Aller au contenu principal

Vacances : THE BEGINNING OF HOPE

juillet 19, 2019

Sur la plage, lisez mon Nouveau Féminisme, c’est Marie-Claire qui vous le recommande… aux côtés de Gloria Steinem. Et lisez aussi les Echos du week end dernier : pendant que vous y êtes, à la plage, un peu de Body-Positivisme ne peut pas faire de mal à la liberté estivale !

Tout cela en attendant la rentrée, avec une impatience rare, car elle s’intitulera THE BEGINNING OF HOPE : le titre de l’exposition de Robert Montgomery, vernissages à Chêne-Bourg les 30 et 31 août, brunch le 1er septembre, save the dates et informations détaillées à la rentrée. En attendant, je me cache pour écrire… et Robert pour travailler.
© Robert Montgomery
Publicités

50 nuances de bleu

juillet 17, 2019
L’idée d’une exposition sur le bleu a germé ce soir-là, lorsque j’ai réalisé, à la demande d’Eric Winarto, une performance-lecture de 45 minutes devant son oeuvre alors exposée aux Halles de l’Île. C’était en 2010. Et l’idée s’est développée après la mort de Jacques Coulais, quand j’ai reçu, tel un testament, ses dernières oeuvres, monochromes bleus, son cadeau d’adieu — et puis l’idée est restée là, dormante, enfouie, sous le bleu du ciel, jusqu’au jour où Jacques Boesch m’offre son livre, Bleu filigrane. Et voici Jacques Boesch, au centre de cette exposition dont je rêve depuis si longtemps.

Avec Eric Winarto

Et Maya Kaadan est de retour à Genève, avec de nouvelles oeuvres, conçues tout spécialement pour 50 nuances de bleu. Une robe d’abord, de la ligne 8.02 (la date de naissance de la mère de Maya, un 8 février) entièrement cousue main, ramenée de Doha où vit aujourd’hui Maya, puis à Genève, réhaussée de perles et de tulle. Et deux bijoux en forme de mémoire : le plus beau des colliers, un collier de soies transparentes, en souvenir du bleu, les tissus se superposent, le bleu apparaît, disparaît, réapparaît, se transforme en or, comme dans la mémoire. Maya a réalisé aussi ce Kimono bleu que je porte — j’aime cette idée, de porter une oeuvre d’art pour un dimanche de vernissage en bleu…
Le bleu, couleur de la mémoire, pour Julien Serve.
Le bleu, ma couleur préférée, pour Jacques Boesch et Alain Riad, qui viendra souvent, cet été, improviser au piano sur les 49 nuances de bleu de monochromes de Jacques Boesch.
Le bleu, primordial, pour Paul Ardenne : « Parfois le ciel à travers la vision en vient à écrire les tableaux ».
Le bleu, des yeux de Maya, quand elle sourit à son père.

Et dans mon monde bleu à moi, peint par Carine Bovey, Dieu a du vernis à ongles, et ses saints…

Carine Bovey

Colin Cyvoct aimait la mer

juillet 2, 2019

Colin Cyvoct aimait la mer, la peinture, la vie et Véronique. La couleur, la lumière, sa famille proche et sa famille humaine, sans limites.

J’ai d’abord rencontré sa peinture. C’était il y a trente ans, à Mac2000, à l’époque au Grand Plais, je vois cette toile, pleine de soleil, je me suis assise pour admirer. Je suis restée là, longtemps. J’étais enceinte, et je ressentais la lumière dans mon corps. C’est ainsi que nous nous sommes connus, au soleil de sa peinture. Plus tard j’irai à l’hôpital, où il a travaillé si longtemps, avec les patients très âgés, introduisant l’art dans leur vie qui en avait tant besoin.

Colin a fait partie du tout premier trio de l’ouverture, de l’aventure de la galerie Analix, depuis devenue Forever. Avec Michèle Tajan et Pierre Olivier. Et a ensuite participé à beaucoup d’expositions, solo et en groupe, au fil des ans. Jusqu’à cette dernière peinture montrée en 2017, dan l’Atelier AMI, réalisée avec du vin… Colin continuait de chercher, avec patience, intelligence et sérénité, avec persévérance, comment mettre la vie sur la toile, en mélangeant les couleurs et les formes avec ses pinceaux, ses doigts et sa puissance créative. L’abstraction lyrique prédomine pendant longtemps, mais avec toujours, en contre-point, le corps de la femme, aimée, adulée. Et la recherche de la transparence, qui prend de plus en plus de place au fil des ans.

