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La Favorite de JPGP

octobre 5, 2022

« La Favorite est le nom du bar de la capitale qui a les faveurs (lui aussi) de la singulière en ses divers transports (amoureux mais pas que). Avide de sensualité, de la caresse des hommes, elle le dit sans masque et – en dépit de son féminisme – conçoit son parcours de vie comme une pénétration  (pas forcément masculine). Le concept est à entendre plus largement : lui seul permet d’échapper à l’apparent, à la surface, à l’identifiable et à l’acquis. C’est pourquoi un ballet de conquêtes intellectuelles et physiques de cavaliers et cavalières ont alimenté et nourrissent  encore la narratrice au sein d’un récit vif et allègre. D’où cette suite d’expériences passées et présentes. D’un amour de jeunesse pour une professeure de lettres Mademoiselle à sa  fascination pour la philosophe et psychiatre Anne Fagot-Largeault, les résistants munichois du groupe des Roses Blanches, Benazir Bhutto, un père ami de René Char, des chirurgiens urgentistes et bien d’autres encore. »

Pour lire l’article en entier, sur le Salon littéraire, c’est ici

« Barbara Polla déve­loppe en effet dans cette fic­tion son prin­cipe poé­tique de l’existence : oser les rêves, ne pas les dis­tin­guer de la réa­lité, refu­ser l’hypocrisie comme la honte, pou­voir s’endormir ensemble après l’orgasme, puis recom­men­cer : une reven­di­ca­tion de liberté et de rébel­lion, un amour de la dérai­son (…). Un corps de guer­rière qui sur­prend par son pro­pos dans notre époque deve­nue fri­leuse, puritaine. »
Pour lire l’article en entier, sur Le Littéraire, c’est ici.

La lumière est d’or…

… et j’écrivais tard dans la nuit

Qui a tué Sirine ?

septembre 27, 2022

Mon dernier roman vient de sortir. La Favorite. J’en écris un environ tous les quatre ans : Etreinte en 2003, puis Victoire, Troisième vie, 25 os plus l’astragale… et enfin, cette Favorite, mon premier roman publié par Giuseppe Merrone, BSN Press. Les fleurs roses des marronniers sont roses sans prescription et il n’est rien de plus érotique que la littérature.  

Comment mélanger littérature et poésie ? Et qui a tué Sirine ? Je ne sais pas. Mais je sais que la mort est très présente dans ce roman, comme dans nos vies : celle de la taupe, celle de Sirine, celle de Mara. Morte certes, mais Favorite… La Favorite, c’est donc l’histoire de Mara et de Sirine, deux femmes amoureuses — mais ces deux femmes n’en sont-elles qu’une seule en réalité, l’une écrivant ce que l’autre pense ? Sont-elles toutes deux favorites, comme toutes les femmes, chacune à sa manière ?  L’homme, lui, s’appelle Lev. Lev, ou Barbe Bleue. Et La Favorite, c’est encore ce café à Paris, dans le quartier de Saint Paul, où ce livre s’est écrit, qui parle d’enfance, de souvenirs et d’éros au-delà de la chair.

Ce week-end, le premier et le 2 octobre, je serai au Festival du Livre à Collonge, le festival du Làc pour la première présentation de La Favorite à Genève — à Paris, Véronique Caye en a fait une lecture le 22 septembre. Alors, si vous avez le temps et le désir de livres, venez me voir, et nous écouter, Sandrine Bourgeois, Zeynep Ersan Berdoz et moi, parler de Liberté au Féminin pluriel, dimanche, pour clore ce festival.

Pour commander le livre
en Suisse : Librairie Payot
en France : Librairie Decitre

Pour lire l’article de Fabien Ribery sur La Favorite, cliquez ici.

