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Ces quelques fleurs…

mars 8, 2021

J’aimerais une Journée des Femmes qui soit une célébration, un armistice, pleine de reconnaissance des libertés acquises, consciente des responsabilités et des devoirs qui sont les nôtres, de reprendre le flambeau dès le lendemain, pour toutes les femmes du monde, pour que plus jamais aucune Amanda Gorman ne soit importunée par un « agent de sécurité » mais protégée si nécessaire, pour que nos filles grandissent en liberté, aux côtés de garçons puis d’hommes libérés eux aussi de leurs carcans de stéréotypes de force et de pouvoir. Demain : des femmes et des hommes libres et puissant.e.s. En amour et ensemble. 

Je suis

février 26, 2021

Je suis deux femmes, deux artistes, deux féministes, deux boxeuses, deux photographes que j’admire.
Elles ont exposé ensemble à Analix Forever en 2020.
L’exposition s’intitulait « La puissance et la grâce »
Je suis Mimiko Türkkan. 
Je suis Dana Hoey.

Maïa Mazaurette, le verbe et la verve

février 18, 2021

Oui oui, je sais, ce n’est pas exactement le titre du nouveau livre de Maïa Mazaurette, La Vulve, la Verge & le Vibro (La Martinière, 2021). Mais le sous titre nous rappelle bien qu’au début était le verbe : Les mots du sexe selon Maïa. Et l’introduction à ce délicieux abécédaire que je vais m’empresser d’offrir à la ronde est irréfutable : ON NE RÉSOUT AUCUN PROBLÈME PAR L’IGNORANCE. Or les problèmes liés au sexe sont infinis. Alors, pour les aborder et éventuellement les résoudre, Maïa Mazaurette nous suggère la connaissance.

Celle ci s’acquiert de deux manières : par la pratique, et par l’étude. Maïa Mazaurette nous laisse toute latitude de pratiquer et d’expérimenter ce qui nous tente. En revanche, elle nous prend par la main pour nous emmener à l’école du sexe. Une école documentée – l’auteure connaît ses classiques, d’Orient comme d’Occident, et les renouvelle constamment – une école de la découverte, souvent drôle, légère comme l’est le sexe au meilleur de lui-même, jamais superficielle, jamais vulgaire. Notre « maîtresse »  appelle un chat un chat, une chatte une chatte, et quand on met les mots justes sur les choses on n’est jamais vulgaire. Et en délimitant de manière parfaite le fantasme de la réalité on oserait, même en ces temps funestes, parler de fauxceste – pour des temps moins funestes.

Oui, nous pouvons toutes et tous apprendre à parler de sexe. Nous pouvons toutes et tous apprendre à écouter parler de sexe. À tout âge, en tout genre, en tout lieu. Au cours des « dîners en ville » si tant est que cette pratique va reprendre. Parler de sexe, comme le suggère Maïa, comme on parlerait de carbonara. Tu mets de la crème, toi ? La verve de Maïa Mazaurette n’a pas de fin. Elle se réplique, se reproduit, se répond, s’amplifie. Jusqu’à la lettre Z. Z pour zone : la zone, c’est le foutoir. C’est l’endroit où se répand… la verve enchanteresse de Maïa Mazaurette.

© Michael Hull

Mon grand soir

février 5, 2021

Merci à Mélanie Croubalian, Claire Mudry (spécialement pour les abricots Luizet) et à Eric Grosjean, formidable trio ! — ainsi qu’à Dyane Dufault, Stéphane Goël, Simon Matthey-Doret, Arthur Hnatek (à bientôt à la galerie j’espère !), Jean-Marc Richard, Bonnie Tyler for The best is to come et à Jeff pour le premier jet de son beau poème.

Mimiko et moi, moi est Mimiko

février 4, 2021

Ses photographies sont le miroir de notre monde : de nos désirs et de nos peurs.

Remember — as in film, so in life

janvier 28, 2021

Remember. Le titre du premier livre d’Ali Kazma.
Alors, je me souviens… c’était en 2015. J’étais en résidence d’écriture au Musée Baksi, en Anatolie orientale. C’est là que j’ai écrit la première version d’un livre qui est ensuite devenu Paul-pris-dans-l’écriture. Ali Kazma, qui m’avait introduite auprès du directeur de Baksi, Hüsamettin Koçan, vient me rendre visite dans ce lieu mythique, caché dans les hautes collines de cette Anatolie sauvage. Et commence à me parler de ses notes, et me montrer son carnet en moleskine où il s’écrivait à lui-même, tous les jours, pour apprendre à calmer son angoisse de filmer et aborder ses « tournages » en sérénité. Je me mets à lire et je lui dis : « Ali, c’est génial, il faut publier ces notes, it will be extremely useful and interesting for all video artists — and beyond ! » Ali, comme à son habitude, y a travaillé avec la plus grande exigence. Et… as in film, so in life : sans aucune préméditation d’aucun de nous deux, nos deux livres, Remember et Paul-pris-dans-l’écriture sortent le même mois, en août 2020, cinq ans après notre discussion à Baksi. Ils ont été présentés en avant-première lors du vernissage à Genève de l’exposition féministe d’Ali Kazma, WOMEN AT WORK, le 4 septembre 2020. Et aujourd’hui, l’incroyable Fabien Ribery leur rend un si bel hommage, à lire ici

As in life, so in film. And there will be exceptions. 

