrophes dormiraient calmement,
à leur hôtel, jusques au lendemain.
Nul sur son frère ne porterait la main,
nul ne quitterait ce monde volontairement.

Notre vie se déroule dans un espace ouvert entre notre naissance et notre mort, tel l’espace infini qui peut séparer deux astres qui ne se verront peut-être jamais ou l’espace minuscule qui sépare deux galets sur la plage. La fulgurance existe dans cet espace. Le lever du soleil, le saut du cabri, dit Dagerman, sont des fulgurances, hors du temps, hors d’atteinte, substance de la vie. La fulgurance de l’amour elle aussi est hors du temps. Il dit encore : « Peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’un instant ou l’espace de cent ans. »

Noël pourrait être, peut-être, une consolation d’un jour, une générosité, un mystère, l’espace d’un instant.