« Ma Pornocratie est faite. Ce dessin me ravit. Je voudrais te faire voir cette belle fille nue chaussée, gantée et coiffée de noir, soie, peau et velours, et, les yeux bandés, se promenant sur une frise de marbre, conduite par un cochon à queue d’or à travers un ciel bleu. Trois amours — les amours anciens — disparaissent en pleurant… J’ai fait cela en quatre jours dans un salon de satin bleu, dans un appartement surchauffé, plein d’odeurs, où l’opopanax et le cyclamen me donnaient une petite fièvre salutaire à la production et même à la reproduction. » Félicien Rops, 1878-1879. « Rops suis, vertueux ne puis, hypocrite ne daigne ». Musée Félicien Rops à Namur

Dans la mesure de l’impossible

septembre 19, 2022

D’abord, ce titre… quel titre !
La mesure de l’impossible ? Il semble bien que cela soit la seule mesure possible. Et à partir de dorénavant jusqu’à dorénaprès, je vais tenter, à chaque instant, chaque jour, et nuit, toujours : vivre dans la mesure de l’impossible.

L’impossible, dans la pièce de Tiago Rodrigues, c’est ces mondes où nous ne vivons pas : les mondes de la guerre, de la misère absolue, des tueries, des charniers, des viols, des décapitations, des dissimulations, de la torture. Ces mondes que nous, dans notre monde possible, ignorons, essayons d’ignorer, feignons ignorer, ignorons jusqu’à ce que… jusqu’à ce qu’une troupe de théâtre décide d’écouter une troupe d’humanitaires et de raconter au monde qui va au théâtre les histoires qui tentent de se raconter, au retour de l’impossible.

Et soudain, confortablement installés dans nos fauteuils de théâtre, nous réalisons que l’impossible est là, à nos côtés, que la mort est partout et que, comme nous le dit Tiago Rodrigues, « Le visage d’une mère qui regarde son enfant souffrir, son enfant mourir, est le même, dans le possible comme dans l’impossible. » Ne serait-ce que notre mortalité alors, notre mort promise, cet impossible-là, qui nous lie les uns aux autres, qui nous lie tous ?

Les acteurs sont les passeurs de l’impossible. De là-bas, de l’impossible, ils marchent vers nous, pas à pas, avec courage, poésie, folie. Et le chant de Beatriz Brás nous emporte au cœur de la peur. Et le jeu – ose-t-on encore parler de jeu dans ce cas ? l’incarnation plutôt – de Natacha Koutchoumov nous emmène au cœur de l’humanité (même si Tiago Rodrigues se dit peu enclin à utiliser ce terme, « humanité »). Humanité ? What the fuck is this ? Il faut pour mieux comprendre retourner (voir) Dans la mesure de l’impossible.

Natacha Koutchoumov, Dans la mesure de l’impossible, © Magali Dougados (extrait)

Éloge de nos fragilités, ou mon amie Louise Brunet

septembre 16, 2022

Nous sommes tous fragiles, tous mortels, et comme disait Pasolini la veille de son assassinat, « Ne nous faisons pas d’illusions, nous sommes tous en danger. » 

Mais pour certains le danger est imminent, voire advenu. C’est le cas du Liban par exemple. Le 4 août 2020 est advenu. C’est le cas de l’Ukraine.

Le co-curateur de la Biennale de Lyon, Sam Bardaouil (avec Till Fellrath), est libanais et la Biennale, si elle est un hommage à la fragilité de chacun.e d’entre nous, est aussi un hommage au Liban. S’inspirant de la pratique de la microhistoire culturelle développée puis institutionnalisée par Carlo Ginzburg dès les années 1970 en Italie, ainsi que du « paradigme de l’indice », l’exposition du MAC Lyon nous conte ainsi l’histoire des nombreuses vies et morts, des rencontres et des fragilités de Louise Brunet.

Et Louise Brunet devient mon amie, à travers les images magiques que nous présente Sam, à travers son histoire de rebelle oubliée souvenue retrouvée racontée. Elle devient mon amie, comme toutes ces femmes, oubliées souvenues, celles dont je parle, entre autres, au début de La Favorite, mon dernier roman juste éclos (j’en écris un tous les quatre ans, cela me prend des années pour écrire un roman…) : 

Saint-Paul. Le quartier s’honore d’un Musée de la Magie. Saint-Paul à travers les vitres de La Favorite. Je suis seule. Je regarde. La lumière est de toutes les couleurs. On croirait le printemps en janvier. Les souvenirs des femmes qui étaient assises là, il y a presqu’un siècle, juste après la guerre, qui passaient dans la rue, défroissaient en marchant leurs robes du plat de la main, qui regardaient le monde d’alors comme j’engloutis dans mes yeux celui d’aujourd’hui, prennent corps, acquièrent des ombres, des nuances de rose puis deviennent poussières de chair. Je les sens.

