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Troisième Vie sur France Loisirs

mai 15, 2015

Pour en savoir plus, cliquer ici.

Femmes au travail, réjouissons-nous !

mai 14, 2015

J’aime le Canada. Je ne connais pas le pays mais je connais bien ses “policies” qui ont toujours forcé mon admiration. Le Canada a cette capacité constante de dépasser les opinions pour les aborder par des faits. Qu’il s’agisse de la prison, de l’immigration, et désormais du développement des enfants de femmes qui passent plus de temps à travailler qu’à s’occuper de leur progéniture, le Canada, toujours, préfère la réalité au préjugé.

Une équipe canadienne a donc étudié la question de savoir si les enfants avec lesquels leurs mères passent plus de temps se développent mieux. Eh bien alléluia, ce n’est pas le cas ! Ce que j’ai toujours pensé et argumenté, à savoir que ce qui importe aux enfants, pour se développer correctement, s’est d’être aimés avant toute chose, et que le temps de présence spécifique de la mère importe peu (en me basant notamment sur l’histoire : avant l’époque bourgeoise, les femmes travaillaient aux champs et les enfants grandissaient avec celles et ceux qui restaient dans les villages, ou alors les enfants naissaient dans des familles aristocrates et c’étaient les nourrices qui s’en occupaient ; et tout allait bien) – eh bien voilà, c’est désormais établi prouvé scientifique et publié ! The amount of time does not matter.

Les résultats de cette formidable étude me permettent enfin, à quelques 20 ans de distance, de répondre à cette ancienne conseillère nationale qui se reconnaîtra ici, qui lors d’un débat où j’avais été invitée, tout au début de ma carrière politique, pour parler de conciliation de la vie familiale et professionnelle, une conciliation que j’osais prendre à la légère (eh bien tant pis si mes filles vont à l’école avec une chaussette rouge et une chaussette bleue…), m’avait affirmé, publiquement : “Ce que vous préconisez, Madame Polla, n’est pas possible, et vous verrez dans quelques années les effets de la carence affective sur vos enfants”. J’ai vu – enfin je n’ai pas vu – elles vont bien merci – mais surtout, aujourd’hui, je dis merci à Melissa Milkie, professeure à l’Université de Toronto, au nom de l’équipe canado-états-unienne qui a réalisé l’étude.

Dans mon précédent “post” – ma fille Ada disait si bien que “Guilt is an emotion invented by men to make women feel bad. Don’t ever feel it.” Sometimes invented by other women, too. Donc : no guilt. Pride plutôt ! Femmes qui travaillez, avec plein d’enfants, comme je l’ai fait, je pense à tant d’entre vous, Laurence, Juliette, Rachel, Cyrille, Ornela, Dominique, Virginie, Karine, Manou, Magda, Sophie, Vanessa, Ahu, Maro, Marie-Lorraine, Pascale, Céline, Verena, Bénédicte, Alice, Catherine, Viviane…  Oui nous pouvons tout faire. Nous ne devons pas, mais nous pouvons faire tout ce que nous voulons, travail, enfants, engagements… As we wish, tout va bien, la qualité de notre épanouissement compensera la quantité de notre présence !

Alors, au travail !

Ah oui, et l’article de Nic Ulmi sur la question – merci Nic Ulmi, aussi !  :

Il n’y aurait pas de lien entre le bien-être des enfants et la quantité de temps passé par leur mère avec eux. C’est le résultat contre-intuitif d’une étude sociologique nord-américaine.

On se calme. On lâche un peu la pédale de la culpabilité. Apparemment, on a le droit. C’est ce que suggère une étude sociologique appelée «La quantité de temps que les mères passent avec leurs enfants et adolescents importe-t-elle?», qui fait quelques vagues en ce moment en Amérique du Nord. L’étude teste empiriquement, à l’aide de données récoltées sur la durée (on appelle cela une «mesure longitudinale»), la solidité d’une idée qui, pour beaucoup, semble aller de soi: plus une mère consacre du temps à son enfant, mieux celui-ci se porte. Vrai? Faux?

La notion, qui relève davantage de la croyance que de la connaissance, s’inscrit évidemment en porte-à-faux avec l’évolution économique et socioculturelle qui a vu les mères travailler de plus en plus souvent en dehors du foyer. Dans l’écart entre les convictions courantes et le changement sociétal, on a vu se développer une «idéologie du maternage intensif» (intensive mothering)  livrant les femmes à des pressions et injonctions contradictoires. Mais que se passe-t-il si on soumet cette idée à la grille d’analyse statistique des sciences sociales?