Résidence Atelier AMI, An Infinite Love

janvier 24, 2021

Depuis le 30 décembre 2020, l’Atelier AMI a bouillonné d’activités, de découvertes, de travail, de projets. Une ruche de personnalités et d’idées – toutes accueillies de concert avec 49 photographies de Klavdij Sluban, de la série Entre Parenthèses, qui allient l’engagement du photographe pour le thème de la prison avec la beauté des images, envers et contre tout.

© Guillaume Varone
© Guillaume Varone

Le 30 décembre, mon amie Laurie Hurwitz, conservatrice de la MEP (Maison Européenne de la Photographie), arrive de Paris. Elle connaît bien Klavdij Sluban et qui ne voulait pas manquer de voir les nouvelles œuvres des séries Lits et Spasmes, exposées pour la première fois (voir l’Œil de la photographie). Des discussions passionnées entre nous et avec Joerg Bader, le Directeur du CPG (Centre de la Photographie Genève).

Un réveillon genevois, champagne au coin du feu, et mon amie part le 1er janvier alors qu’arrive l’écrivain Olivier Liron. Une merveilleuse manière de fêter le début de l’année que de découvrir l’homme qui a écrit Danse d’Atomes d’Or, mon dernier roman favori, et de l’écouter dire et jouer, impromptu bouleversant, dans l’Aparté de la galerie qui est aussi l’atelier de musique de Nikias Imhoof, l’un de mes poèmes préférés, La prose du transsibérien ou la petite Jehanne de France de Blaise Cendrars.

À peine Olivier Liron reparti, voici qu’arrive Véronique Caye, avec qui nous préparons sa prochaine exposition, « Horizon Véronique Caye ». Nous accueillons alors à l’Atelier Ami pour une soirée chacun le philosophe et médecin Pierre Corbaz, auteur de La Médecine comme une Tauromachie, puis le commissaire d’exposition Paul Ardenne, qui vont tous deux intervenir dans l’exposition de Véronique ; elle et moi préparons aussi la lecture du Cantique des Cantiques dans la version du pasteur Marc Faessler, intitulée L’Alliance du Désir, que nous lirons en sa présence et avec sa bénédiction quand l’exposition ouvrira.

© Véronique Caye

Puis Véronique repart et le même jour arrive Marios Fournaris, artiste grec de Perama, membre du team de SHARING PERAMA, qui vient travailler pendant dix jours pour préparer notre future exposition intitulée « La Voie Verte » une proposition fondée sur une écologie humaine et sur le Nouvel Humanisme qui est aussi le thème de la thèse de doctorat de l’artiste. Le lendemain, Guillaume Chamahian vient de Marseille pour me voir, il fait la connaissance de Marios, puis repart, mais Marios continue d’attirer de nombreuses visites, les amis de SHARING PERAMA, les amis de la galerie, Nikias Imhoof avec qui il parle le grec… il neige dehors mais on croirait le Sud.

Marios retourne à Perama le 21 janvier, pour que l’Atelier AMI puisse accueillir le même soir An Infinite Love, à savoir Per Hüttner, artiste et leader de VISION FORUM, l’artiste Joakim Forsgren, et le lendemain Maja Perret-Catipovic et Roxane Varone, tous impliqués dans ce projet. AnInfinite Love : vous voulez en savoir plus ? Regardez ici. Mais c’est aussi an infinite love for the arts. For the arts and for life. With gratitude to AMI.

L’Atelier AMI fait pause jusqu’au 10 février, début de la prochaine résidence : Olivier Liron revient pour écrire. Puis Abdul Rahman Katanani dès le 20 février. Faites-moi savoir si vous souhaitez les rencontrer !

Marios Fournaris, Olivier Liron, Abdul Rahman Katanani

In art and poetry, we are human — Souvenirs d’un printemps confiné

janvier 18, 2021

Le Pan Poétique des Muses nous fait la grâce de publier, d’abord sur leur site et désormais « en vrai », les textes de l’Équinoxe du printemps 2020, ceux que les lecteurs de cette Nuit qui n’eut pas lieu ont bien voulu me transmettre.
Avec les images de Véronique Caye et d’Eva Magyarosi

Merci aux poètes —  Thank you — and as writes Jeroen CANTRYN, We are human…

Thank you
For displaying such inspired resolutions,
To celebrating la poésia, and what, in fact,
Even in times of crisis,
Defines, humanity 

I am a caretaker, such is my profession,
And for us, healthcare professionals, a leap is being asked, at this time.
To me, the presence, and proximity, of words, of art,
Is all, the goal to be aspired
The belief, la reconnaissance, and the recognition,
That in art, we are human.