Régis Figarol, qui photographie tous les artistes d’Analix Forever, a réalisé un portrait de Colin Cyvoct qui révèle l’acuité du regard du peintre. Il était buriné comme un marin de la vie, avec dans les yeux des fenêtres ouvertes sur le monde, regardez bien… Vous le retrouvez aussi dans la vidéo d’exposition réalisée par Raymundo : AMI et autres ami/e/s, dans l’atelier AMI — AMI, ma mère, qui aimait Colin elle aussi et qui pratiquait, comme lui, au quotidien, la peinture. Art et partage.

Les artistes enchantent le monde. Par leur art, au delà des rivages. Et ce que l’on appelle « la reconnaissance » quand on parle des artistes n’a rien à voir avec cet enchantement du quotidien.
Merci Colin Cyvoct.

 

Colin Cyvoct photographié par Régis Figarol, en 2017.

Lire aussi, le Journal des Arts

Et voir le regard de Colin. Forever.

Autoportrait de ma mère

juin 25, 2019

Ma mère était peintre. Elle signait ses peintures de ses initiales : AMI. Elle a peint de très nombreux portraits et quelques autoportraits. Et je découvre celui-ci. 1954. J’ai quatre ans. Nous sommes dans le jardin, au « Verger ». Un autoportrait où on la voit telle qu’elle était : peintre, et mère. Elle se peint le pinceau à la main, dans sa grande blouse de peintre, la toile au bout de son bras, dans le miroir qu’elle regarde ; elle regarde loin, dans ce miroir, elle réfléchit le monde dans la lumière dorée d’un matin d’été. Souvent, dans ses autoportraits, elle a l’air sévère, comme ici.

Ce qui m’émerveille, c’est qu’elle m’ait mise dans, à l’intérieur, de son autoportrait. Comme si je faisais partie de ce portrait d’elle-même. Elle en train de peindre et moi, nue, blonde et grassouillette, je joue de l’harmonica. Je musique le monde. Ma mère aimait la musique. Et je regarde le monde, comme elle. Elle est dans mon dos, je n’ai pas besoin de la regarder. Elle ne me regarde pas non plus. Je vis ma vie, dans ce tableau. Je peux en sortir quand je veux. Dans son tableau de femme-mère-artiste-libre, elle m’offre la liberté d’aller ailleurs, loin d’elle, dans cet espace de liberté qu’elle regarde pourtant. Toute oeuvre d’art est un autoportrait.

Et soudain je me souviens, des mots de Jean-Michel Olivier qui écrivait, à propos de mon premier livre publié à L’Âge d’Homme, À toi bien sûr : « Voici un livre étrange et envoûtant : la femme qui écrit s’avance ici sans masque, un miroir à la main. Ce miroir, elle le tend à sa mère, à qui elle prête le même prénom qu’elle, Barbara, pour arracher au temps quelques images, des souvenirs d’enfance, des sensations qu’elle croyait oubliées, mais qui surgissent, brusquement, sous le regard de la mère. Barbara Polla en miroir. » Jean-Michel Olivier n’avait pourtant jamais vu ce tableau.

Le Nouveau Féminisme : Tabou !

juin 21, 2019

Justine Courtot : Pourquoi je le recommande

 

En lisant ce livre, j’ai retenu une chose plus qu’interessante sur la violence des hommes et leur soit disant pouvoir dans notre société patriarcale qui serait « compensatoire ».

Barbara Polla propose des hypothèses sur la genèse des violences faites aux femmes et subies par elles depuis la nuit des temps, elle explique notamment que « la volonté des humains de maitriser la condition humaine est fondatrice de l’humanité ». Nous pouvons la maitriser de 3 manières : donner la vie (procréation), retirer la vie (donner la mort) devenir immortel.

Les femmes, ont le pouvoir (si elles le souhaitent) de donner la vie et cela depuis la nuit des temps. Les hommes, eux, donnait la mort sur le champs de bataille, à la chasse mais ce n’est plus le cas depuis des siècles. Comment faire alors pour maîtriser la vie ? « Ils ont inventé mille possibilités pour tenter de ce faire : le patriarcat, l’obstetrique, la royauté de droit divin, l’exploration de l’univers, l’embryologie, l’école, la prison, la torture… Mais la plus évidente semble bien avoir été, et être encore, celle de prendre le pouvoir sur le corps de la femme. De s’approprier ce corps. Par le mariage, le droit de cuissage, le viol, la prostitution…- par la force, par la violence, par le pouvoir.