Melissa Milkie explique : «Beaucoup de chercheurs s’étaient demandé si le travail des mères en dehors du foyer affectait le développement des enfants. La plupart de ces études montraient qu’il y avait des effets très faibles, ou pas d’effet du tout. Il nous a semblé naturel d’aborder ce même sujet sous l’angle de la quantité de temps – ce que ces études antérieures ne faisaient pas.»

Le verdict? Contre-intuitif par rapport à la croyance dans le «caractère sacro-saint du temps maternel», mais cohérente avec les résultats des recherches antérieures évoquées plus haut, la conclusion est qu’il n’y a aucune corrélation entre la quantité de temps passé par les mères à materner et le bien-être de leur progéniture. Pareil, d’ailleurs, pour le temps paternel.

«Le corpus des recherches existantes suggère une perspective égalitaire: le temps des mères et celui des pères ne paraissent pas avoir des impacts différents», reprend Melissa Milkie. Il y a une autre surprise, toutefois. «Lorsqu’on observe la quantité de temps consacré conjointement par les deux parents à des activités avec les enfants, on découvre qu’elle semble avoir une corrélation positive avec le bien-être de ces derniers dans la tranche d’âge de 12 à 18 ans.» Pour des raisons qui restent à explorer, la quantité de présence parentale ferait ainsi une différence pour les adolescents, plutôt que pour les jeunes enfants – mais ceci ne vaudrait que pour les tranches de temps où les deux parents sont engagés simultanément.

Si en dehors de ce cas particulier, la quantité de temps ne fait pas une différence en tant que telle, qu’est-ce qui importe vraiment, pour que les enfants aillent bien? «Une seule étude ne peut évidemment suffire à fonder une vision d’ensemble: elle vise plutôt à enrichir la discussion sur les variables en jeu. Ce que l’on peut dire d’après les résultats, c’est que les facteurs effectivement corrélés au bien-être des enfants sont liés d’une part aux variables socio-économiques, et d’autre part à la qualité du temps qu’on passe avec eux, plutôt qu’à sa quantité.» Evident? Sans doute. Notons que ce “temps de qualité” est d’ailleurs celui que les mères travaillant hors du foyer tendent à conserver, selon une autre étude, publiée en 2014 et basée cliquez ici : sur les mêmes données du PSID-CDS 3.

Pour lire l’entièreté de l’article paru dans le Temps, cliquer ici.

OMG, my mother was right about everything…

mai 11, 2015

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Adamantaboutbeauty : je vais vraiment essayer de suivre mes propres bons conseils à la lettre, tels que je les retrouve sur le blog de ma fille Ada !

Vive les filles, vive les “moms”, vive les femmes !

Ne crachons pas dans la lagune (2)

mai 11, 2015

Artnet de Charybde en Scylla : cette fois-ci le titre est “Okwui Enwezor’s 56th Venice Biennale Is Morose, Joyless, and Ugly” (C’est Benjamin Genocchio qui le dit).

Qui a peur d’Okwui Enwezor – et pourquoi ? Parce que cette biennale risque d’affecter les ventes aux enchères ? Les Jeff Koons et tout le tralala des œuvres spectaculaires, colorées, gaies s’il vous plaît, gaies ! et attirantes seraient-elles menacées par le propos sérieux et formidablement cohérent (une cohérence reconnue même par le Genocchio) d’Okwui Enwezor, pour qu’Artnet ressente un tel besoin de dire que c’est morose, triste et laid, cette biennale tournée vers l’Afrique ? Ne crachons pas dans la lagune !

Non mais. Reprenons… Un des espaces les plus beaux, simples, touchants de l’Arsenal est le fait de la jeune artiste turque Meriç Algün Ringborg, vivant à Stockholm. Une chambre, des souvenirs, une lampe, des photos drôles, un globe, une assiette brisée au sol, un effet mémoriel formidable, notre jeunesse et nos ailleurs, voilà une œuvre lumineuse qui appelle le sourire et le bien-être.

ARSENALE BIENNALE DE VENISE MERIC ALGUN CHAMBRE

Genocchio n’a pas dû voir, pas encore assez connue pour lui, Meriç Algün Ringborg, pas (encore) vendable aux enchères…

Et on peut reprocher beaucoup de choses au film Vertigo Sea de John Akomfrahs – d’être “National Geographic”, sensationnaliste, spectaculaire, agrémenté d’une musique qu’il eût mieux fait de taire – mais certes pas “Morose, Joyless, and Ugly”.  ETC !

