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J’ai ce privilège incroyable…

mai 9, 2018

D’être entourée de gens formidables, qui font, qui pensent, qui partagent, qui me donnent à voir, à lire, à penser, à aimer le monde…

Les artistes bien sûr. Frank Smith dont je montre le travail à Genève, les « 50 cinétracts + 1 ». Nous avons visionné ce midi Fin de mots au Château de Penthes, les spectateurs présents avaient tous les larmes dans les yeux et le cœur après la projection de ce film aussi sobre que poignant, aussi terrible que poétique. Merci Frank.

Frank Smith qui a écrit l’introduction de IVORY HONEY et viendra la lire au Silencio mercredi 16 – en présence de tous les artistes – et si ce n’est les artistes, leurs vidéos ! – qui m’ont inspirée pour ce premier recueil de la poétesse en herbe que je suis, Ursula Biemann, mounir fatmi, Abdul Rahman Katanani, Guendalina Salini – et Julien Serve bien sûr, dont les images accompagnent mes chansons – et Robert Montgomery, le poète-plasticien-éditeur qui publie my songs @ New River Press.

Et ceux qui vont venir lire à mes côtés : Laurie Hurwitz, Abdul Rahman Katanani, Jean-Philippe Rossignol, Frank encore.

Et Paul Ardenne, « conseiller culturel » pour VIDEO FOREVER, entre autres, et à Nicolas Etchenagucia – même s’il part en Afrique du Sud pendant dix jours pour un projet vidéo encore confidentiel, il revient le matin même du 22 mai tout exprès pour la prochaine séance de cette utopie concrète que nous portons tous trois ensemble à bout de bras depuis plusieurs années.

Et toutes celles et ceux qui suivent et soutiennent cette utopie-là et tant d’autres auxquelles je me consacre : la liberté – avec mes expositions Art & Prison, notamment celle du Château de Penthes – ou encore SHARING PERAMA (un grand merci à celles et ceux qui ont déjà contribué) …

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ON SE VOIT DEMAIN PAR HASARD ?

Ici ou ailleurs

MARDI 22 MAI À 19H
VIDEO FOREVER 35 *RÉSISTANCES À LA MARGE*
22 rue Visconti, 75006, Paris

Dans le cadre de l’exposition TALKING ABOUT A REVOLUTION, conçue par Paul Ardenne, Visconti22 et VIDEO FOREVER ont le plaisir de vous inviter à la projection
VIDEO FOREVER 35 *RÉSISTANCES À LA MARGE*

L’artiste, la solitude, la résistance

Avec des vidéos de Volkan ASLAN, Daniel BEERSTECHER, Regina Jose GALINDO, Ali Kazma, Luc MATTENBERGER, Frank SMITH, Alicia MERCY, Guendalina SALINI, Sarah TROUCHE, Tabita REZAIRE & Miguel Angel RIOS.

Solitude et résistance ne font pas forcément bon ménage, la résistance efficace est plutôt du côté du groupe, de la phalange organisée. L’artiste, sauf à opter pour la création en collectif, ou de nature participative, est le plus clair du temps un ouvrier isolé ou qui peut le devenir, emporté dans et par sa propre expérimentation créatrice, parfois bientôt muré en elle, retranché dès lors de la sphère de l’activisme social.

Une résistance solitaire est-elle possible ? La création vécue comme résistance à l’ordre établi, quel qu’il soit, est-elle soluble dans les grands mouvements d’opposition politiques ou éthiques ? Le créateur est porteur d’une « micropolitique », or celle-ci peut-elle être efficace au-delà du cercle restreint de sa propre personne ?

Toute création d’essence artistique est une « résistance » si l’on admet que créer, c’est changer l’ordre du monde. C’est parce que le monde n’est pas celui que nous attendons que nous y ajoutons une création de notre main. En cela, créer c’est résister au monde tel qu’il est, en le modifiant par l’apport de l’œuvre d’art. Il est bien entendu, ici, qu’on désigne une « résistance » qui est d’abord intime avant d’être sociale. L’œuvre d’art, ici, signe ma capacité à ne pas me laisser submerger par la réalité et, de concert, elle témoigne de la prise que je puis avoir sur cette dernière, dont, dans cette réalité générale, ma propre réalité.

