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Frottis – poèmes pour filles

janvier 16, 2017
Greta Bellamacina, la sublime poétesse et éditrice de poésie anglaise, que l’on a récemment entendue à Paris (le samedi 10 décembre, à la galerie Mannerheim), publie pour la nouvelle année une série de poèmes de filles, pour filles. Un recueil féministe de poèmes féminins, qui n’écarte aucun thème, du premier baiser à l’avortement, du sperme au sang, de l’image-objet à l’objet sans image, du corps au corps, sans excuse, sans censure, mais avec poésie.
et … j’ai l’honneur d’être parmi les filles, aux côtés de Bre Graham, Sarah Rosselle (… and at that moment — our future turned — from grey to golden), Luisa Le Voguer Coyet, Greta herself and many other wonderful girls. Thank you all. Thank you The New River Press, NEW LANGUAGE FOR SAD TIMES.

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La Cause Littéraire

janvier 16, 2017
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Binau, by raymundo

Barbara Polla propose à travers l’œuvre de Dimitris Dimitriadis une apologie d’un gai savoir. La figure du phallus y est moins totem que source de vie et initiatrice de toutes les créations et plus précisément autour d’une scène : la Grèce qui n’est plus seulement antique. L’érection est envisagée ici comme le contraire de la dépression. Elle est un état intérieur général de création. Les Grecs l’ont prouvé jadis et, écrit Dimitriadis, « ils y parviendront encore, j’en suis persuadé, dans la situation actuelle ».

Comme l’être, toute société abattue se relève et s’érige par l’engagement dans la pensée, la culture, la politique et l’art. Et Dimitriadis de préciser encore : « Tout acte créateur est par conséquent fondamentalement politique ». Mais pas seulement : pour preuve l’écologie architecturale. Le « construire haut » n’a rien d’une aberration écologique : elle est le seul espoir d’un développement durable. Manhattan est un modèle en termes de surface et d’énergie consommée. Et plus généralement, tout art est érection d’un point de vue non pas « créateur » mais « instaurateur » de ce qui érige, de ce qui s’érige.

Et Barbara Polla de parachever le livre d’un chant qui porte l’érection à un absolu. Dans la Grèce, l’auteure écrit :

« je bande comme un pays je vis comme un pays

je joie comme un pays ».

L’érection est donc une nécessité car, écrit encore l’auteure, « le corps d’un humain qui proteste devient un objet politique et sensuel, un objet qui bouge, tremble, désire, transpire, crie, aime, souffre, se fatigue, s’excite ». L’érection demeure le besoin ou, mieux, la nécessité de créer qui fait choisir la vie dans son désordre comme dans son ordre et fait opter pour la liberté contre l’aliénation : « L’érection ? Une nécessité. La vie n’a pas d’autre choix ». Elle reste la vérité indicible du monde que rappelle Dimitris Dimitriadis, « Homo erectus », poète, prosateur, auteur dramatique, essayiste, traducteur, et « alchimiste », sa distillation d’écriture dépasse les limites de la littérature en posant des questions là où il n’y a pas de réponses et où tout échappe. D’une certaine manière, l’érection évite la chute. Elle fait de la chair un corps d’air étayé de strates dont le bord n’a pas de « lignes ». Elles font corps avec lui en un mouvement de conquête. L’érection tisse de la sorte une relation inédite entre l’être, l’art et toute création humaine. Sous leur diversité de formes, surgit une unité de motif plus que figurative que l’érection remet en question.

Jean-Paul Gavard-Perret

Lire l’article, ici.

My week in Istanbul: we are all good people

janvier 11, 2017

When I set to go to Istanbul and present the 31rst session of VIDEO FOREVER in the city, my friends told me to be careful… Sure will. I tried hard not to fall in the snow.

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The Art Department (owner Gamze Buyukkusoglu and director Sena Arcak Bagcilar) had invited us – the VIDEO FOREVER team – to present a session on LOVE STORIES at Soho House. It was gorgeous, people attended despite the snow, the place is magical, we showed, among many videos from international artists (for more details see here): Winter Sleep – mandatory –, House of Letters by Turkish artist Ali Kazma – the love for books –, and a mysterious film by Turkish artist Merve Kaptan  that had been suggested to us by Kiah Reading, a former resident of The Art Department. On Merve’s web site it says:

we are all good people. we are all good people. we are all good people.

And here is what Kiah Reading said about Merve Kaptan’s video: Merve’s video at once speaks of our world where both the lightness that arises from situations such as love mis-haps, and the extremes such as public violence are equally present scenarios… There is just pain, laughter, questions, unknowing & interest, and the video reminds us that these things exist all together in our world. More than this, perhaps it … is asking for a co-existence between ‘others’ that is at the moment in collapse.   