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Peut-être ce matin là Benjamin Genocchio s’est-il regardé un peu trop longuement dans le miroir de sa chambre d’hôtel, une chambre forcément jolie, gaie et riante ? Et voilà ce qu’il a vu, le miroir…

Peace and Sex !

mai 10, 2015

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Pendant le Salon du Livre de Genève, la Présidente du Salon, Isabelle Falconnier, a organisé, entre autres mille activités passionnantes, une table ronde sur la liberté d’expression des femmes. Une table ronde qui aurait pu être formidable au vu des participantes (Coline De Senarclens Laurence Deonna, Silvia Ricci-Lempen, Elena Tchijova, Elisabeth Thorens). Pour une raison que je n’ai pas encore élucidée, pourtant, quelque chose n’a pas fonctionné. Préoccuppée, j’ai posé la question au régisseur, plus tard : qu’en avez-vous pensé ? “Ah, il manquait un homme”, m’a-t-il répondu. Est-ce pour cette raison que nous avons donné l’impression d’affirmer notre liberté d’expression “contre” les hommes, comme nous le disait Isabelle Falconnier ?

Je ne sais – mais ce qui m’apparaît de plus en plus comme une évidence, c’est que si nous voulons, ici et aujourd’hui, avec cette liberté formidable dont nous jouissons d’ores et déjà, au quotidien – liberté de faire et de dire comme bon nous semble – si nous voulons assumer la responsabilité de devenir encore plus libres, nous devons également parler sexe. Hétérosexuelles incluses. Dire que le sexe est notre domaine aussi, que nous l’aimons (ou non si nous ne l’aimons pas), et ce que nous en aimons. Il me semble qu’une telle attitude pourrait contribuer à nous sortir enfin de la position de victimes sexuelles de nos hommes-bourreaux-prédateurs.

Et ceci, sans attendre la postménopause, elle qui semblerait nous “libérer” enfin, comme le prétend Julie Holland, le plus sérieusement du monde, photos à l’appui, dans time.com qui plus est. Oui, écoutez bien, sans rire ni pleurer : ce serait la postménopausalité de Hillary Clinton qui en ferait enfin une candidate non seulement crédible, mais finalement “papable”. Oui, car elle a changé de cycle. Hillary Clinton serait donc bonne pour être élue présidente parce qu’elle est hors cycle sexuel. Alleluïa ! Non mais, a-t-on jamais considéré qu’il fallait des taux de testostérone bas pour être un bon président ? Avons-nous besoin d’avoir des taux d’oestrogènes bas pour être une possible présidente ? Et qui nous dit que Hillary Clinton ne prend pas des hormones, et de un, et qu’elle ne déborde pas d’appétits et de désirs sexuels, et de deux ? Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle classification, ce nouveau parallélisme ô combien sournois :  femme hors activité sexuelle – femme capable d’occuper un poste “de pouvoir” ? Je crois rêver…

Et le lendemain, je lis sur le blog de Myriam Hoffmann, comme si elle avait entendu mes questionnements et bouillonnements :

“… Et s’il était dorénavant féministe de s’assumer en talons et mini jupe contre vents et marées, malgré les regards désobligeants, voire les insultes ou le harcèlement dans la rue ? Bref, être sexy peut-il être le moyen d’affirmer haut et fort ses convictions féministes ?  Du côté du féminisme, il y a effectivement du nouveau : le corps ! Après quarante ans d’émancipation fulgurante, il s’agit de remettre le corps au centre de la pensée féministe, aussi bien dans sa dimension procréatrice qu’esthétique – et de manière enfin bienveillante. Simone de Beauvoir dans « Deuxième Sexe » avait déjà dit : « La femme n’est un individu complet, et l’égale du mâle, que si elle est aussi un être humain sexué. Renoncer à sa féminité, c’est renoncer à une part de son humanité. … Si pour les féministes de la deuxième vague, mettre la question du corps des femmes entre parenthèses était une nécessité pour les aider à s’extirper de leur condition domestique et donc maternelle, cela ne saurait plus être. Cela a permis une valorisation de l’existence sociale des femmes, mais quid de la dimension privée de leur existence ?  …Il est temps de reconnaître que la liberté conquise par les femmes existe au-delà de la sphère sociale, mais bel et bien dans la sphère corporelle et intime : leur vie privée.  Comment vivre en toute liberté dans sa vie amoureuse et familiale, comment jouir du droit d’occuper bon nombre de fonctions professionnelles et sociales tout en étant aliénées de son image et de son corps ! On ne peut plus penser, en 2015, que le souci qu’ont les femmes de leur apparence est une soumission aux diktats masculins et commerciaux. »

Voilà qui me rassérène – et tant pis si la Tribune de Genève compare mon décolleté au Salon du Livre à celui somptueux d’Angela Merkel dans la robe non moins somptueuse qu’elle mit pour aller à l’Opéra d’Oslo – non, pas tant pis ! TANT MIEUX !