Solitude donc plénitude. La création solitaire, c’est-à-dire voyant l’artiste développer en lui-même son projet artistique, est un facteur garant de plénitude, prodigue d’un état de bienfait ou de bonheur que les créateurs connaissent bien. Créer est difficile, épuisant souvent. La dynamique créative et la pulsion à la plénitude, cependant, motivent l’existence, satisfont le désir, épanouissent le vouloir-vivre, transportent le corps à la manière de la passion amoureuse, avec le même élan positif. Cette dynamique créative est un projet, elle tend à une concrétisation de l’œuvre d’art qui est pour le créateur un témoignage de son potentiel accomplissement vital. Résister, en fait, se vit d’abord en solitude. En se donnant à soi-même, à ses inflexions propres et à ses tensions intimes dans un élan de désir.

Avant de résister à quoi que ce soit, en fait, le créateur artistique doit se donner sans résistance à son projet. Si désir de résistance il a, ce désir ne saurait s’exaucer et se satisfaire sans le préalable du don de soi à soi. De la micropolitique vers la macropolitique, en somme, et pas le contraire.

Présentation de Paul Ardenne, Barbara Polla & Nicolas Etchenagucia
Réservation auprès de barbara.s.polla(a)gmail.com.
Remerciements à Prometeo Gallery.

Un charme un peu Frenchie

mai 7, 2018

Le premier recueil de poèmes que Barbara Polla publie est en anglais, pas seulement mais surtout. Sur les trente-huit poèmes de ce livre, elle n’en a en effet écrit que quatre en français. Tous ont en commun d’être sortis spontanément de son esprit…

Si elle a choisi d’écrire dans une langue étrangère, c’est que ce qu’elle appelle l’immigration linguistique lui importe et qu’elle sait bien avec Julia Kristeva que sa mélodie anglaise trahit son origine en ne s’ajustant pas tout à fait à l’identité britannique.

De là un charme indéniable, au fond quelque peu frenchie

Écrire dans une langue étrangère est aussi pour elle une expérience. En l’occurrence, elle ne peut être que fructueuse parce que la langue anglaise, qui est rythme, se prête bien à la poésie et à l’imaginaire avec son vocabulaire latin et saxon.

Dans cette langue étrangère, les mots lui semblent plus légers pour dire les choses qu’en français et elle se sent plus allègre pour y jouer avec les termes érotiques qu’elle ne le serait en français, peut-être grâce à sa mise à distance d’observatrice.

Aurait-elle écrit les vers qui suivent en français ?

I was lying on him
Him naked so was I
And his sperm in a cloud
Was dropping upon us
Like the tears in the rain

Cette inspiration est cohérente avec celle de ses autres livres, desquels émane une forte libido pour la vie. Ses mots-clés, dans la langue de Shakespeare, sont peace and sex, ce qui a une toute autre saveur que l’insipide slogan des hippies dans les sixties

Barbara Polla ne peut faire oublier qu’elle est médecin, pas seulement du corps mais de l’âme:

Without you I would have died
Shadowless surgical light
Red like blood pink like flesh
Graft a leg graft a soul
Under the skin human soul

Si Barbara Polla aime et défend les femmes, elle ne hait point les hommes:

I adore when his power
Melts inside me
I’m a female I’m a man
Molecular networks open the sky
And souls get lost in ivory honey

Le recueil est illustré de dessins de Julien Serve. Ce sont des mains, dans toutes les positions. Il dit de ses séries de mains qui sont sa marque d’artiste:

The hand is the condition of civilization on one side. It’s also the first part of the body that touches the other. The hand is the node in which intersect society and intimacy. It thinks, builds and also connects, feels, breathes.

Par ce choix approprié d’illustrations, Barbara Polla rappelle qu’elle est également galeriste…

Francis Richard

 

Ivory Honey, Barbara Polla, 80 pages, New River Press

En savoir plus sur le blog de Francis Richard

IVORY HONEY au Salon du Livre, et dans l’Art hélvétique contemporain

avril 26, 2018

IVORY HONEY sera présenté au Salon du Livre de Genève cette semaine (Place suisse, jeudi 26 à 17h) dans le cadre d’une discussion animée par l’écrivain Max Lobe sur Art et Littérature. La poésie ne conjugue-t-elle pas au mieux ces deux aspects qui me sont si chers ? IVORY HONEY mêle de plus Art et Littérature avec les dessins de Julien Serve qui publie bientôt un autre livre avec Frank Smith.

