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Dans le doute

septembre 10, 2021

La société de contrôle dans laquelle nous vivons aujourd’hui sépare plus efficacement que jamais les « bons » (ceux qui obéissent) des « mauvais » : les autres.

Une fracture idéologique aussi dangereuse que fallacieuse qui souvent rejoint les fractures sociales, celles entre le nord et le sud (y compris en France), entre les pays riches et les pays pauvres, entre les gens de pouvoir et ceux qui se tiennent à distance du pouvoir, et les contrôleurs et les contrôlés, chacun d’ailleurs devenant peu ou prou et alternativement contrôleur et contrôlé.

Une division du monde largement retransmise par les media qui s’en donnent à cœur joie – une division dont nous laissons allégrement l’empreinte marquer les esprits des plus jeunes : il y aurait donc, dans le vrai monde aussi, pas seulement dans les contes et dans les films, les bons et les méchants ? Les cerveaux enregistrent la division. Comme les IA. Et en parallèle « on » affirme enseigner l’ouverture, la tolérance, le respect ?

Le problème, c’est que la division l’emporte toujours, si on n’y prend garde à chaque instant. Parce qu’elle est simple. Je ne connais pas le pourcentage de gens du voyage qui sont vaccinés – mais au premier regard on va se dire : mmm… mauvais. Une raison de plus à l’exclusion. Les migrants, tous vaccinés ? Peu probable. Alors, on en fait quoi des migrants ? Et des chats ? Et de moi ?

Oui, quid de moi ? Moi, j’ai cette chance, en l’occurrence, d’observer les fissures, les scissions actuelles, d’un poste privilégié. Je ne suis pas vaccinée. Mauvaise ! Je ne suis pas vaccinée parce que mon système immunitaire hypersensible et particulièrement réactif (tout comme moi) représente une contrindication à la vaccination (antécédents de maladie sérique). Cela me rend-il bonne ? Pas vraiment. Je suis en « zone grise », comprise ici comme zone de doute, d’hésitation, d’incertitude, et donc d’existence. Un interstice humain inclusif, une zone indéfinie d’autonomie transitoire, où la question de savoir qui des exclus ou des excluant a tort ou raison ne se pose pas en noir et blanc, mais tout en nuances. 

Comme dans ce Voyage entre deux mondes de l’Atelier Onoko.

© Atelier Onoko

Oui nous étions à l’école ensemble…

septembre 5, 2021

Et il est le premier à m’avoir fait découvrir l’opéra. Merci Etienne.

Barbara Polla publie un livre sur son aventure de galeriste genevoise, « L’art est une fête ». L’article d’Etienne Dumont dans Bilan.

Médecin, écrivaine, politicienne et mère de famille, la femme a mené tambour battant l’aventure d’Analix Forever. Elle continue aujourd’hui avec « L’herbe entre les pavé ».

Attention, boulimique! Depuis que j’ai été à l’école avec elle dans les années 1960, Barbara Polla (qui s’appelait alors Imhoof) me donne le tournis. Cette première de classe s’intéresse aujourd’hui encore à de multiples choses, sautant d’un sujet à l’autre et d’une activité à la suivante. On l’a connue à Harvard, à l’Hôpital Cochin de Paris ou à Art/Basel comme à Berne au Conseil National suisse. Une élue libérale genevoise. Quand je ne la vois pas traîner aujourd’hui une valise pour Paris, c’est que Barbara écrit. Entre deux et trois livres par an, parfois en collaboration. Et ce n’est pas tout, même si elle n’a plus à s’occuper de ses quatre filles, depuis longtemps sorties de leur coquille! La Barbara septuagénaire n’a en rien limité ses appétences et ses appétits.