Mais revenons à Lyon. Les artistes libanais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige proposent plusieurs œuvres intimement et poétiquement liées au 4 août 2020. Poétiquement : lorsque même la beauté est détruite, et que l’on ne peut plus dire, après Dostoïevski, que « La beauté sauvera le monde », alors oui, la poésie sauvera le monde. Une projection d’un large défilé archéologique de sculptures sans têtes et de têtes sans corps évoque l’histoire d’Orphée – dont la tête continua de chanter la poésie, même après qu’Orphée a été dépecé par les Ménades. Evoquant cet Orphée du célèbre duo libanais, Sam Bardaouil, imaginant probablement toutes ces têtes brûlées du Liban qui continuent de poétiser la vie, a dû interrompre un instant son discours, saisi par la puissance des émotions qui nous étreignent, quand nous accueillons la fragilité.

Orpheu Negro, Marcel Camus, 1959

La tête et la lyre d’Orphée rejetées par les vagues sur les rives de Lesbos, par Gustave Courtois, 1875

Moi, Barbara Polla, Je suis Barbara Polla

septembre 8, 2022

J’ai adoré être vous pendant cette expérience qui a duré un an et demi, être vous, artistes, qui nous faites rêver de tant de possibles, qui élargissez notre monde et multipliez nos identités. L’art permet cela, comme la médecine, cet apprentissage de qui peut être l’autre, un apprentissage de la singularité et de la démocratie.

Portrait of Barbara Polla by Robert Montgomery

COSMIC HAND : tout art est politique

septembre 6, 2022

Et ainsi est l’art de Caroline Tschumi, même si elle se dit clairement apolitique, et c’est cet aspect que j’aimerais évoquer ici.

Beaucoup de choses passionnantes ont été écrites déjà sur le travail passionnant de la jeune artiste vaudoise qui expose au Château de Chillon pendant six mois et à Analix Forever pendant six semaines, écrites en particulier par Paul Bernard et par Jill Gasparina, dès 2020 et tout récemment pour le livre qui paraît à l’occasion de l’exposition Princesses en lumière au château de Chillon.

COSMIC HAND : ce titre signe à la fois l’importance capitale de la main dans le travail de Caroline Tschumi : la main, comme un cerveau, comme une tête, une capita ; son instrument de travail, qui fait le lien entre son corps et sa création ; la main, qui ouvre d’autres mondes, d’autres perceptions, et qui indique d’autres directions, psychédéliques, spirituelles… La main qui, ici, peinte sur les murs de la galerie, contient même les dessins.

Politique alors ? Caroline Tschumi nous suggère, discrètement, avec précaution, sans rien affirmer, que les vérités sont multiples, qu’elles sont individuelles, qu’elles sont à vivre dans l’ouverture, qu’il existe au-delà de nos raisonnements raisonnables d’autres possibles, d’autres liens au monde et à notre environnement. Il est éminemment salutaire, tout particulièrement en ces temps d’enfermement dans la peur, de penser et donner à penser qu’il existe « autre chose », qu’il se trame autre chose, que nous ne voyons pas forcément, et ceci quand bien même Caroline Tschumi a les pieds bien sur terre, dans le présent – mais peut être, à l’instar des Aymaras, avec cette notion que le futur est derrière nous et que pour le voir, il nous faut nous retourner.

Politique encore ? Oui, et éminemment féministe, même si, à nouveau, Caroline Tschumi ne se définit pas comme telle, encore qu’elle se demande comment ne pas l’être, féministe, dans le monde qui est le nôtre. Le féminisme de Caroline Tschumi, s’il en est un, est largement ouvert, et inclusif : l’artiste estime que tout être peut se ressentir un corps maternel, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir mis au monde des enfants pour savoir ce qu’est un corps maternel, un concept  qu’elle a incarné dans sa précédente exposition, « Mothership », le vaisseau mère. Caroline Tschumi se sent (parfois) un corps maternel. Dans le cadre de son travail artistique, c’est arrivé comme un accident, une surprise, une découverte, une révélation. Aucune revendication de sa part – mais comme une forme de mise au monde. Un corps maternel, oui, mais au sens le plus vaste du terme. Maternel comme cosmique. Maternel comme créatif.  