Merve lives in Kadiköy, I will do a studio visit with her tomorrow. She also created Torna, a project space and a bookshop for artists’ books. Her video also says that INVITATION IS IRRELEVANT…

This morning I visited OPERATION ROOM: the first exhibition space to be opened in a hospital in Turkey. Fantastic initiative. Great space – and the art is also invading the whole American Hospital. The director/curator of OPERATION ROOM, Ilgın Deniz Akseloğlu, combines subtlety and efficiency. Would love to do a show here and with her – would be my first in a hospital – for an MD would be about time to do so! And we discussed Le poids des choses

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Ilgın Deniz Akseloğlu


we are all good people. we are all good people. we are all good people
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I visited Haldun Dostoglu in Galeri Nev on Istiklal, most respectable gallery founded in 1984, in Istanbul since 1987, showing, among others Ali Kazma. Next opening this Friday, with the Greek artist Maro Michalakakos: “The Doors of Perception” is the tile of the exhibition, let’s open them wide – and if you are in Istanbul please attend the opening!

we are all good people. we are all good people. we are all good people.

I went all the way to Sabanci University, visit my friend multi-awarded professor Ozge Akbulut. The campus was enshroud in snow, but studying and work went on, whatever happened outside, in the gorgeous library that gives any book lover the will to stay here forever…

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we are all good people. we are all good people. we are all good people.

And the rest of my time I spend at Simdi Café – beautiful place, good food, wonderful Shiraz, internet what else do you need – working and meeting with friends from here and elsewhere.

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we are all good people. we are all good people. we are all good people.

THERE WILL BE NO MIRACLE HERE

janvier 4, 2017
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ça c’est que que dit (dessine) Clara CITRON
moi je lis le message ainsi : en 2017, les miracles ne « sont » pas – nous devons les faire advenir…
Clara est partie pour de nombreux mois en Amérique du Sud, pour en faire advenir quelques-uns
et puis, les oeufs au plat sont servis – voilà déjà un miracle advenu ! grâce aux Femmes de Souf, le projet de Maya AMMANE
dans le miroir, une oeuvre de Julien SERVE – et le cactus rouge vient d’Istanbul où je vais, samedi 7, parler de et montrer certaines LOVE STORIES 

car s’il est un seul miracle à faire advenir en 2017 c’est bien celui-ci : LOVE – tout en sachant que nous ne pouvons aimer qu’en étant au plus près de nous-mêmes, qui que nous soyons

Samedi 7 janvier 2017, une tempête de neige est annoncée à Istanbul
Love au coeur de l’hiver, WINTER SLEEP
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Haluk Bilginer in Winter Sleep, by Nuri Bilge Ceylan

 

Les Casablanca Circles de mounir fatmi dans Psychologies Magazine

Les Casablanca Circles de mounir fatmi dans Psychologies Magazine

2017, Je t’écoute

décembre 30, 2016

En forme de voeux, en forme de désir, écouter, être écoutée, comme Luce Irigaray nous y invite

Je t’écoute, nous dit-elle, n’est pas attendre ou entendre de toi une information, ni l’expression simple d’un sentiment

Je t’écoute, c’est écouter ta parole comme unique, comme irréductible, notamment à la mienne, comme nouvelle, encore inconnue.

L’accès à la différence, à l’horizontalité de la transcendance exige : « je ne te sais pas » – donc la naissance à la solitude et au respect du mystère de l’autre. « Je te comprends, je te connais » sont souvent l’expression de l’impossibilité d’accéder à l’écoute. Je te réduis à mon existence, à mon expérience, au déjà connu de moi.

Je t’écoute : je perçois ce que tu dis, j’y suis attentif, je tente d’y entendre ton intention. cela ne signifie pas : je te comprends, je te connais, donc je n’ai pas besoin de t’écouter et je peux même te prescrire un devenir. Non, je t’écoute comme qui et ce que je ne connais pas encore, à partir d’une liberté et d’une disponibilité que je réserve pour cet événement.

Je t’écoute. Je favorise l’émergence d’un inadvenu, d’un devenir, d’une croissance, d’une naissance parfois. Je t’écoute ménage des non-encore-codé, du silence, un lieu d’existence, d’initiative, d’intentionnalité libre, de soutien à ton devenir.

Je t’écoute non pas à partir de ce que je sais, ce que je sens, ce que je suis déjà… je t’écoute comme la révélation d’une vérité non encore manifestée, la tienne et celle du monde révélé à travers et par toi. Je te donne du silence où le futur de toi  – et peut-être de moi avec toi – peut émerger et se fonder.