Le dernier ouvrage de Barbara, qu’a illustré de ses dessins Julien Serve, s’intitule «L’art est une fête». Il s’agit ici de parler de son aventure de galeriste, commencée il y a trente-sept ans avec une idée de derrière la tête. Elle a longtemps mis à se concrétiser. Ce sera dans un vieux laboratoire, qui deviendra Analix. Un lieu qu’une fatale faute de frappe, en Allemagne, transformera un temps dans l’esprit des gens en Anal-X. «Une appellation sulfureuse» selon Barbara, à laquelle la chose ne devait pourtant pas déplaire. J’aurais en effet pu préciser dans mon premier paragraphe qu’on lui doit aussi des ouvrages érotiques.

« Name dropping »
Pourquoi ouvrir une galerie, puis plusieurs autres espaces à Genève (Barbara se trouve aujourd’hui à Chêne-Bourg)? «La réponse est que je ne sais pas.» Une chose sûre, cependant. «Je ne voulais pas une galerie verticale: je voulais de la musique.» D’où ce désir d’ouvrir les lieux voués à toutes sortes d’expérimentations verbales et sonores. Barbara ose. Du coup, elle essaie. Comme elle happe au passage les créateurs qui l’intéressent. Il va ainsi passer du beau monde à Analix, qui deviendra plus tard «Forever». Le livre actuel tient du «name dropping», avec ce que la chose peut avoir d’épuisant pour le lecteur. Comment s’y retrouver au milieu de tous ces noms, parfois inconnus pour lui? Des gens immanquablement merveilleux, avec lesquels la galeriste s’est tout de suite sentie en parfaite communauté d’âmes. Barbara positive à longueur de pages. Tout n’a pas été cependant toujours facile. L’auteure s’attarde sur ses difficultés financières, toujours résolues in extremis. Elle raconte la fin de son grand espace genevois, revendu à un coiffeur de luxe. Barbara s’était alors repliée sur un espace minuscule, fermé lui-même le 31 décembre 2019, tout en organisant des choses à Paris. Elle s’est depuis, comme je vous l’ai dit, installée en périphérie en tentant de ne pas devenir elle-même périphérique. Son nouvel établissement se nomme du coup «L’herbe entre les pavés». Mais la femme reste une battante, épaulée par un conseiller culturel, un conseiller poétique et une conseillère philosophique. Excusez du peu!

Bouchées doubles
Et puis il lui reste la littérature, avec des ouvrages qui semblent parfois (comme celui-ci) écrits à toute vitesse. Normal. Barbara est une femme pressée, comme il y avait «L’homme pressé» pour Paul Morand. Que voulez-vous? Le temps raccourcit, même quand on se lève avant six heures du matin. Il subsiste d’autres femmes en elle à faire surgir. De quoi donner à la boulimique dont je parlais l’envie de mettre les bouchées doubles.

Pratique
«L’art est une fête», de Barbara Polla, dessins de Julien Serve, aux Editions Slatkine, 236 pages.

C’est la rentrée et c’est une fête

août 30, 2021

Ma rentrée littéraire, c’est chez Slatkine cette année, avec L’Art est une Fête, qui raconte trente ans de vie avec les artistes, et comment faire vivre une galerie entre rêves et réalités, entre Paris et Genève, entre le siècle précédent et celui que nous vivons, entre chaos et créativité, entre la pluie et le beau temps… Et vous êtes tous invités, ce jeudi 2 septembre, au Café Slatkine, entre 18 et 20h, à fêter cette fête. Il suffit de vous inscrire (barbara.s.polla @ gmail.com). Je serais ravie de votre présence. Et je vous raconterai pourquoi j’ai ouvert une galerie, plutôt que de devenir psychiatre, alors que fondamentalement, c’est bien l’âme humaine qui m’intéresse. Et je vous dirai pourquoi je veux continuer : parce que j’aime l’art et les artistes, bien sûr. Mais aussi pour admirer, encore, l’herbe entre les pavés et tout ce qu’elle représente. Elle est là, dans la cour d’Analix Forever. Elle est ce qui échappe aux pavés, ce qui s’évade du dur, ce qui fait vie plutôt que violence. Elle est l’essentiel contre l’insignifiant. Elle est l’écriture. Elle est la poésie. Elle est « l’herbe qui toujours repousse, qui toujours finit par dissimuler les cicatrices de la Terre, humaines, animales, végétales. » L’herbe entre les pavés, c’est ce qui infiltre, ce qui résiste. C’est la vie et la création, la survie, modeste et joyeuse, discrète et résiliente, puissante et invisible – ou presque. C’est ce qui restera, toujours. C’est le passé : l’herbe était là, bien avant nous, des millions de millénaires avant nous – c’est l’à venir aussi, car elle repousse, toujours, partout. Et au-delà de l’art et de l’herbe entre les pavés ? Continuer, pour apprendre encore, et encore. Parce qu’apprendre est une fête.