Pour commander IVORY HONEY : New River Press


Barbara Polla frappe fort pour son premier livre de poèmes écrit en anglais. L’éros  – comme le titre l’indique  – est chauffé à blanc mais conserve son «taste of honey » chanté jadis par les Beatles. La Genevoise demeure en effet miel et abeille. Pour l’homme elle reste « a dream machine / flying in the sky ». Elle semble se soumettre à cette condition de maîtresse et servante mais n’est en rien soubrette. Cœur romantique certes, elle sait bien des choses sur la mécanique des sentiments comme de l’érection. A celles et ceux qui l’auraient oublié l’auteure et galeriste reste éminent médecin. D’où peut-être sa liberté d’écriture pour parler du plaisir féminin. D’autant que le transfert d’une langue maternelle à une langue foraine lui permet d’être encore plus « crue », directe et crédible.

Barbara Polla ne se contente pas pour ses poèmes d’un minimum vital du plaisir. Elle le pousse avec humour et de multiples références au sein de l’Histoire du monde et la marche du temps. Si bien que plus que le corps de la femme c’est le corpus féminin qui sous la grande nacre du ventre n’a plus rien de famélique. Il se revendique pour ce qu’il est et qu’importe si son lustre rend jusqu’aux vieux boucs novices. A sa manière l’auteure secoue les hommes et devient cowgirl des taureaux afin qu’ils ne l’ennuient pas le dimanche mais lui donnent du plaisir.

Polla 3.jpgUne fois de plus l’auteure étonne et dépote. Elle prouve qu’il existe toujours de belles surprises dans une belle personne. C’est à la fois féroce et poétique. Parfois des abats sont marqués d’étoiles de mer qui finissent en queues de poisson. Les étalons ne sont pas forcément d’or. Qu’importe pensent certain(e)s si la fusion dans le réel n’est pas au rendez-vous. Mais la poétesse fait tout pour. Et Julien Serve indique par ses dessins une certaine marche à suivre… Rappelons pour finir que juste après la belle préface de Frank Smith, l’amazone offre à tous les Moïse ses tables de la loi. Pour sûr, ils ne resteront pas de marbre. Ainsi, celle à qui jadis on voulut retirer la langue, la tire à son tour. Par ses injonctions, son ironie, sa sensualité elle brouille les cartes qui donnent de l’atout au seul mâle. Elle en demeure la reine cœur mais aussi le Joker.

Jean-Paul Gavard-Perret

Journée mondiale du livre

avril 23, 2018

J’aime les livres. Comme Ali Kazma qui me disait, dans une conversation publiée en introduction à son livre intitulé Livre, KITAP : « J’aime les livres parce qu’ils sentent bon, parce qu’ils sont à la fois assez grands et assez petits pour tenir dans mes mains et dans les tiennes. Ils sont comme un organe de mon corps. Ils sont des corps à eux mêmes. Je les aime parce que je peux les lire n’importe où, jour et nuit, dans un café, à la plage où à la montagne. Ils sont mes plus fidèles compagnons de voyage et mes plus précieux partenaires pendant mes périodes d’intense créativité. Ils me confrontent toujours à une échelle temporelle donnée : combien j’ai lu ; combien il me reste à lire. Lorsque nous, lecteurs, arrivons aux ultimes pages d’un livre que nous avons aimé, nous savourons aux mieux le temps qui reste jusqu’à la Fin. Mais en réalité, les livres sont inépuisables, et la lecture jamais ne trouve de fin. » et comme lui je dirais : « Les livres font partie de ma vie. Je ne saurais imaginer la vie sans eux. » Ali Kazma qui m’invita présenter IVORY HONEY à Istanbul la semaine dernière…

Quand je lis Ali Kazma, Le temps qui reste jusqu’à la fin, je ne puis m’empêcher de penser au photographe iranien Sadegh Souri qui photographie de jeunes iraniennes en prison, dont certaines en attente d’être exécutées.