PS : Peace and Sex est aussi le titre de la prochaine session de VIDEO FOREVER, le jeudi 25 juin au 22 Visconti, Paris 6è, dès 19h.

Ne crachons pas dans la lagune (1)

mai 9, 2015

JJ Charlesworth écrit un papier pugnace sur la Biennale sur arnet.com. Oui certes, il y a des gens riches qui viennent ici, des commissaires, tout un monde qui tourne autour et vit de l’art et gravite parfois à contre-sens. Certes cela peut sembler hypocrite, à un regard superficiel. À propos, qui paie Charlesworth quand il écrit sur artnet ?

Mais à y regarder de plus près, qui célèbre-t-on vraiment à Venise ? Les artistes. Et les artistes ont travaillé comme des fous, pour réussir leur tour de force.

Je vous reparlerai de mes préférés et vous dirai pourquoi : Joanna Malinowska et Filip Markiewicz, les Polonais de Venise. Mais n’oubliez pas de visiter le Pavillon autrichien d’où je vous écris entourée des chants d’oiseaux dont on pense à première ouïe qu’ils font partie de l’installation de Heimo Zobernig ; et la Russie, l’Uruguay, la France, la Turquie, la Grèce, l’Afrique du Sud… et tous les autres. Sarah Lucas qui emplit le pavillon de la Grande-Bretagne de ses statues peut-être moins chargées d’émotion que d’habitude, mais baignant bienheureuses dans la lumière jaune, et ravies de leurs cigarettes de bronze qu’elles fument par le cul ou le sexe. Et comme dit Sarah Lucas : “Et pour ceux qui eussent préféré mes statues sans les cigarettes ? Eh bien je les ai mises quand même.” Sarah Lucas qui, folle de joie, accueille un millier de personnes à l’une de ces parties fantasmagoriques critiquées par Charlesworth. On célèbre qui à cette party ? Eh bien sachez-le, avant tout, Sarah Lucas elle-même. Et nous tous qui avons la chance d’être là, par osmose.

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La meilleure réponse à Charlesworth serait peut-être une œuvre de Jean-Daniel Berclaz, l’artiste suisse qui ne produit “que” des vernissages. Célébration après célébration. On espère le voir à Venise, au détour d’un pont.

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En l’attendant, j’ai été ravie d’être invitée à la party de Sarah Lucas (que j’avais invitée à Genève en résidence à Analix Forever en 1993), de son succès, de la puissance de l’art. De pouvoir, grâce à cette party, présenter, par exemple, le livre-portrait de l’artiste Shaun Gladwell (my guest ce soir-là) à Ralph Rugoff, le commissaire de la prochaine biennale de Lyon, et à tant d’autres. PATAFUNCTIONS, s’intitule le livre, une réplique fidèle et philosophiques des Semiotext(e)s du temps des études de Gladwell.

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L’art à Venise ? Patafunction peut-être : “out of place might be most in place”. Honni soit qui mal y pense. Ne crachons pas dans la lagune.

Maro Michalakakos, Greek godess of the joy to create

mai 4, 2015

Pour vous

Kiss me like you never kiss me again

April 18, 2015, State of Concept, Athens

“The artists are the murderers of death”, Pascal Quignard

Maro Michalakakos, as an artist, as a murderer of death, reminds us tonight that death is a feast for those like us who are alive.
And that this is how it should be. The artist reminds us that death makes us alive and shapes our human condition. Death shapes our civilizations, our religions, our positions in life, our creativity, our nostalgias, our actions – and our feasts.
Death shapes the greed and the impossibility of control of our human condition, up to the point that whenever we give birth, we also give death as a future promise. 
Death is uncontrollable. Killing and self killing are the ultimate desperate gestures to try to control it – another attempt being to keep life forever – as a medical doctor my own position towards the invaluable value of each day of my life, of your life, of our human lives, is shaped by my medical knowledge and unknowledge of death. It is not possible to understand death. Death cannot be controlled nor explained by art, but it is beautified by art; it may become a joy and even a play, through art.

Maro Michalakakos with this dinner reminds us that we should not leave the dead alone… They are part of us, they are inside us, they live with us. They are much more numerous than we are, they are everywhere, and wherever we put our live feet on earth, there are dead bodies buried underneath. They are generous to us, giving their bodies back to the world and this is what Maro Michalakakos enlightens tonight, feeding us with a body of death, with an artistic body of death – with her own body.

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