Et c’est aussi la rentrée, studieuse, de tous les écoliers, collégiens, étudiants en herbe et c’est la rentrée pour Sasha Polla ! Oui Sasha, apprendre est une fête, Forever.

Vous connaissez Dimitris Dimitriadis ?

août 23, 2021

Moi oui, j’ai cette chance. Le plus grand homme de théâtre grec d’aujourd’hui. Le plus grand traducteur grec. L’écrivain du désir — de la violence du désir. L’auteur de Mon plus extrême désir. Et de L’Apologie du désir, qu’il a écrite tout exprès pour la journée que j’avais eu le bonheur d’organiser en son honneur, à Athènes, en 2013 : « Je bande comme un pays. » L’Apologie du désir, qui fut jouée le soir même, avec Dimitris Dimitriadis in persona dans le rôle de Socrate. L’Apologie du Désir encore, publiée avec mon Éloge de l’Érection.

L’Annonce faite à Cassandre est l’un de ses derniers ouvrages traduits en français et publiés par Le Miel des Anges.
Et JE SUIS Dimitris Dimitriadis.

Pour en savoir plus sur l’oeuvre dessiné de Dimitris Dimitriadis : rendez vous à Paris en octobre, et cliquer ici.

© Dimitris Dimitriadis

ce soir non plus je n’aurai pas caressé son âme

août 18, 2021

Manolis Baboussis est l’un des dix artistes grecs dont les oeuvres seront exposées à Perama dans « La Voie Verte » , une exposition organisée par SHARING PERAMA (vernissage le 24 septembre). Engagé politiquement et poétiquement — « poélitiquement » — Manolis Baboussis s’intéresse à l’architecture, à  l’intervention humaine dans les environnements naturels et aux notions d’emprisonnement et d’impasse, de présence et d’absence et il vit une vie sauvage, créative, à l’écoute des arbres et du vent et de la terre et de la lune… écoutez…

Je vois la moitié du visage
j’entends la moitié des voix les autres
parasites radiophoniques dans la ville
à la campagne nous marchons ensemble 
je vois la moitié des arbres le ciel 

tu n’es pas étrangère sous la lune
bleu profond couleur unique
l’autre moitié noire
la terre de la rue

un souffle de vent caresse le silence
brosse les feuilles bruissantes
dans l’une des chambres la lumière s’est éteinte 
mais pas la distance qui la sépare de l’autre
ce soir non plus
je n’aurai pas caressé son âme

Manolis Baboussis (traduction du grec Barbara Polla & Lydia Dambassina), © l’artiste 
extrait de : Manolis Baboussis, 2014, Ileana Tounta Contemporary Art Center

Manolis Baboussis, Untitled, marker on paper, 2012, 29,5 x 21 cm, © l’artiste
Manolis Baboussis, Imola,1973, colorprint, 100x 150 cm, © l’artiste

Pour en savoir plus, cliquez ici.