Je lui ai dédié l’un de mes poèmes, paru dans IVORY HONEY.

TEEN

(To Sadegh Souri)

I am thirteen
I am a teen
Time gives me body
And breast and blood
Desire for love
Desire for life
From inside me
Like a sun in my chest

I am thirteen
Have smuggled drugs
Have taken drugs
And killed my father
I should be hang
At age eighteen
Waiting for that !

Five years to go
With death on row
They don’t hang you
When you’re thirteen
Five years to live
To eat to shit
To dream to screen
Five years to grow

You will all die
But you don t know
I am thirteen
Inside a jail
With walls and ropes
To close the time
How do you live
How should I live

This single life
I have received
With love for life
Inside of me

IVORY HONEY sera présenté au Salon du Livre de Genève cette semaine (Place suisse, jeudi 26 à 17h) dans le cadre d’une discussion animée par l’écrivain Max Lobe sur Art et Littérature. La poésie ne conjugue-t-elle pas au mieux ces deux aspects qui me sont si chers ? IVORY HONEY mêle de plus Art et Littérature avec les dessins de Julien Serve qui publie bientôt un autre livre avec Frank Smith.

Pour commander IVORY HONEY : New River Press

Le livre sera aussi en vente au Salon du Livre pendant la dédicace qui suivre la présentation, jeudi 26 à 28h.

Pour voir l’interview d’Ali Kazma par Barbara à propos de son exposition sur le livre, chez Magda Danysz : cliquer ici

 

Ecrire dans une langue étrangère

mars 30, 2018

Sous l’avenir qui gronde

Furtifs nous attendons

René Char

Ecrire dans une langue étrangère, c’est le titre d’un livre d’Etel Adnan, artiste et poétesse née en 1925 à Beyrouth d’une mère grecque de Smyrne et d’un père originaire de Damas, dans une Syrie qui faisait alors partie de l’empire ottoman. Etel Adnan a grandi, ainsi, entre le grec, le turc (que ses parents parlaient entre eux), l’arabe (la langue maternelle de son père qu’il a tenté en vain de lui enseigner) et le français (elle a été éduquée dans l’école d’un couvent français au Liban). C’est ce que fait au quotidien Ornela Vorpsi, mon amie artiste et écrivaine née en Albanie, qui a fait ses écoles d’art en Italie, qui vit à Paris désormais et a écrit ses romans en italien d’abord, aujourd’hui en français (Tu convoiteras est le titre de son dernier roman, publié chez Gallimard. Tu convoiteras la langue de l’autre ?). Ma propre langue maternelle (celle que je parlais avec ma mère et dans laquelle je n’ai jamais écrit) est le suisse-allemand. Ma langue le français. Mes poèmes en anglais. IVORY HONEY. J’aurai le plaisir de vous les présenter au SILENCIO le 16 mai. Save the date…

J’aime l’immigration linguistique. L’immigration linguistique, comme toutes les formes d’immigration, est une formidable richesse. Elle est un espace intermédiaire, un espace de mélange, et non de confrontation. Elle est acceptation de l’approximation, de l’hésitation, du cri. C’est une trans-écriture — une transe-écriture. Une écriture d’innovation, modeste et téméraire. Martha Kleinhans, dans la revue Transnational ‘900, à propos de l’écriture d’Ornela Vorpsi, parle d’écriture transculturelle. À la veille d’un départ pour Athènes, à la rencontre toujours renouvelée de ce berceau trans-culturel menacé, frugal et rayonnant, inquiet et poétique, démocratique et engagé, résistant et créatif, je me prépare à regarder dans une langue étrangère, écouter, parler, comprendre dans une langue étrangère.

…Moving to another planet
Bab al Mendeb Catania
Where was she from again?