Ce silence … suppose aussi que le monde déjà existant, y compris sous sa forme philosophique et religieuse, ne soit pas considéré comme achevé, déjà manifesté ou révélé. Pour que je puisse me taire et écouter, t’écouter, sans présupposés, sans impératifs secrètement à l’œuvre il est nécessaire que le monde ne soit pas déjà bouclé, qu’il soit encore ouvert, que le futur ne soit pas commandé par le passé… Pour que je t’écoute réellement, toutes ces conditions sont indispensables. Et encore : que je ne considère pas la langue comme immuable.

T’écouter suppose que, du moins pour un moment, je puisse suspendre toutes mes obligations. Que rien ni personne ne m’oblige à quoi que ce soit.

T’écouter demande que je me rende disponible et que je sois, encore et toujours, capable de silence.

Ce geste te donne un lieu silencieux où te manifester. Il met à ta disposition un espace-temps encore vierge pour ton apparaître et ses expressions. Il t’offre la possibilité d’exister, d’exprimer ton intention, ton intentionnalité sans crier et même sans demander, sans surmonter, sans annuler, sans tuer.

Toi, qui es-tu ? Toi qui n’es ni ne seras jamais moi ou mien.

 

Extraits de J’aime à toi de Luce Irigaray (Grasset 1992, 1997) – Chapitre : Dans un silence presque absolu

Barbara, Move on !

décembre 24, 2016

 

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On est là au cœur de votre démarche, traductions, relations, polysémie…vous dépassez les barrières, les préjugés, vous faites l’éloge de la libido créatrice.
Exactement. C’est là où nous nous sommes rejoints avec Dimitris Dimitriadis qui dit « Je bande, donc je suis prêt à créer. » Cette libido créatrice est une facette de la libido de vie, l’homme debout, l’homme qui marche, l’Homo erectus, l’homme et la femme.

Il y a aussi dans ce livre des implications sociétales entre hommes et femmes très importantes. C’est l’un de mes messages depuis longtemps.
J’ai fait ce test, j’ai demandé à cent personnes « Violence sexuelle, qu’est ce que vous voyez ? » 99 personnes voient un homme qui agresse une femme. Il y a là, pour moi, un a priori qu’on retrouve dans toute éducation. Qu’est-ce qu’on dit à une fille de 12, 13, 14 ans qui sort pour la première fois ? Avec les meilleures intentions du monde, on lui dit « Fais attention. » Ce qui veut dire qu’au lieu d’aller à la rencontre de l’autre dans la plus grande joie, elle doit le considérer comme un prédateur, ce qui signifie qu’elle est une victime potentielle. Ce message, on le donne aussi bien aux garçons qu’aux filles.

Les comportements des uns et des autres sont conditionnés.
Exactement. Alors imaginez qu’on dise aux petits garçons « Ce que tu as là entre les jambes, c’est fait pour donner du plaisir et pour donner la vie. » Pas forcément ensemble, ce n’est pas un message catholique. Ça changerait tout, comme le fait que les femmes osent dire leur désir, osent affirmer la beauté de l’érection. Le côté prédateur se déferait de lui-même.

Ce conditionnement en victime ou en agresseur rejaillit bien au-delà de la sexualité sur toute l’organisation de la société à tous les niveaux de relation, du travail…
Je connais la réalité. Une femme meurt tous les deux jours en France de violence domestique malgré tout ce qui a été tenté pour changer cette situation que j’aimerais rêver de changer par cet autre biais. Il s’agit de prendre les choses à rebours et de dire à l’autre qu’il est magnifique. Que les femmes n’accaparent pas la possibilité de donner la vie, que les hommes y participent aussi.

Ce livre et ma démarche constituent un message de paix.



Pour accéder à l’intégralité de l’article sur le site de Move On Magazine, cliquer ici.

Lecture au Parnasse – performance à Bellevaux

décembre 16, 2016

En dialogue avec Jean-Philippe Rossignol (merci à toi Jean-Philippe) nous avons lu un texte composé d’extraits de Je meurs comme un pays de Dimitris Dimitriadis et de Je bande comme un pays, le texte que j’ai écris en écho, en réponse, en contre point, en espoir.

Pour celles et ceux qui n’ont pas pu se joindre à nous au Parnasse, voici le texte :
 
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Lire la suite du pdf, ici.
Pour lire l’article de Francis Richard sur notre Éloge, cliquez ici.
Et ce soir, nous serons au Cinéma Bellevaux, pour Vingt-cinq os plus l’astragale. Jean-Philippe dansera, je parlerai à Stig Dagerman, et Jacques Coulais (filmé par Marin Raguz) sera parmi nous, à nous rappeler qu’ « exister, c’est respirer, et que c’est… musical… »

Quelle merveille et quelle angoisse, pour un écrivain, d’échanger avec ses lecteurs, peut-être.