4 août 2020 – 4 août 2021, avec Joana Hadjithomas et Khalil Joreige

août 4, 2021

Le 4 août 2020, Joana Hadjithomas est à Beyrouth, au café Urbanista, qui donne sur la rue Gemmayzeh, avec une amie, et parle avec elle de la révolution, d’engagements, de lendemains désirables et de la possibilité de l’art. Puis un bruit étrange, un tremblement sourd… Les réactions de ceux qui ont connu la guerre et qui savent que tout peut advenir vont sauver les deux femmes : elles se recroquevillent immédiatement sous la table. Le souffle de l’explosion alors les traverse, traverse leur corps, telle une tornade. Et reste dans leur corps, pour longtemps, pour toujours peut être.

Dehors, la brume épaisse empêche d’abord de voir, puis se révèle un paysage méconnaissable, incompréhensible. Des cadavres, des gens blessés. Et quand Joana arrive devant ce qui était sa maison, il n’y a plus de maison. L’atelier lui aussi est détruit. Toutes les photographies qui y archivées ont été griffées par le verre, toutes les images lacérées par le souffle. Aucune n’est intacte, toutes portent la trace de l’explosion. « Nos images en porteront la trace désormais », écrit Joana dans un texte éprouvant intitulé L’explosion… Et après, publié dans Répliques 2020.  

Ce 4 août, Joana a dû le raconter et le raconter encore, puis l’écrire, non pas pour oublier, mais pour ouvrir la porte au temps de la régénération. Dans un entretien avec Mathieu Champalaune et Erwan Floch’lay publié dans le même Répliques 2020, Joana conclut ainsi : « On s’est rendus compte du vertige temporal, que les choses étaient cycliques, que l’histoire est un palimpseste sans fin et qu’après chaque catastrophe, survient le temps de la régénération. »

Mais au Liban, le temps de la régénération se fait attendre. Un an après l’explosion, la situation socio-politique, économique, et les conditions de vie des libanais, sont plus catastrophiques encore. Mais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige sont en ce moment même à Beyrouth, avec le rêve fou d’une renaissance par l’art et le cinéma. Créer un nouveau lieu pour le cinéma du Liban et du monde. Cela paraît irréaliste au regard des problèmes abyssaux du quotidien mais il faut croire aux rêves les plus fous pour faire advenir des possibles. Je veux voir. Never surrender.

© Julien Serve, portrait de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas, dessin, 2021

Et Joana ajoute encore : « La poésie est extrêmement importante parce que la forme est au centre de tout, qu’elle nous intéresse et nous interpelle, alliée à une recherche constante de la beauté, du rapport au vivant ou au politique pour survivre. »

Le 1er août, marcher sur un nuage et écouter le bruit de la neige

juillet 31, 2021

J’ai un genou en miettes… L’un des nombreux docteurs que j’ai sollicités ces jours-ci pour me soigner a décrété : « Mais Madame, votre genou ressemble à un nuage et on ne peut pas marcher sur un nuage ! » Mais si, en poésie c’est possible, n’est-ce pas ?

Et écouter le bruit de la neige un 1er août aussi, c’est possible.

© JiSun Lee

Alors, joignez vous à nous pour écouter-voir, ce dimanche à 16h, à la galerie. L’Association Le bruit de la neige, en collaboration avec l’Art-Club de Genève, décerne le Prix Russolo : c’est le public qui choisira la lauréate (j’espère tant une lauréate…) parmi les sept finalistes. Russolo ? Peintre et compositeur italien fondateur de la musique bruitiste — cela ne vous évoque pas Les Noisebringers, nos invités du New Punk ? Ils seront là d’ailleurs… Et pour davantage de détails : cliquer ici.

Et encore, pour ce 1er août de rêve, un message très spécial de Perama, avec un tout grand merci à l’artiste Robert Montgomery et à l’Ambassade de Suisse en Grèce. Il faut visionner la vidéo — qui sera postée sur le FB de l’Ambassade le 1er août — jusqu’à la fin pour voir THE BEGINNING OF HOPE… Regardez bien !

Certaines l’aiment chaud

juillet 26, 2021

À propos d’érotisme féminin et de politique — après la poésie, voici la théorie. 