Plus pragmatiquement – plus politiquement – cette possibilité d’un corps maternel ressenti et défini en l’absence même de l’enfant pourrait avoir des effets extraordinairement bénéfiques pour les femmes en tant que groupe qui se désire uni, à commencer par abolir l’une des oppositions majeures qui sépare les femmes en deux camps : les « généreuses », celles qui décident de se « sacrifier » pour mettre au monde des enfants – et les autres, les « pauvres » qui ne peuvent pas en avoir et les mauvaises (souvent affublées d’épithètes en « s… ») qui n’en veulent pas. Si la possibilité incarnée par Caroline Tschumi devenait virale, alors on n’entendrait plus les sempiternelles malveillances : « Elle ne peut pas comprendre, elle n’a pas d’enfant ». « Elle ne sait pas ce que c’est que la plénitude de la maternité ». Les mères qui ont des enfants arrêteraient de revendiquer la maternité pour elles seules. Les femmes qui n’ont pas d’enfants pourraient enrichir la conversation sur la maternité. La parentalité prendrait un autre visage, auquel les hommes et les autres pourraient participer comme les femmes, avec ou sans enfants.       
Inclusif indeed !

Caroline Tschumi, Accélérateur de particules (extrait), technique mixte sur papier, 2022

Belle-Île-en-Mer

août 15, 2022

La France est un pays magnifique. Un pays politique, littéraire et érotique.

Véronique Caye m’a invitée à Belle-Île-en-Mer et nous travaillons à notre Manifeste d’Érotisme existentiel. Cela fait des mois que nous échangeons régulièrement des fragments de texte. Ici, le manifeste prend forme. Et il se passe cette chose inespérée et quasi miraculeuse : nous sommes d’accord sur tout, sur le fond comme sur la forme. Dans nos aller-retours continuels de chapitres, de corrections, de révisions, aucun ego, ni de l’une ni de l’autre. Pas d’ego, mais du duo : faire le mieux possible, chacune pour elle-même et pour le résultat commun. Nous écrivons tellement ensemble qu’on ne sait plus qui a écrit quoi. Véronique me dit « Toi la beauté des mots, nous la poésie, moi les concepts et la synthèse, toi l’hésitation… » Expérience rare et palpitante.

Et le soir, nous allons à la plage.

Et la nuit, je regarde le phare, dans la brume. Véronique me dit qu’on le voit à 40km de la côte.

SHARING CULTURE

août 2, 2022
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Vous serez à Venise début août ? Ce serait merveilleux si vous vous joigniez à moi, à nous, pour partager… c’est à l’European Cultural Centre, le samedi 6 août de 16 à 18h.

Au cours de cette conférence, je vais raconter le parcours de SHARING PERAMA, tout ce que j’ai appris au cours des cinq dernières années, et comment il est possible de faire vivre une association culturelle, quelles sont les difficultés majeures, les récompenses et les rêves. Je m’attacherai aussi à montrer comment la « guérilla culturelle » de divers acteurs, tels Brigitte Renaud, la fondatrice de la Quadriennale de Malbuisson (France), ou Jeanne Roualet et Fabrice Melquiot à Evora (Portugal), finit par créer un réseau social fort.

Vos propres expériences dans la création et/ou la gestion d’associations culturelles et sociales seront primordiales lors de nos discussions !  

Je me réjouis d’échanger avec vous. 

Vous trouverez l’invitation de l’ECC ci-dessous, avec mes remerciements tous particuliers à Garance Primat, marraine du projet ; à Hala Fadel, un nouvel ange pour SHARING PERAMA ; et à Lionel Aeschlimann de Mirabaud — soutien indéfectible à la culture.

Thanks for SHARING !