May be from Kordofan
Maybe from Kaduqli
During crossing she could see
Deep through the sea her brothers piling up
Giving life to new species
And translating DNA into further human hopes
She crossed curtains of tears

Dry tears from the desert
Bab al Mendeb Catania
Where was she from again? …

(Extrait de Gate of Tears, in : IVORY HONEY ; Silencio, le 16 mai)

Barbara, féministe amoureuse — et différentialiste

mars 27, 2018

«Je suis féministe parce que j’aime les femmes. Mais j’aime les hommes aussi. Or les relations hommes femmes sont plombées, depuis l’affaire Weinstein.» Barbara Polla, médecin, galeriste, ex-conseillère nationale libérale et essayiste est l’une des deux Romandes à avoir signé la Tribune des cent, auprès de Catherine Deneuve et Peggy Sastre. «Beaucoup d’hommes m’ont confié se sentir paralysés. Certains débats suscités par la Tribune des cent étaient absurdes: on nous a par exemple accusées de soutenir le viol… C’est absurde. Tout comme l’argument disant que Catherine Deneuve n’a rien à dire parce qu’elle n’a jamais pris le métro.»

Sortir du stéréotype prédateur-proie

Le remède Polla pour «revivifier» les rapports hommes-femmes et sortir de l’agressivité? «Si les femmes exprimaient leur désir, cela permettrait aux hommes de se sentir désirés», ce qui casserait selon la Genevoise les stéréotypes de prédateur-proie. Elle cite une phrase de l’auteure Belinda Cannone, qu’elle a faite sienne: «Le jour où les femmes se sentiront autorisées à affirmer leur désir, elles ne seront plus des proies.» Mais que veut dire «affirmer son désir» pour Barbara Polla? «Ce n’est pas toucher le sexe des hommes qui passent, évidemment. Mais se vivre comme un sujet désirant plutôt qu’un objet désiré défait le stéréotype de l’homme prédateur et de la femme victime. Quand on se sent désiré, c’est beaucoup plus difficile d’exprimer son propre désir de manière violente.» Elle regrette que les compensations post-#balancetonporc accentuent souvent la «position de victime». Elle est plus intéressée par une idée de conseils réunissant victimes et hommes accusés d’agressions sexuelles qui se régleraient au cas par cas, dans l’esprit de la Commission de la vérité et de la réconciliation en Afrique du Sud, à la fin de l’apartheid. «Si le féminisme devient plus dur, plus revanchard, l’agressivité générale augmentera. Les hommes vont se tenir cois pour se protéger, mais qu’est-ce qu’il va advenir de la pornographie violente, par exemple? Les effets négatifs d’un féminisme culpabilisant tous les hommes ne doivent pas être sous-estimés.»

«On ne peut pas nier l’importance du corps»

Comment se positionne-t-elle par rapport aux thèses de Judith Butler, qui met la différence homme-femme sur la construction sociale du genre? «Je comprends cette position, mais je suis médecin, et on ne peut pas nier l’importance du corps. La femme porte l’enfant dans son ventre. Ça ne peut pas être d’abord une construction sociale.» En revanche, elle ne nie pas les stéréotypes liés au genre, et voit dans «la mouvance arc-en-ciel des LGBT» un espoir pour la «paix des sexes», en ce qu’elle «casse» la différence sociale entre femmes et hommes: «On peut être autre chose qu’homme ou femme cisgenre. Toutes les possibilités de vivre autrement son rapport au sexe sont libératrices. Et encore une fois: la clé, c’est le désir, soit la manifestation de la vie même.»

«Les femmes sont le terroir de l’espèce, corps d’accueil, mémoire et généalogie de la ressource humaine, du capital pensant, qu’elles renouvellent et restaurent, grossesse après grossesse, génération après génération, sens, à la fois direction et signification, de l’Histoire dans le futur.»

Antoinette Fouque

Pour en savoir plus, rendez vous sur le site de la Tribune de Genève

C’est le printemps et je vous aime depuis longtemps

mars 22, 2018

Le 21 mars à Paris, dans le parc de la mairie du 3ème arrondissement, j’aime Paris, j’aime la vie, les canards, les fleurs, le renouveau, tous les fantômes d’autrefois qui rôdent dans le Marais, Ornela habite tout près, Laurie aussi, et Frank, et Nicolas et Sophie, et Jenny et la MEP n’est pas loin et la maison de la Suède et la Galerie Danysz et Topographie de l’Art et Florence Loewy et la librairie de la rue de Bretagne et les Vitelloni et Alain et vous, je vous aime depuis longtemps et encore, encore le printemps et encore la vie…