Les  femmes investissent aujourd’hui les champs politiques, économiques, artistiques, sportifs, aéronautiques, informatiques, techniques – en plus de tous les champs qui sont les leurs depuis des siècles, le soin, la petite enfance, l’éducation, la poésie… Est-il vraiment important qu’elles investissent aussi le champ érotique ? N’ont-elles pas assez à faire avec tous ces autres champs à s’approprier progressivement ?

Investir le champ érotique serait une préoccupation secondaire ? Je ne suis pas de cet avis : il me semble au contraire que de devenir les héraults et les chantres de notre propre érotisme pourrait bien représenter une manière encore inexplorée de détourner voire de briser le stéréotype résilient qui veut que les hommes soient des prédateurs sexuels et les femmes des victimes sexuelles. Non pas que les femmes deviendraient alors des prédatrices sexuelles, non, nous ne visons pas une telle inversion des rôles. Mais l’expression et le partage publics, et non plus seulement intimes, de nos désirs et de nos plaisirs érotiques – que cette expression soit esthétique, poétique, politique – nous écarteraient, nous femmes, de la position traditionnelle d’objets du désirs, pour nous faire entrer de plain pied dans un terrain d’échange et de jeu où nous serions alors partenaires à part entière.

Il reste malheureusement indéniable que les femmes subissent encore et toujours des abus sexuels de tous genres, en particulier dans le cadre familial. Une partie de cette réalité doit être corrigée par des changements profonds de l’éducation des garçons. Mais une jeune fille qui s’approprie le champ de l’éros, de l’érotisme voire de la pornographie – d’une pornographie à créer, qui serait sienne et non pas empruntée à celle existante – sortirait de ce fait même du champ prédésigné de la victime sexuelle. Je conçois donc l’appropriation du champ de l’éros, de l’érotisme et de la pornographie comme une voie encore largement inexplorée de l’indispensable protection – de l’auto-protection en l’occurrence – contre les agressions et les abus sexuels.

Une femme qui exprime son désir, ses désirs, quels qu’ils soient, est une femme proactive dans le domaine de la sexualité. Une telle attitude va à l’encontre de l’attitude de réserve qu’aujourd’hui encore on enseigne – de façon explicite ou implicite – aux jeunes filles. Le classique « Fais attention » qui leur est encore et toujours adressé pourrait être remplacé par « Exprime-toi ». Le fait d’être invitée à exprimer ses désirs plutôt que de les dissimuler détournerait les filles et les femmes de la sempiternelle question de savoir si elles vont plaire, au profit de définir ce qui va leur plaire – et donc aussi ce qui pourrait leur déplaire. Et voici que les garçons, les hommes, par effet de miroir, se mettraient peut-être à se demander comment ils pourraient répondre aux désirs ou à l’absence de désir de leurs partenaires, plutôt que d’être essentiellement préoccupés par leur « performance » et la satisfaction narcissique de leurs « pulsions ». Il n’est pas impossible qu’une telle attitude, nouvelle, des femmes, effrairait transitoirement les hommes – grand bien leur fasse si c’est le cas. À terme, il en découlerait indubitablement des échange plus équilibrés, plus riches, plus profonds, plus sensuels. Adieu la mascarade du plaisir que l’on simule, place au vrai plaisir !

Au début était le verbe, paraît-il. Au début de l’harmonie sexuelle, il y a aussi le fait de dire ce qui est désiré, agréable, nécessaire à notre épanouissement, et ce qui ne l’est pas. Sans prescription d’aucune sorte : ce qui est désiré par chacune d’entre nous, oui, mais individuellement, et non collectivement. Il n’y a aucune norme en la matière.

Pour lire l’article en entier : cliquer ici.

Ma vulve sur le Pan poétique des Muses, Astéroïde B-07-03

juillet 17, 2021

Merci au Pan poétique et à son projet « Dyonisiaque » , intitulé À nos Ivresses et aux Bacchantes, pour l’accueil réservé à mon poème, et merci aussi pour la très belle mise en page.
À lire et admirer ici.