Après avoir mis en avant ces supposition, l’autrice énumère et défini toutes les formes de féminisme, il peut être différencialiste, pro-sexe et prodésir, universaliste, pro-choix, intersectionnel, afro, LGBTIQA+, éco, antispécisme, d’artistes, néo, POP, entrepreneurial, qui fait ou encore d’évolution et autres.

Barbara Polla fait partie des autres. Elle prend un peu de tous ces féminisme, sans exclusivité : « Je soutiens chacun des féminismes que j’ai mentionnés pour autant qu’il oeuvre pour plus de liberté, de libertés, pour plus de femmes, et d’hommes et d’autres. »

Elle est de celles qui avaient dénoncé les hashtags, selon elle, agressifs, mettant les femmes dans une posture d’éternelles victimes. « Mais non, on ne réglera rien en « balançant son porc ». « Mon porc » : d’abord cela veut dire qu’il nous appartient, ou qu’on l’a pour le moins laissé devenir nôtre. J’aurais préféré que l’on parle de ma dignité plutôt que de mon porc. Que l’on parle de de moi. De mon corps et du pouvoir incroyable qu’il exerce sur les hommes. De l’échange de pouvoirs entre nos corps et leur argent ou leur position sociale. (…) J’aimerais remplacer balance ton porc par #StrongIsTheNewSexy. »

____________________________
En lisant le commentaire de Justine, je me disais qu’en réalité il y a bien sûr 4 manières, la quatrième étant la création, quelle qu’elle soit, l’art, la poésie.
« Les artistes sont les meurtriers de la mort » — un adage de Pascal Quignard que je cite souvent… alors créons ! De toutes les manières imaginables. WE ONLY EXIST WHEN WE CREATE.
Justine Courtot, elle, a co-produit avec Myriam Attia le documentaire « 28 jours »  réalisé par Angèle Marrey, qui nous parle des règles et de leur place dans la société.

Grève des femmes, grève féministe

juin 14, 2019

Ce 14 juin 2019, les femmes suisses font grève, une grève suisse, organisée, programmée, autorisée, soutenue, pas tout à fait une grève pour certaines, un engagement majeur pour d’autres, une fête nationale. Avec un formidable manifeste en 19 points qui revendique plus d’égalité, plus de temps, plus d’argent, plus de partage et la fin des inacceptables violences à l’égard des femmes, ainsi que la liberté sexuelle, de genre, de choix et le droit entier sur notre corps, l’abolition des stéréotypes « femmes », sans oublier les femmes du monde entier, notamment les plus défavorisées et les migrantes : beaucoup de rêves. Et des combats aussi, concrets : un congé paternité, la reconnaissance du travail domestique, le partage du « care ». Après la prise de conscience de cette ère post-weinstein et #MeToo, voici des propositions.

Avec mon livre Le Nouveau Féminisme, combats et rêves de l’ère post-Weinstein qui vient de paraître, je me trouve sollicitée et l’on me demande ce que je pense de telle ou telle revendication, si je vais défiler, si je suis solidaire…

Mes réponses ? Elles sont claires dans mon livre : J’aime les femmes et je me sens solidaire, bien sûr ! Même si ma manière de m’engager n’a jamais été de faire grève, mais plutôt de travailler : de travailler à écrire mes livres et à gagner ma vie. Je suis donc solidaire des femmes qui travaillent, autant que des femmes qui font grève. Les droits est les libertés des femmes sont défendues par les unes comme par les autres et il y autant de féminismes qu’il y a de femmes, de vécus personnels, de blessures spécifiques qui demandent réparation. Le Nouveau Féminisme, celui que j’appelle de mes voeux dans mon livre, c’est un féminisme qui inclut tous les autres, et je suis quant à moi une féministe qui oeuvre dans la discrétion, pour la réconciliation, pour les libertés, pour l’amour, pour la poésie.

Depuis hier, vous pouvez écouter tous les jours un nouveau « chapitre » de mes réflexions sur la question en cliquant ici, et ceci pendant douze jours.

1) La parité à l’ordre du jour
2) Autant de féminismes que de vécus femmes
3) La violence à l’encontre des femmes
4) Le féminisme est un humanisme
5) L’indispensable rencontre
6) Cela concerne le monde entier
7) Le corps, la vie, la mort
8) Les hommes et leur mères
9) Le Nouveau Féminisme
10) Optimisme ou construction
11) Non aux abus, oui à la séduction
12) Le féminisme radical a ses raisons

« Nous sommes tous des féministes ! »

Et à propos des grèves encore.

Peut-on apprendre la patience ? Dans le Temps

juin 13, 2019