Avec également Chloé ARROUY Orianne CASTEL Christine GUINARD Nathalie GUIOT Nikias IMHOOF Mimi KUNZ Rachel LABASTIE Selçuk MUTLU Pierre LIEBAERT & Karelle MÉNINE Erik & Noah PARDAENS Cyrille Zoé POLLA Elya VERDAL & Virginie PROCUREUR Sofie VERRAEST

Pour toute commande : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/equinoxe-parution

Boys don’t cry, and I am Julien Serve

janvier 16, 2021

 

Je suis Julien Serve

C’est le bordel là-dedans j’ai pas pris le temps de faire de l’ordre
Alors je dessine
Dessiner ça fait pas de l’ordre
mais c’est comme respirer ça fait vivre

J’aime pas trop parler alors je suis devenu prof
J’enseigne le dessin aux enfants, dans les hôpitaux
Parfois je pleure, pour le monde, pour les enfants

J’aime pas trop me confier
Alors je prends mon crayon
Dessiner efface les larmes

Je suis Julien Serve
J’aime pas trop parler
alors je chante
et puis je joue, sur ma guitare, avec mes mains

Du bonheur de montrer un travail à peine éclos

janvier 12, 2021

J’ai cet honneur insigne de montrer ces oeuvres encore jamais vues de Klavdij Sluban.

Qui aurait attendu de la part de Klavdij Sluban une série de photos de bébé ? Bébé au singulier. Son bébé. Et qui aurait pensé qu’en 2020, en pleine pandémie, Sluban décide de montrer sans délai cette nouvelle série, lui qui habituellement met bien six à dix ans, à regarder ses clichés, à les sélectionner, à les comprendre ? C’est que dans ce cas précis, photographe a ressenti l’urgence. Le temps de la prison, le temps de ses voyages à pied à travers les Balkans, est un temps long, qui s’étire indéfiniment. Le temps des premiers mois d’un bébé est un temps court. À peine a-t-on le temps de fixer l’image qu’il est déjà un autre, le petit humain.
 
« Le bébé dans mes bras est pris soudain d’un spasme terrible qui le déchire sous mes yeux. Nous savons expliquer tant de choses inutiles, mais personne n’a réussi à trouver la cause de ces contractions foudroyantes – ni donc à y trouver remède. C’est pourtant dans une douleur poignante que ce petit corps se tend comme un arc dans mes bras. Pour déjouer l’angoisse du père, un protocole de riposte : figer ces scènes de terreur en sachant qu’elles disparaîtront comme elles sont apparues. Sans explication. » Photographier, figer la scène, et pour nous qui regardons les images, jouissance scopique, jouissance haptique, jouissance existentielle.
 
Le bébé crie. On l’entend crier en regardant les photographies. Il crie comme l’homme dans Le cri de Munch, mais à l’autre extrémité de l’éventail de la vie. À lui, l’angoisse de la naissance, de la séparation définitive, de la dépendance absolue. L’angoisse primordiale. Il faut vivre maintenant. La série aurait pu s’intituler Cri – mais Klavdij Sluban a choisi Spasmes. La vie est un spasme, à commencer par l’orgasme. Spasmes, aussi, parce que l’on croit que le bébé crie parce qu’il a mal au ventre. En réalité, il crie par angoisse existentielle. Angoisse absolue. Mais quand on regarde assez longtemps ces Spasmes, on finit par sourire. Ce n’est pas Munch. Le Cri de Munch ne fait pas sourire. Mais lui, le bébé, qui crie, qui angoisse, il finit par être émouvant, drôle, euphorisant même, parce que oui, petit homme, on va calmer ton angoisse, momentanément… , on va te faire grandir, on est toi, tu es nous, tu vas apprendre : quand tu cries, on va te nourrir, on va t’aider, on va t’aimer. Regarde, nous aussi, on a grandi. On a vécu. Et grâce à toi, maintenant, on n’a plus peur de mourir, tu es là, tu as réussi à naître, c’est tellement plus difficile que de mourir. Et Klavdij Sluban s’efface devant le bébé, comme il s’est toujours effacé devant les détenus. Devant l’autre. Le bébé, c’est l’altérité absolue. Alors, en immense photographe qu’il est, il offre au bébé le miroir. L’expérience du miroir, bien avant l’âge de Lacan. Il offre au bébé sa propre image. Le photographe disparaît, pour laisser place au bébé et à son double, dans une multitude de cris. 
 
Article complet à retrouver sur L’Oeil de la Photographie, en français and in English.