Ma vulve 

Ma vulve est tous les fruits
les fruits de mon labeur
un fruit de la passion
mangue et citron vert 
et vigne toujours vierge
ma vulve fruit de mer
sanguine

Ma vulve est toutes les fleurs
mes pensées mes capucines
fleurs de pommiers fleurs carnivores 
le parfum des lauriers roses
et celui des lauriers blancs

Ma vulve est la tendresse
la violence de la vie
ma vulve est amour
je jouis en accouchant 
ma vulve est mon extase 

Ma vulve est la joie
Elle fait rire les déesses
Elle fait rire Demeter 
Et la console 
de la perte de Perséphone
Ma vulve est un sourire

Ma vulve est le temps
le temps de jouir
le temps de la vie
de mon envie de vie

Ma vulve est mon amie
fidèle compagnonne
chaque jour elle me rappelle
tu peux jouir tu sais

Elle s’endort avec moi
mes mains entre mes cuisses
– une dernière caresse  
se réveille à la rosée 
Ma vulve est mon témoin – testis de mes désirs
et elle chante pour toi
les chants des marins grecs

Pose ton oreille là, mon amant
et écoute ma vulve
tu entendras le vent 
le ressac et l’océan
la musique vient de là
les bateaux et les voiles et le chant des baleines
le chant des sirènes
le soleil en éruption

Il y a très longtemps au Rwanda
sur Flash FM une légende raconte 
que la fontaine d’une reine 
créa le lac Kivu
Le kunyaza fit jaillir l’eau
Une eau sacrée dit la légende
sur Radio Rwanda, Zirara Zubakwa
ma vulve est une fontaine
fontaine de jouvence

Ma vulve est politique
je suis femme sous mes jupons
comme des milliards d’autres femmes
des vulves au Parlement

Ma vulve est à moi
et à qui seule je veux
je suis le corps humain
le corps social le corps mortel
je suis mon corps
mon corps au Parlement
ma vulve est mon corps

Ma vulve est androgyne
Geisha aux lèvres blanches
ma vulve sait tout faire
rétention éjection ouverture ou refus
ma vulve est privilège

Dessine moi une vulve…

Ma vulve est ma planète 
ma vulve est ma princesse
une Sainte Exubérante

Astéroïde B-07-03

Mon 14 juillet à Perama

juillet 14, 2021

Le 14 juillet, c’est la fête de la France que j’aime. Le 14 juillet, c’est l’anniversaire de mon artiste de mère. Elle aurait eu 99 ans aujourd’hui.Ce 14 juillet, c’est la fête à Perama : nous avons installé ce matin, après un an d’attente, la deuxième partie de l’oeuvre de Robert Montgomery : THE BEGINNING OF HOPE, au dessus du péage par lequel passent ici chaque année huit millions de passagers, de et vers Salamine. Ceux qui arrivent de Salamine le matin vont voir THE BEGNNING OF HOPE. Ceux qui retournent à Salamine le soir, Η ΑΡΧΗ ΤΗΣ ΕΛΠΙΔΑΣ. Forever !

Joie, et merci à tous ceux qui ont contribué à cette oeuvre, l’artiste Robert Montgomery, OLP, le Δημοσ Περαματοσ et son maire, Iannis Lagoudakis, l’Ambassade de Suisse en Grèce, son Excellence l’Ambassadeur de Suisse en Grèce Olaf Kjelsen et Maria Papadopoulou tout particulièrement, tous ceux qui soutiennent SHARING PERAMA, Daphne Kouri et Neon Tryk.

Et voici les premières photos…

14 juillet 2021, Perama, Terma, 9h
14 juillet 2021, Perama, Terma, 9h30
14 juillet 2021, Perama, Terma, 11h
14 juillet 2021, Perama, Terma, Forever

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