Location: Palazzo Mora — Venice
Date & Time: 6 August | 16:00 – 18:00

The European Cultural Centre is delighted to invite you to the presentation Sharing Culture, organised by Barbara Polla, founder of the Greek cultural association Sharing Perama. The event will be hosted by the European Cultural Centre on Saturday 6th of August from 16:00 to 18:00 at Palazzo Mora. Sharing Culture? Doctor and researcher, Barbara Polla, also curator and gallerist, will highlight how it is possible to bring a cultural association to life, which are the major difficulties, the rewards and the “Forever dreams” involved. She will also mention other similar projects in Europe, to show how the “cultural guerilla” of various actors ends up creating a strong social network. The conference is an extension of the exhibition Sharing Perama – Sharing Art now on show as part of Personal Structures – Reflections at Palazzo Mora. The project is based on values and utopias turned into realities: art and culture in the public space, poetry in shared environments, sustainability and humane ecology, all values represented by the participating artists, each of them in their unique aesthetic forms.

The event is intended to be a time for conversation and an opportunity to share ideas and experiences with all the participants.

To see more : https://personalstructures.com/events/sharing-culture/

«  Love hard, fight easy » , la boxe est une fête (2) : en vidéo maintenant !

juillet 27, 2022

Le dimanche 30 janvier, la boxe fut une fêteDana Hoey et Mimiko Türkkan ont offert à ma galerie et au monde l’une des performances les plus extraordinaires que j’aie eu le privilège d’accueillir : deux femmes, deux photographes que j’admire profondément, deux artistes qui toutes deux font de la boxe thaï à haut niveau, enseignent la boxe à d’autres femmes et utilisent la boxe dans leur travail artistique, l’une de New York et l’autre d’Istanbul, se retrouve sur le ring improvisé d’Analix Forever pour se battre pendant une heure… un match dont vous avez un aperçu dans la vidéo ci dessous, montée par Mimiko Türkkan.

Regarder, admirer, soutenir, participer, c’est un peu être aussi — même si comme moi on n’a aucun talent pour la boxe.

Hommage à AMI — La magie de la poésie

juillet 15, 2022

En hommage à AMI, Véronique Caye et Philippe Langlois ont imaginé et composé une lecture polyphonique, dont je suis l’une des lectrices, lecture basée sur des poèmes des poètes grecs, de Sappho à Cavafis, et notamment des poèmes d’Ólga Vόtsi, de son vrai nom Ólga Boúki-Platí, poète, essayiste et traductrice grecque, née au Pirée le 14 décembre 1922, morte à Athènes en 1998, et qui a laissé une œuvre reconnue par la critique littéraire, plusieurs fois primée et traduite. Le titre de cette lecture polyphonique est inspiré de Sappho :

… cœur
… tout entier
… je peux
… tant que ton beau visage renverra sur moi sa lumière

Moi,  j’ai découpé la lecture pour ne retenir que « mes » mots et c’est très beau : la magie de la poésie

Là-bas la Nuit ne vient pas encore

alors qu’elle est tellement présente ici ; 

Les hauts-fonds eux aussi
ont leurs souffrances et réjouissances.

pour te comprendre ?

Ton regard n’est guère différent
d’un versant qui s’assombrit

et dégringole dans l’éloignement

arrive en écume à tes pieds

Ta pensée, après toute cette mer,
descendue de l’état de mouette,
endosse la peau de l’adaptation et s’efface. 

Dans l’obscurité, 

où coule un ruisseau, 

Et soudain tu te trouves comme les oiseaux enfiévrés de désir, au milieu de ce Paradis où, de manière si imprévue, on t’a mise,

suave,
présent du vent, 

en étonnement,
sans que tu aies le temps en pensée de bouger,

cette bonté qui jusqu’au cou t’as inondée.

Visage de l’amour, comme les voulait
ta poésie… Dans les nuits de ta jeunesse

La largeur des deux
s’articule sur ton front.

montre que tu attends la tempête
des immensités.

Ou de ta vie ?

ou volée ?

ou à la photo ?

Atmosphère de la maison, des cafés, du quartier
Que j’ai sous les yeux et où je marche ; depuis des années.

Je t’ai façonné dans la joie et dans les peines : 
Avec tant d’événements, avec tant de choses. 
Et te voici, pour moi, devenue l’amour même.

passagère,

sa pure blancheur

Parfois, elle nous parle en rêve ;

Et avec elle résonne

dans la nuit.